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ALÈS Des chiens affamés et plusieurs cadavres d’animaux retrouvés chez un couple

Les deux mis en cause ont pourtant été relaxés.

Tribunal d'Alès. EL/OG

Le domicile d’André et Simone, qui vivent avec quinze chiens, avait déjà été signalé en 2014. Mais le couple n’a pas tenu compte des recommandations de la Société protectrice des animaux (SPA).

« Les photographies sont affligeantes et choquantes », commence la présidente du tribunal correctionnel d’Alès, ce vendredi matin, pour prévenir le public que l’audience ne sera pas légère. Il faut effectivement avoir le cœur bien accroché pour supporter la lecture du procès verbal de l’horreur.

Le 7 mars 2018, quand les forces de l’ordre arrivent chez André et Simone, un couple de sexagénaires, ils découvrent un véritable charnier. Un chien est retrouvé mort dans un grand sac plastique. Plusieurs squelettes de chiens, mais aussi des ossements de vaches et de lapins, parsèment le sol de la propriété. Deux chiots faméliques, encore vivants, sont incapables de bouger tellement ils sont faibles. Les gamelles sont vides et sales. L’eau des chiens est verte. Des excréments jonchent le sol du chenil sur environ cinq centimètres. L’odeur est répugnante. Et, pour survivre, les chiens se nourrissent des carcasses des autres chiens décédés.

Une scène apocalyptique

Malgré la gravité des faits, André et Simone ne sont pas présents à l’audience : ils se sont fait porter pâles. Le tribunal se contente de leurs déclarations lors de l’enquête. Simone rejette la faute sur André. Et ce dernier concède de la négligence sur le nettoyage, un manque de temps pour enterrer les chiens, mais assure qu’il nourrit ses bêtes tous les jours… « Ils sont indignes de détenir à jamais un animal, ne fusse qu’un poisson rouge », plaide Frédéric Ortega pour la SPA.

Il demande près de 16 000€ pour le préjudice matériel car les quinze chiens du couple ont été recueillis et soignés par l’association. Le procureur, Sébastien Sider, parle d’une « scène apocalyptique » et requiert à l’encontre du couple une peine mixte de 8 mois de prison dont la moitié avec sursis, ainsi qu’une interdiction de posséder tout canidé à titre définitif.

La relaxe

À l’issue du délibéré, Simone et André, poursuivis pour « sévices graves ou acte de cruauté envers un animal », sont relaxés, ce qui provoque la surprise dans la salle d’audience. La juge explique sa décision : « Les actes de sévices graves ne sont pas caractérisés ». La SPA est déboutée de ses demandes. De plus, l’absence des deux accusés à l’audience a joué en leur faveur puisque les faits n’ont pas pu être requalifiés. Mais Simone et André ne sont pas pour autant tirés d’affaire : le procureur assure qu’il donnera une suite. « D’autres poursuites seront entreprises », promet-il.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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