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GARD L’apiculture selon un happy… culteur

Thibault Garcia (Photo Vincent Roux).

Il s'appelle Thibault Garcia. Il a créé la société Tavanel en 2018. Il n'est pas tout à fait comme tout le monde.

Après un bref parcours à l'IUT et des études raccourcies par manque d'intérêt, Thibault travaille quelques temps à Nîmes, à Kilomètre Delta, en tant qu'acheteur-approvisionneur. " Je voulais me lever pour faire un métier que j'aimais... Depuis mon grand-père et mon père, l'apiculture a toujours été importante dans la famille, c'était naturel mais je ne pensais pas que l'on puisse créer une entreprise et devenir professionnel. Je me suis finalement renseigné et j'ai compris que c'était possible ", affirme le jeune apiculteur.

Sa boîte n'est pas une ruche mais c'est une société aussi atypique que son parcours. Le garçon voulait, en la créant et en se lançant ce nouveau défi, apporter quelque chose en plus. " Ça me plaisait de m'approcher du consommateur, de lui expliquer comment et pourquoi on fait du miel et surtout, d'intégrer à sa vie la ruche et les abeilles. Cela se fait énormément au Canada et ça arrive petit à petit en France. Je voulais faire la même chose à Nîmes, chez des particuliers mais aussi dans les entreprises qui le veulent et qui ont les moyens ", poursuit Thibault.

Les abeilles (Photo Vincent Roux).

En liant le consommateur à son travail professionnel d'entretien de la ruche, les contrats que propose Thomas sont sur-mesure mais tous ont un point commun : une récolte de huit à dix kilogrammes de miel est garantie pour le consommateur. Les pots sont conditionnés et peuvent être personnalisés. C'est à Valliguières que Thibault va chercher ses abeilles (Buckfast), résistantes au caractère doux et à la production efficace. " Une reine ne pique pas et se fait féconder par 17 mâles ! Un mâle peut voler 15 km de ruche en ruche. Alors quand j'entends parler de pureté d'une race... La génétique est toujours approximative mais notre travail c'est de choisir les bonnes abeilles dans un milieu adapté et les bons emplacements pour les ruches ", détaille le jeune spécialiste.

Une abeille vit un mois en saison (de février à octobre), une reine vit entre deux et quatre ans. Un essaim ? " Tout dépend de la reine et de sa descendance mais on estime qu'il comporte 3 000 abeilles l'hiver et entre 40 000 et 50 000 en pleine saison, relève Thomas. Un essaim est un organisme vivant à part entière ! Tout y est coordonné, hiérarchisé. Quand on commence à s'y intéresser, on peut tenter le biomimétisme et l'intégrer dans n'importe quelle société. "

Les ruches nécessitent un emplacement optimal (Photo Vincent Roux).

Chez Tavanel, on peut avoir sa ruche et la parrainer. Mais on peut surtout accéder une première fois à l'univers des abeilles grâce aux animations que proposent le jeune apiculteur. " Je trouvais intéressant de généraliser l'idée. Certaines personnes veulent avoir des ruches mais ne savent pas comment s'y prendre, ont peur pour leurs enfants, le voisinage... La peur de l'inconnu et l'appréhension autour des animaux de compagnie ou des allergies sont des choses rationnelles mais vous verrez que tout se passe bien ! "

Des animations gourmandes

Deux fois par semaine, le vendredi soir aux Caves quarante et un et le samedi matin au Mourgues du grès, Thibault s'active et propose des animations. Il accueille les visiteurs dans des endroits où il a implanté des ruches, leur explique le fonctionnement de la chose, passe un bon moment à discuter de sa passion, fait déguster des mets locaux et bien sûr son miel. Aux Caves quarante et un, il a mis quatre ruches juste au-dessus de la porte d'entrée... Peu de clients s'en rendent compte. Au Mourgues du grès, il en a une vingtaine ! En tout, il en possède 76 entre installées entre Gallician, Nîmes, Beaucaire, Saint-Gervasy, Caissargues...

Bien observer la colonie, une chose importante pour un professionnel (Photo Vincent Roux).

" Je passe au moins une fois tous les dix jours pour faire un entretien régulier et pour contrôler mais pendant les animations, je veux montrer comment se passe la vie d'une colonie. Les gens aiment les abeilles mais ils les connaissent mal. Ils ne savent pas bien le rôle qu'elles jouent et ils découvrent souvent l'apiculture. Tout se fait au feeling. Je forme des groupe de cinq personnes pour le côté intimiste et les gens peuvent mettre les mains dans les ruches, caresser les abeilles, les voir de près... "

Mais Thibault voulait aussi associer le côté festif à la pédagogie. Les apiculteurs ne sont pas des gens très rigolos, ils sont discrets, ont du mal à se dévoiler et à démocratiser leur passion. Pourtant, le miel est un produit noble, un excellent allié du quotidien. Un goût et une palette exceptionnelle de saveurs, une nutrition optimale car c'est le sucre le mieux assimilé, un aspect médicinal avec des valeurs cicatrisantes fortes et une certaine dose de savoir-faire pour produire ce nectar ensoleillé. Son miel préféré ? " J'aime le miel de tamaris ! J'en ferai cette année si tout se passe bien. Il varie entre le goût du miel à la lavande et celui à la bruyère blanche. C'est un régal. "

Thibault Garcia entre deux vêtements spéciaux pour inspecter les abeilles (Photo Vincent Roux).

Mais revenons aux animations. " On déguste des vins, des produits locaux même si selon les formules les gens peuvent venir avec leur pique-nique... On essaie d'apporter un petit plus ! On passe une trentaine de minutes avec une ruche puis on déguste trois vins et des planches pour l'apéro. "

Des conditions d'implantation pour les ruches

Concernant les ruches, les particuliers peuvent les mettre chez eux ou les parrainer à d'autres endroits comme au Mourgues du grès par exemple. Pour une ruche, il faut réunir ces conditions : du calme (pas de choc direct), des ressources environnantes (jardins, eau...) et être en légalité avec le voisinage direct. Pour les particulier, comptez 75 euros par mois mais le but n'est pas de vous mettre une épine dans le pied ou un boulet dans le jardin !

"Je veux juste sensibiliser la population à la problématique des abeilles. Avoir une ruche c'est un peu comme faire de la résistance... Mais vous pouvez aussi participer à la pollinisation et avoir une production locale de miel. C'est toujours sympa et vous pouvez même en faire cadeau. Pour les entreprises, je peux organiser des animations au sein de la société et valoriser mon métier. Une ruche développe l'émulation interne, avoir du vivant... Ça a du sens pour eux comme pour moi ", conclut l'apiculteur.

Aux Caves quarante et un, comptez 40 euros pour l'animation et la dégustation avec alcool (20 euros sans alcool). Au Mourgues du grès, les tarifs s'échelonnent de 20 euros à 60 euros en passant par 30 euros. Pour les prix les plus bas le visiteur peut amener avec lui son pique-nique. Pour les autres, il se laissera guider les papilles par des mets et des vins locaux. À la fin de chaque animation, les participants pourront partir avec un pot de miel de 250 grammes, certifié d'origine France, évidemment !

Contacter Thibault pour acheter du miel en direct même si le jeune professionnel prévoit d'avoir prochainement à Nîmes un point de vente, du côté des halles certainement. Un jeu concours en partenariat avec Objectif Gard sera disponible très prochainement et les places à gagner seront pour l'animation du 1er juin au domaine des Mourgues du Grès.

Thibault Garcia (Photo Vincent Roux).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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