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AIGUES-MORTES Pierre Mauméjean candidat à un second mandat

Le tenant va remettre son titre en jeu. Bilan et raisons d'une candidature.

Pierre Mauméjean dans son bureau de maire (photo Véronique Camplan)

Hier, en fin de matinée, Pierre Mauméjean, maire de la Cité des Remparts a annoncé sa candidature à un second mandat en 2020. Tout est dans la formulation, second et pas deuxième, cela sous-entend que c'est le dernier. Retour sur les raisons d'une candidature. 

Objectif Gard : Avant de parler d'avenir, que diriez vous de votre bilan ?

Pierre Mauméjean. Il était orienté sur trois axes principaux : la sécurité, la proximité et la propreté. Je conçois qu'a priori ce n'était pas impressionnant mais c'était réaliste. Aujourd'hui les chiffres de la délinquance ont chuté de 40%. Et ce grâce à un renforcement des effectifs de la police municipale qui travaille maintenant en étroite collaboration avec la gendarmerie nationale, un déploiement de 52 caméras de surveillance (plus quatre à venir, NDLR), dont les emplacements ont été choisis par un référent sécurité avec le concours de la police municipale et la participation citoyenne ; une quinzaine de personnes identifiées avec lesquelles la gendarmerie se réunit régulièrement.

La propreté est un long combat et nous avons mis les moyens. C'est une bagarre de tous les jours. Nous avons mis en place une maraude qui ramasse ce qui traîne dans la rue, 7/7 jours, trois heures en hiver et six en été. Pour le reste, nous travaillons avec la communauté de communes qui a hérité de la compétence. On fait de gros effort intra muros et en secteur commercial extra muros.

La proximité c'est compliqué mais ça commence par marcher dans la rue et rencontrer des gens. Je vais au marché toutes les semaines et acheter mon poisson le mercredi. Je reste au contact des gens. Nous avons des référents de quartier et une élue qui centralise les doléances. L'information passe. Un groupe de réflexion de 50 personnes, dont 25 siègent à chaque réunion, fixe à chaque fois  lui-même l'ordre du jour et nous en débattons. Enfin, les citoyens peuvent s'inscrire pour participer à un groupe : stationnement, circulation...

Le stationnement, c'est un énorme grief que l'on fait couramment à la ville… 

Aujourd'hui, les Aigues-Mortais qui en font la demande disposent gratuitement d'un macaron qui leur permet de se garer intra muros et sur un parking extérieur sans bourse délier. Seuls les résidents ont le droit de stationner à l'intérieur des murs. Les visiteurs disposent de places payantes et de stationnements gratuits plus éloignés de la cité. On ne fera pas mieux. Les dotations de l'État sont en baisse, les impôts n'ont pas bougé pendant trois ans, pour augmenter de 1,57% et 1,75% et la dette est stabilisée à 10,6 M€. Les parking, eux, rapportent 600 000 € environ par an. C'est grâce à eux que l'on peut investir. Alors, non, nous ne priverons pas la ville de la seule recette qui lui reste.

"Retenir les jeunes, une priorité !"

Parlons du futur. Quels projets souhaitez-vous mettre en place lors de ce second mandat si vous êtes réélu ?

Avant tout, des projets urbains pour la ville. Un éco-quartier au Mas d'Avon, 300 logements avec des maisons pour les jeunes propriétaires, des logements sociaux - on en manque cruellement -, 40 logements à la résidence du Bosquet avec une maison des associations, une maison en partage et 70 logements derrière la gare. Aigues-Mortes ne dispose pas de beaucoup de foncier et l'écoquartier est suspendu au nouveau PPRI (plan prévention des risques inondation) qui sort à la fin de l'année. C'est un enjeu extrêmement important pour moi parce que c'est la seule façon de retenir nos jeunes. Nous avons fermé quatre classes, la population vieillit et diminue. Il y a urgence.

Pour le reste, la construction d'un 3e pont qui enjambera le canal (au niveau du rond-point du Sel) pour fluidifier la circulation, la protection d'une zone de tradition (rachat de terres par la commune pour en faire des prés, NDLR), la création d'un parking de 150 places à un euro la journée sur un terrain inconstructible en périphérie des remparts et l'accompagnement du projet "Bourg/Centre" de la CCI pour la redynamisation des centres-villes. Primordial aussi le curage des roubines, canalettes, fossés, l'entretien des martelières… Et puis l'accompagnement avec la Communauté de commune du schéma directeur de l'eau. Un énorme chantier pour palier le sous-dimensionnement et la saturation des réseaux d'eaux usées et potable.

Deux mots des voitures de fêtes ?

Il n'y en aura plus à Aigues-Mortes, la décision est prise.

"Je ne me prends pas la tête"

Comment va se constituer voter liste ?

Les deux tiers de mes anciens colistiers repartent avec moi, l'un d'entre eux fait cavalier seul, les autres arrêtent pour raisons personnelles. L'épine dorsale de ma liste reste la même.

En dehors des projets en cours, qu'est-ce qui vous pousse sur un plan humain à vous engager à nouveau ?

Je suis un enfant du village, et bientôt, il n'en restera pas tant que ça. Je suis aussi un peu seul dans ma famille politique (Les Républicains, NDLR). Surtout,  Aigues-Mortes est unique et magnifique, quelle autre ville a le sel, les remparts, la viticulture et la bouvine ? Et puis c'est un mélange d'enthousiasme et de frustration, une sorte d'adrénaline. On porte la responsabilité de sa ville. Je rencontre des gens très intéressants. Notamment sur des projets comme le celui du label Grand site Occitanie qui pourrait nous aider à passer la barre des deux millions de visiteurs. On découvre, on apprend… Tiens ! Un scoop ! À la fin du mois le sous-préfet vient pour une présentation d'un projet de thalassothérapie à l'entrée des salins et celui du Grand Corbière, un domaine viticole qui accueillera une résidence hôtelière très haut de gamme.

Comment vous sentez-vous au moment d'entrer en campagne ? 

Je me sens bien. Je ne me prends pas la tête. Les électeurs décideront et c'est tout. Je suis en forme et je n'ai pas d'autre passion dans ma vie de retraité que mon rôle de maire. Si je ne suis pas réélu, je devrai trouver autre chose…

Propos recueillis par Véronique Palomar Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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