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GRAND AVIGNON Labellisée à nouveau, la French Tech change de stratégie

L'équipe à la tête de la French Tech Grande Provence (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Exit la French Tech Culture et sa cigale, bienvenue à la French Tech Grande Provence et son coq.

L’association basée à Avignon mais qui rayonne également sur le Gard et les Bouches-du-Rhône, qui a pour but de permettre l’éclosion de start-ups, attirer les investisseurs et promouvoir le savoir-faire français, a vu son label national renouvelé il y a quelques jours et son nom évoluer. Si son périmètre ne bouge pas, il reste compris entre les aires urbaines du Gard rhodanien, d’Avignon et d’Arles, ses thématiques évoluent.

Initialement lancée sur les thématiques de la culture et du tourisme, elle travaille désormais également sur la logistique et les « food techs ». « Ces trois verticales sont stratégiques pour notre territoire, explique Paul-Roger Gontard, trésorier et coordinateur général de la structure. Nous avons une antériorité sur le tourisme et la culture, une histoire sur la logistique avec notre situation géographique, et les enjeux autour de la valorisation de la terre sont essentiels pour le territoire. » Même si ces thèmes ne sont pas exclusifs, les start-ups et projets qui seront accélérés et accompagnés feront principalement dans ces secteurs d’activité.

Le tout « dans une volonté nationale de mieux associer les entrepreneurs », présente le président de l’association Paul Hermelin. Alors la structure a intégré deux nouvelles start-ups, Nectar de Code et People In, dans son board de direction, et va vers un élargissement de ses services, « avec de nouvelles formes de ‘living labs’(*) sur les autres verticales, et l’accompagnement de projets plus immatures », note Paul-Roger Gontard. « Nous n’étions qu’un accélérateur, nous allons devenir un incubateur », ajoute Paul Hermelin. Le tout en changeant complètement de modèle économique : jusqu’à présent, l’association se rémunérait en prenant des participations dans les start-ups qu’elle accompagne. Désormais, elle facturera tout simplement ses services. « Le modèle initial de valorisation à moyen-terme a fait long feu, tous les accélérateurs sont confrontés au fait que le ‘cash-out’ ne se fait pas dans les conditions prévues », note Paul-Roger Gontard. En clair : les start-ups ne sont pas rentables assez vite, et si l’association veut récupérer ses billes dans un délais raisonnable, elle compromet leur pérennité.

« Si Nîmes veut jouer son avenir plus avec Montpellier, c’est sa liberté »

Bref, c’est un changement de pied total, dans un contexte où une French Tech Gard vient d’être labellisée, et a choisi de pencher vers Montpellier. « Nîmes a souhaité une démarche autonome, mais des structures gardoises ont choisi de continuer avec nous, affirme Paul-Roger Gontard. Nous sommes dans une démarche de coopération avec les nouveaux labellisés de Nîmes et d’Alès. » « Si Nîmes veut jouer son avenir plus avec Montpellier, c’est sa liberté », ajoute Paul Hermelin pour commenter brièvement ce retour du vieux tropisme montpelliérain côté gardois.

Mine de rien, ce revirement enfonce un coin dans la stratégie menée depuis le début par la French Tech Culture, « la première labellisée hors métropole », rappellera le député Jean-François Césarini, qui compte parmi les fondateurs de ladite structure. Le but était de démontrer, en associant Nîmes, Arles et Avignon autour de ce projet « que l’économie numérique n’était pas que dans les grandes villes, mais aussi dans les villes moyennes et les villages, ce n’est pas une ville qui peut concurrencer une métropole, mais un réseau de villes », poursuit le député. En clair : faire exister numériquement ce « triangle d’or » nîmo-avignonno-arlésien entre Lyon, Marseille et… Montpellier. Et « montrer que le digital n’était pas condamné à n’irriguer que les grandes métropoles », renchérit Paul Hermelin, préoccupé par le fait que les métropoles concentrent une grande partie de la création d’emplois et de richesses, « ce qui ne va qu’amplifier le sentiment d’abandon. » 

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

(*) Il s’agit de tests grandeur nature de solutions numériques, par exemple lors du Festival d’Avignon.

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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