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FAIT DU JOUR Pierre Martin : « Depuis mes 15 ans, on voit ma gueule à la mairie d’Alès  »

Pierre Martin, le président de la Mission locale jeunes (Photo : Tony Duret / Objectif Gard)

Entré tôt en politique, le trentenaire a été mis en orbite par le maire, Max Roustan. « Fidèle à 200% » au premier édile Les Républicains d’Alès, Pierre Martin entretient avec lui une relation quasi filiale. Ce qui peut parfois déranger…

Objectif Gard : Comment êtes-vous entré en politique ?

Pierre Martin : C’est arrivé jeune, très jeune… À 9 ans, je suis entrée au Conseil municipal des jeunes. C’est là que j’ai rencontré Max Roustan, alors adjoint (il est maire d’Alès depuis 1995, NDLR). Il a toujours fait partie des rares politiques à avoir le contact facile. Ça créé une proximité, une sympathie. Si bien qu'en 1995, je me suis engagé à ses côtés pour les Municipales. J’avais 15 ans.

À 15 ans, n'a-t-on pas d’autres préoccupations, comme les filles, la fête ? 

(Amusé) J’essayais de tout concilier ! Ce n'était pas évident mais je ressentais le besoin de m’engager pour le territoire. Au lycée, je me suis présenté à la présidence du Conseil de la vie lycéenne. La première fois, je suis parti la fleur au fusil et j’ai récolté 3%. La honte... La fois suivante, je me suis mieux préparé. J’étais plus proche des élèves et j’ai gagné. Mon engagement peut paraître surréaliste, mais c’est vrai. Pour l’anecdote, j’ai falsifié ma date de naissance pour adhérer au parti Démocratie Libérale !

C’est un peu triste d’adhérer à un parti libéral quand on a 15 ans, non ?

Ah bon ? Pourquoi ?

Les adolescents sont généralement plus guidés par des idées d’égalité, de paix. Le libéralisme, la libre entreprise économique, ça vient après... 

On m’a souvent répété dans ma jeunesse : "Aide-toi, le ciel t’aidera." Mais ça ne veut pas dire que le social n’a pas de sens pour moi. Mon grand-père était un mineur communiste. Je pense toutefois que l'on ne peut réellement apprécier ce que l’on a que quand on a fait l’effort pour l’obtenir.

Après la victoire de Max Roustan en 1995, vous êtes entré au Conseil municipal ?

Oui. J’ai été le dernier de la liste à être élu. J’ai eu une délégation aux festivités. Avec la Ville, on a commencé à faire des soirées sur la place de la mairie en ville, ouverte et gratuites pour les jeunes. Le fait d'être représentant des lycéens faisait de moi un relais d'opinion. J'avais une certaine capacité à mobiliser les jeunes. 

Ce sont donc vos premiers pas en politique ?

Oui. Après tout s’est enchaîné très vite avec la création de l’UMP (Union pour la majorité présidentielle) en 2002. À Nîmes, Julien Plantier a été nommé responsable des jeunes. Au départ ça devait être moi mais les instances préféraient un Nîmois. Il y a eu quelques frictions. On s'est finalement entendu et je suis devenu responsable-adjoint. En 2007, nous avons œuvré pour la victoire de Nicolas Sarkozy à la Présidentielle. Ensuite, en 2008, nouvelle victoire de Max Roustan aux Municipales, dès le premier tour. Cette fois, ma délégation s'est élargie aux Jeunes ainsi qu'aux Parcs et jardins. 

Parcs et jardins ? Sacrée promotion ! 

Ça paraît pas comme ça, mais c’est un gros service. Ça m’a permis de toucher du doigt d’autres problématiques. L’étiquette du jeune qui s’occupe des jeunes, c’est un peu gonflant !

Aujourd’hui vous êtes toujours conseiller municipal et vice-président d'Alès Agglomération. Qu'avez-vous apporté aux Alésiens ?

À la jeunesse, la dernière grosse réalisation, c’est la venue de Keen'V dans les arènes en 2013. On a fait 3 000 personnes. Aux Parcs et jardins, Alès a décroché sa quatrième fleur. En 2014, je suis devenu conseiller municipal à la formation professionnelle et vice-président de l’Agglo, avec la présidence de la Mission locale. On a mis en place le dispositif de l’État : la garantie jeune. On a aussi mis en place une auto-école sociale qui permet, sous condition de ressources et avec un projet professionnel, de passer le permis pour 300 €.

Vous n’avez jamais été adjoint…. Vous n'êtes pas assez bon ?

(Il sourit) D’abord il y a une règle : un adjoint ne peut pas être vice-président de l'agglomération. Vous savez, être vice-président, c'est une chance. Aujourd’hui, les décisions les plus importantes se prennent à l’Agglo. 

C'est un peu la langue de bois... Un poste d’adjoint permet d’accroître son implantation locale pour nourrir ses ambitions, comme pour les Municipales de 2020...

Max Roustan est maire et repartira en 2020. Je le soutiens à 200 % ! On travaille en bonne intelligence et on va travailler encore longtemps ensemble comme ça. En tout cas, c’est ce que je souhaite. Et puis question implantation, je traîne dans la mairie depuis que j'ai 15 ans. Ça fait plus de 20 ans qu'on voit ma gueule ! 

De fait, vous avez commencé votre carrière politique jeune. Est-ce la politique qui vous fait vivre ?

Non, depuis 2004 j’ai une agence immobilière et je travaille avec mon père. Mes études en comptabilité m’ont permises de me diriger dans ce domaine. J’aime les challenges ! 

Être maire d'Alès un jour, c'est un challenge pour vous ? 

Je n'en suis pas là. Je ne me pose pas ces questions. Aujourd’hui je m’investis pour ma ville. Je suis dans une équipe. Jouer un rôle oui, mais on verra après.

Quels sont vos rapports avec Max Roustan ?

(Il marque une pause) Je n’ai pas envie de froisser mon père, mais on peut dire que j’ai avec lui, une relation filiale. On est passé par des phases qui ont créé une vraie proximité et de vrais échanges entre nous. D'ailleurs pour être honnête, quand je me suis engagé à Démocratie libérale, c'était surtout pour être derrière lui. 

Un autre entretient une relation similaire avec Max Roustan : son directeur de cabinet, Christophe Rivenq. Entre lui et vous, c’est un peu l’histoire de Romulus et Rémus ?

On a de bonnes relations avec Christophe. Des relations régulières de travail, de complicité dans la vision des choses pour le territoire. Après, oui, on est pas toujours d’accord…

Sur quoi par exemple ?

Je n'ai pas d’exemple précis. En tout cas, ce qui est clair, c’est qu'on se dit les choses. Quitte à ce que ce soit direct.

Donc, ce n’est pas Christophe Rivenq qui vous a mis des bâtons dans les roues concernant l’affaire de la Mission locale(*) ?

Moi, je n’ai aucun élément là-dessus. Aujourd’hui, cette affaire est derrière moi. Ce qui est marrant, c’est que cette histoire est sortie au lendemain du premier tour des élections Législatives(**). Ah les coïncidences... 

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

*En juillet 2017, des salariés ont envoyé un courrier à la direction pour dénoncer les conditions de travail et demander la démission du président Pierre Martin.

**Alors qu'il était candidat à l'investiture Les Républicains pour les Législatives, c'est finalement l'adjointe Valérie Meunier qui avait été investie pour défendre les couleurs de la Droite sur la 4e circonscription du Gard. 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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