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VENDREDI GOURMAND Le « Petit pâté », l’emblème d’une cité

Exploration gourmande aux portes du week-end avec le pâté nîmois pour une mise en bouche délicieuse et locale. Un petit pâté peut en cacher plein d'autres !

Les petits pâtés nîmois.

En bons Gardois que nous sommes, nous avons tous nos petites habitudes gourmandes, des produits particuliers qui nous tiennent à cœur d'aller chercher là où nous sommes convaincus qu'ils sont les meilleurs. Cette rubrique propose, aux portes du week-end, de partir à la découvertes de ces habitudes, comme autant de sources d'inspirations. Aujourd'hui, le Petit pâté nîmois. Plus qu'un simple met local, l'emblème d'un territoire, le symbole d'une région.

Il peut vous sauver la vie, notamment en feria. Spécialité culinaire locale méconnue, le Petit pâté nîmois est un délice des yeux et des papilles mais son histoire est aussi belle que sa forme. Gourmands que nous sommes, ce genre de friandise nous fait faire des détours pour rassasier nos envies. " J'ai le cahier des recettes du traiteur Durand qui m'a été donné par un historien nîmois et qui évoque la recette du " pâté caisse " qu'il tenait des grands-mères. Nul n'a la vraie recette du Petit pâté car, hormis la pâte brisée, ce que l'on met à l'intérieur a toujours évolué. Au début on y mettait les restes des repas pour ne pas les jeter. Autre chose, le pâté nîmois n'a rien à voir avec celui de Pézenas ! ", précise Christophe Brunetti, le patron du Petit Nîmois, entreprise artisanale spécialisée dans la fabrication de pâtés nîmois depuis 2007.

Il y a 11 ans, 70 % des Nîmois ne savaient pas ce que c'était ! Christophe Brunetti les a fabriqué en famille pendant des années mais a commencé à les vendre sur son triporteur, en feria, et depuis il en a écoulé 4,2 millions pièces. " Je le sais grâce à un contrôle fiscal... J'ai été obligé de les compter un à un ! " rappelle le gaillard.

Des recettes à la viande (veau et porc), à la brandade (sans colorant ni conservateur) mais aussi une plus camarguaise (avec la croix de Camargue, tombée dans le domaine public, en guise de chapeau). Il fallait du goût donc le taureau, produit typé s'y prêtait volontiers. Avec du gras de porc, de la confiture d'oignon de Lézignan et du piment d'Espelette, quel délice ! " Pour les fêtes, je fais aussi le Nîmois gourmand avec foie gras et truffe de chez Michel Tournayre. Les gens aiment les petits pâtés car ils aiment être surpris ", laisse échapper Christophe Brunetti.

Christophe Brunetti et son "petit" qui ne l'est plus... Ici à l'époque du fameux tripoteur.

105 calories pour celui à la viande et 150 pour la brandade. Contrairement à un tacos qui dépasse les 1 000 calories, le petit pâté est presque light ! On mange un petit pâté par gourmandise et on le fait manger pour faire découvrir à ses proches quelque chose qu'ils ne connaissent peut-être pas. Le petit pâté est une sorte d'ambassadeur de la région, on le mange aussi pour sauvegarder nos traditions.

" Mon baromètre, c'est les enfants ! Il n'y a pas plus fin gourmet qu'un gamin et quand je les vois manger des petits pâtés, je me dis que j'ai réussi la recette. Chaque coin de France a son pâté nîmois de prédilection. Sur la côte je vends plus de brandade, à Paris c'est viande et brandade, en Bretagne c'est brandade. À Nîmes, plutôt la viande... Ce produit a un potentiel de fou, c'est une autoroute et ça devrait envahir les supermarchés.Même en Belgique j'en ai vendu par milliers ! " poursuit le traiteur.

Entre les ferias et les Jeudis de Nîmes, la société écoule 50 000 petits pâtés. Sans jamais avoir recours à un représentant car le produit se vend tout seul. Il fut un temps où vous pouviez retrouver les Petits pâtés aussi bien dans la grande distribution que dans les petits commerces. " Il y a sept marques, des brevets déposés, des visuels... J'ai eu l'autorisation d'utiliser les armoiries de la Ville. Bref, le petit pâté, c'est un combat de tous les jours. "

À partager avec les copains...

Alors la grande question... Comment les manger pour en savourer les moindres détails ? Christophe, aime "celui à la viande, le classique, car c'est le plus fin. Je le mange chaud-tiède mais pour cela je préchauffe mon four à 180°C puis je l'éteins quand je mets les pâtés à l'intérieur. Pendant cinq minutes je les laisse se réchauffer. Il ne faut pas les cuire car cela enlève le gras et les assèche. Je peux en manger au petit-déjeuner avec les copains, à l'apéro avec les copains, en mise en bouche avec les copains, à table avec les copains ou encore autour d'une petite salade nîmoise. Par personne, un ou deux suffisent ! "

Avec un nouveau packaging où l'on retrouve les petits pâtés vendus par quatre, où l'on voit les petits pâtés dans leur écrin en carton, ce met local a de l'avenir, y compris dans la cité des Antonin avec la création, tout comme à Paris certainement et prochainement, d'une petite boutique, un point de vente réservé aux gourmands.

Un euro pièce. Tel est le prix de vente. Prix qui n'a pas changé depuis 11 ans... C'est symbolique ! Où les acheter ? Aux halles de Nîmes mais aussi à la Brasserie des Antonins (et donc bientôt en centre-ville dans un autre point de vente et pour les Parisiens à Paris).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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