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NÎMES Marquise de l’Imperator : « Cela peut se régler en une heure »

Architecte des Bâtiments de France, Denis Magnol assure que l'Imperator pourra ouvrir, sous certaines conditions, avant la Feria.

Didier Lauga, préfet du Gard, accompagné de Denis Magnol, architecte des Bâtiments de France dans le Gard (photo Corentin Corger)

Ouvrira, ouvrira pas ? À trois semaines de l'ouverture prévue pour la Feria 2019 du mythique Hôtel Imperator, après des mois de travaux, une marquise surpombant l'entrée du bâtiment pose problème. L'architecte des Bâtiments de France affirme qu'elle n'est pas adaptée à l'architecture des années 1930 de l'établissement mais il assure qu'une solution peut être trouvée à temps avec les propriétaires de la Maison Albar. 

La réouverture de l'Imperator, prévue le 6 juin, symbole de la ville et de la Feria, est attendue par les Nîmois. D'autant plus à trois semaines de l'événement où 80 employés se préparent à être sur le pont. Mais pour que cela puisse arriver, il reste des documents administratifs à régler et pas des moindres. La mairie doit délivrer à l'hôtel, un permis modificatif qui est suspendu à l'avis que rendra Denis Magnol, architecte des Bâtiments de France. Pour le moment, celui-ci serait défavorable car certains travaux extérieurs réalisés ne correspondent pas à un cahier des charges spécifiques.

"Cette façade emblématique date de 1929 et fait partie d'un secteur architecturale protégé car nous sommes aux abords de monuments historiques. Elle doit être simple et sombre", explique Denis Magnol. Cela signifie vulgairement que la Maison Albar ne peut pas faire ce qu'elle veut. Une façade qui fait partie d'un secteur qui devrait être sauvegardé en 2020 et qui ferait partie du dossier pour obtenir le label du patrimoine mondial de l'Unesco.

La fameuse marquise en question (photo Maison Albar)

Et ce qui pose principalement problème c'est une marquise que les nouveaux propriétaires veulent installer sur l'entrée principale de l’établissement. "On est dans un équipement codifié années 1930 et la marquise réalisée par Marcelo Joulia est dans un registre esthétique des années 1970 et n'est donc pas adaptée à cette vieille dame", affirme l'architecte de Bâtiments de France.

Une décision qui n'est pas, forcément, du goût des propriétaires qui ont investi au total 30 M€ et qui ont donc sollicité le préfet pour qu'il tranche l'affaire. "Je marque ma solidarité complète à Denis Magnol. Seul le ministère a le pouvoir de déjuger sa décision. Et il n'y a pas de caprice de sa part du fait qu'il aurait dit oui dans un premier temps puis ensuite non", commente Didier Lauga.

Denis Magnol a assuré qu'il a découvert l'existence de la marquise seulement le 5 février 2019, sur un dessin d'architecte, lors d'une réunion de chantier : "On m'a mis devant le fait accompli car la marquise était déjà fabriquée et payée". Cette dernière coûte 60 000 € et a été dessinée par l'architecte Marcelo Joulia. Cette réalisation entre dans un deuxième projet de transformation et de modernisation de l'Imperator. Concernant le premier projet, où il n'y avait pas de marquise, l'architecte avait donné son accord en janvier 2018 mais il a été abandonné.

Une photo de l'entrée prise ce jeudi après-midi (photo Corentin Corger)

Afin de trouver une solution satisfaisante pour les deux parties, Denis Magnol a proposé à l'architecte de la Maison Albar de se rendre avec lui à l'atelier où se trouve la marquise et d'indiquer les modifications techniques à apporter. "Ça peut être réglé en une heure. Il suffit juste d'avoir envie de le faire", conclut Denis Magnol. Même si la marquise est le principal point qui pourrait entraîner un avis défavorable, l'architecte des Bâtiments a également préconisé la réduction à trois portes de garage concernant les villas au lieu de quatre, du côté de la rue Grétry.

Il a également conseillé la mise en place d'un toit végétalisé, ce qui devrait être le cas. Quelques détails qui ne remettraient pas en cause l'indispensable avis favorable. En attendant de connaître l'avis de la Maison Albar, Denis Magnol assure que cela pourrait se régler dans les prochains jours. Le feuilleton Imperator n'est pas encore fini.

Corentin Corger

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1 commentaire sur “NÎMES Marquise de l’Imperator : « Cela peut se régler en une heure »”

  1. Des gardes fou sont toujours nécessaire mais à la lecture de cet article nous pouvons comprendre pourquoi le Gard est bloqué!
    Les services de l’état sont sclérosés par des diercteur(trice) de service DREAL, DDTM … qui ont maintenant plus de pouvoir que les préfets.
    Pirouette du calendrier nous lisons cet article, le jour ou nous apprenons la disparition de M Ieoh Ming Pei (architecte de la pyramide du Louvre) dont la création devait, selon d’autre architectes des bâtiments de France, défigurer le Louvre et faire fuir les visiteurs.
    Les commentaires de cet architecte me semble être plus anachronique que cette marquise.

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