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LE 7H50 de Ian Brossat : « Nous souffrons tous les jours des politiques libérales »

La tête de liste communiste aux Européennes du 26 mai (Photo : droits réservés)

« L’enjeu des Européennes va au-delà de l’avenir des Communistes ! » À 38 ans, Ian Brossat, est tête de liste du Parti communiste pour le scrutin du 26 mai. Il est en meeting, ce soir à 18h30, au centre André Malraux à Nîmes.

Objectif Gard : Vous êtes en campagne, ce vendredi, à Nîmes. Que représente le Gard pour vous ?

Ian Brossat : J'y suis venu à plusieurs reprises pendant les fêtes départementales organisées par la fédération. C’est un territoire d’implantation très important avec des élus communistes en grand nombre. D'ailleurs, Marie-Pierre Vieu, eurodéputée sortante (*), a été élu dans la circonscription sud-ouest dont le Gard fait partie. 

Quel est l’objectif de ce meeting ?

Tout simplement de mettre en débat nos propositions. Les problèmes de la France sont liés aux orientations européennes, avec la concurrence des travailleurs, montés les uns contre les autres, ce qui tire tout le monde vers le bas. Le mouvement des gilets jaunes est lié à ces difficultés. Si on veut que ça change en France, il faut changer l’Europe.

En mai prochain, le principal défi des Européennes sera de convaincre les électeurs d'aller voter. Comment vous y prendrez-vous ?

En expliquant que les maux dont nous souffrons en France résultent des politiques libérales. Tenez ! cette règle des 3%, celle qui dit que les États n’ont pas le droit de dépasser 3% des déficits publics. C’est au nom de cette règle que nous fermons aujourd’hui des services publics, des hôpitaux, des maternités. Nous souffrons tous les jours des politiques européennes. 

N’est-ce pas un peu facile de rejeter la faute sur l’Europe ? Les États sont aussi tenus à bien gérer leurs finances…

D’accord, mais pourquoi 3 % ? Personne n’est aujourd’hui capable de justifier cet article du traité de Maastricht de 1992 que les communistes ont refusé de voter ! Oui, évidement que les États doivent bien gérer leurs finances. Mais dans ce cas-là, il y a un certain nombre de dépenses qu’il faut regarder de près, comme le CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi). De l'argent donné aux entreprises - notamment aux grosses sociétés - sans condition ! Et maintenant, qu’est-ce que l’on apprend ? Que des entreprises comme Ford, qui depuis 2009 a perçu 50 millions d’euros, s’apprête à jeter plus de 800 salaires dehors !

Citez-nous deux propositions des communistes pour les Européennes.

Depuis la crise de 2008, la Banque centrale, le coffre-fort de l’Europe, a versé 3 000 milliards d’euros aux banques privées sans condition. C’est scandaleux ! Alors les communistes proposent qu’une partie des fonds de la Banque centrale alimente les services publics. Deuxièmement, nous souhaitons mettre en place un SMIC européen. Aujourd’hui, ce salaire minimum varie entre 300 € dans certains pays de l’Est à 1 800 € au Luxembourg. Cette disparité a provoqué une série de drames en France, avec le chantage permanent à la délocalisation…

Plus politique... Crédités de 2% d'intention de vote dans les sondages, les Communistes jouent leur survie aux Européennes. L’union avec les autres partis de Gauche n’est-elle vraiment plus possible ?

Elle est compliquée et je le regrette. Le PCF a tendu la main à Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon, mais nous n’y sommes pas arrivés. Aux électeurs de choisir à présent… L’enjeu des Européennes va au-delà de l’avenir des communistes. Le véritable enjeu est de savoir comment on fait pour que l’Europe soit autre chose que cette machine à régression sociale.

Les communistes ont rejeté tous les traités européens. Nous avions bien raison lorsque l’on voit le résultat ! Et puis, nous sommes la seule liste représentative de la société avec 50% d’ouvriers et d’employés qui sont candidats. En deuxième position, nous avons Marie-Hélène Bourlard, ouvrière du textile et protagoniste du film de François Ruffin, Merci patron !. Si elle est élue, elle sera la première femme ouvrière à rentrer au Parlement européen.

Enfin, un mot pour le Nîmois Denis Lanoy, à la 43e place de votre liste ?

Oui, je suis très heureux qu’il soit sur notre liste. C’est le responsable de la section nîmoise du Parti communiste. Il est aussi très engagé dans la défense du monde de la culture et sa voix est importante.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

* Le PCF a trois députés européens sortants. 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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