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MUSIQUES ACTUELLES Thérapie Taxi : « Avec Hit Sale et Roméo Elvis on a pété le game »

Thérapie Taxi sera sur la scène de Paloma, ce soir à 20 h. Le concert affiche complet.

Surgi sur la scène pop francophone avec quelques singles dérangés et dérangeants et un 1er EP sorti en 2016, Therapie Taxi bouscule la chanson française acoustique en lorgnant du côté de l'électro et de rythmes punk rock. Avec ce 1er album intitulé « Hit Sale », Adélaïde Chabannes de Balzac, Raphaël Faget-Zaoui et Renaud Bizart Vincent enfoncent le clou sans complexe et envoient 14 titres qui donnent envie d’aimer, de rêver ou de danser. Avant son concert à Paloma, ce soir, Raphaël Faget-Zaoui, nous explique les clés de leur succès. 

Objectif Gard : Pour commencer, comment est né le groupe Thérapie Taxi ? 

Raphaël Faget-Zaoui : Avec Adélaïde on s'est rencontré sur un site d'annonce de musiciens. Elle avait posté une annonce en ayant écrit qu'elle pouvait jouer du violoncelle et de la guitare. J'ai finalement répondu à son annonce et elle est venue chez moi. Lorsque je l'ai entendu chanter, ça m'a tout de suite plu. Elle avait une voix très singulière, touchante et avec une intensité particulière. On a fait un premier texte. J'avais le matériel pour enregistrer sa voix, et je pense que ça lui a plu de s'entendre. C'était il y a au moins 5 ou 6 ans et c'est comme ça qu'on a commencé à travailler ensemble.

Qu'elles ont été vos influences pour votre premier album Hit Sale ? On peut parfois penser au groupe La Femme en vous écoutant... 

C'est rare que les gens connaissent La Femme, mais vous avez complètement raison, c'est la plus grosse influence que l'on a eue au début. Je suis très reconnaissant envers ce groupe car je considère qu'il a su ramener les chansons françaises à la mode. À une époque, il y a eu la hype sur La Femme. Faire de la musique cool en français c'est naturel aujourd'hui, mais avant ça ne l'était pas. J'écrivais en anglais avant et ce groupe m'a permis un retour au français et de découvrir un autre aspect de l'écriture.

C'est parce que le français est revenu à la mode, que vous avez décidé d'abandonner l'anglais ? 

Pas vraiment. En fait, avec Adé', on faisait les deux. Je trouvais que les musiques sonnaient mieux en anglais, mais je préférais écrire en français. À un moment donné, on a fait une chanson tout en français qui s'appelait Dragmatique et finalement cette chanson a très bien marché. À notre échelle bien sûr. On avait fait 6 000 vues, on était comme des fous. Du coup, j'ai dit à Adé qu'on devrait se concentrer sur le français. Petit à petit, on a arrêté de faire des chansons en anglais et cela m'a soulagé car je n'étais pas très bon en anglais (rire). J'ai découvert une nouvelle manière d'écrire un article dans mon écriture.

La première musique ayant été remarquée est Salope. D'où vous est venue l'inspiration pour celle-ci ? 

À cette époque, j'ai vécu une rupture et j'ai eu envie de faire une chanson en oubliant complètement la censure. Puis à ce moment-là, j'écrivais pour moi. On n'avait pas de public, je ne m'adressais à personne. Les paroles sont un peu hardcore, mais je pense que c'est ma plus belle réussite, artistiquement parlant. Puis finalement, les paroles touchent vraiment les gens, ils se disent : " Putain, c'est exactement ce que je ressens ". C'est pour cela qu'elle a aussi bien marché. Puis les paroles sont assez crues. Ce sont plus des rappeurs qui utilisent ces mots généralement, et là, on a la voix d'Adé. Mettre ces mots-là dans la bouche d'une femme ça provoque des réactions, parce que dans la bouche d'un homme c'est devenu banal.

La plupart de vos musiques ont finalement des paroles très décalées, voire même sexuelles. Est-ce pour provoquer ou pour faire passer un message ? 

On ne va pas le nier, il y a une volonté d’interpeller, mais on peut tout de même y mettre du fond. Je sais ce que je mets dans mes chansons et elles sont importantes pour moi. On a voulu aborder des thèmes sexuels car, finalement, le sexe c'est quelque chose d'assez beau en soi. J'estime qu'on fait partie d'une génération où l'on peut parler de sexe. Il n'y a rien d'insultant. Seulement des paroles un peu crues. Après, libre à chacun de les interpréter comme il veut. Heureusement et malheureusement on n'y peut pas grand chose. On livre un truc avec une idée précise et après chacun lui donne du sens par rapport à ses propres histoires et son vécu.

Cette démarche artistique est-elle la clé de votre succès ? 

La provocation est l'une des clés de notre succès. Mais derrière, il y a aussi la manière que l'on a eu de produire le disque, de manière très pop. La première des clés c'est la composition de l'album. Les lignes de voix qui se retiennent... Mais bien sûr, notre manière d'exprimer les choses, nos textes très imagés, c'est sûrement la deuxième clé de notre succès.

Vous êtes en pleine préparation de votre deuxième album. Est-ce vous comptez rester dans ce registre-là ? 

On sera beaucoup moins dans la provocation. C'est comme tout, on finit par grandir... Au début, on est dans la provocation puis cela mène à la réflexion. Mais traduire cela dans des termes musicaux c'est compliqué. Sur le premier album j'avais déjà essayé, mais c'est un exercice assez périlleux. Je le touche un peu plus du doigt maintenant. Le risque c'est qu'il y a pas mal d'artistes qui suivent ce cheminement. Ils font un premier album tout feu tout flamme et le second plus posé et plus construit, puis il marche pas et tout le monde s'en fout en fait. C'est un danger. On va avoir envie d'essayer un nouveau registre, mais il ne faut pas trop se laisser aller, car sinon on va faire un album génial que personne ne va écouter (rire).

La chanson la plus populaire de l'album, couronnée d'un disque de diamant, est Hit Sale avec Roméo Elvis. Vous avez décidé de travailler avec lui pour sa notoriété naissante à ce moment-là ou était-ce juste un intérêt artistique ? 

En fait, quand j'ai commencé à écrire Hit Sale, Adélaïde m'a fait écouter Drôle de question. J'ai tout de suite adoré sa grosse voix. Je voulais qu'il fasse partie de Hit Sale. J'ai commencé à écrire, en m'imprégnant de son ADN et de son côté un peu taquin. J'avais déjà en tête qu'il allait chanter avec nous. C'était d'abord artistique étant donné que lorsqu'on lui a fait la demande de faire partie de l'album, il n'était pas très connu. Bien sûr, il était plus connu que nous mais on ne pensait pas faire un coup énorme. Puis finalement, avant la sortie de l'album, il a fini par devenir très, très gros et on s'est dit : " Wow, c'est un truc qui peut vraiment lancer notre album ! ". On a énormément misé dessus, pour pouvoir "péter le game" comme on dit ! Et ça a marché !

Propos recueillis par Kelly Peyron

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