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FAIT DU JOUR Cœur d’Amazone : se sentir belle pour oublier le cancer

Une nouvelle boutique du centre-ville de Nîmes pense aux femmes atteintes d'un cancer.

Une jolie boutique à la devanture avenante dans une rue piétonne, c'est bon pour le moral (photo Véronique Camplan)

Quand on arrive devant la vitrine de cœur d'Amazone, on a presque le sentiment d'être devant une boutique de filles comme les autres, lingerie, bijoux, maillots, cosmétiques…

Et c'est le cas ou presque. La différence c'est qu'ici, lorsque que on a eu un cancer où que l'on est en traitement, on trouve tout ce dont on a besoin pour se sentir belle et bien dans sa peau. La boutique a ouvert dans l'Écusson nîmois en janvier dernier et mérite que l'on s'y arrête.

Le plaisir des jolies choses

Le plaisir des belles choses à un prix abordable (photo Véronique Camplan)

Léonie Justin est professeur de fitness et spécialisée en massages bien-être. Quand elle se retrouve au chômage, elle réfléchit à un projet qui a du sens. Plusieurs années auparavant, sa marraine est atteinte d'un cancer du sein, ce qui lui permet de vivre auprès d'elle tout le cheminement de la maladie et surtout d'être à l'écoute de ses attentes.

Issue d'une famille de commerçants, ouvrir une boutique ne lui fait pas peur. Elle se renseigne sur le type de concept qu'elle pourrait mettre en place et s'aperçoit qu'à Paris, il existe des enseignes spécialisées. "Je me suis rendue compte que ces femmes étaient perdues lorsqu'elle n'étaient plus dans un contexte de soins hospitaliers," constate Hélène. Pour être concret, les chimiothérapies font tomber les cheveux, fragilisent la peau et les ablations partielles ou totale d'un sein laissent un vide très visible. Autant de maux qui, s'ils ne sont pas préjudiciables pour la santé, le sont vraiment pour le moral.

Forte de son empathie et de son envie d'entreprendre, Léonie décide de créer une boutique féminine glamour, adaptée aux produits qu'elle a l'intention d'y vendre. Pour se perfectionner dans le conseil, elle fait un stage à Lyon dans un centre d'orthopédie, qui lui apprend tout ce qu'il doit savoir sur les prothèses mammaires externes.  Elle cherche le local idéal, le trouve. Cœur d'Amazone est né.

"J'ai pris le risque de m'installer en centre-ville parce que je voulais que les femmes sortent du contexte de l'hôpital et des arrières salles de pharmacies", pointe Léonie. C'est réussi. Ici rien ne rappelle le milieu hospitalier et même lorsque que tout va bien, on est tenté par la lingerie à la fois confortable et sexy, les maillots de bains, bien coupés et mode, les bandeaux et foulards, les cosmétiques et le maquillage, 100% bio et hypoallergénique.

Retrouver sa féminité

Au rayon lingerie, on trouve des articles glamour et aussi des accessoires qui permettent de retrouver sa féminité (photo Véronique Camplan)

Mais à y regarder de plus près (de très près) on se rend compte que les soutiens-gorge ont de discrètes petites poches qui permettent d'ajuster une prothèse en silicone adaptée pour rééquilibrer la poitrine en cas d'ablation partielle ou totale. Idem pour les maillots.

On trouve des mamelons de silicones adhésifs adaptables sur les prothèses ou sur sur le sein qui rendant un effet très naturel. Les cosmétiques qui protègent la peau, les ongles, en toute sécurité, facilitent la repousse des sourcils et des cils, sont importants quand on est extrêmement fragilisée…

Une histoire derrière chaque marque 

Léonie a même pensé à l'autobronzant bio pour avoir bonne mine même lorsque l'on est privée de soleil (photo Véronique Camplan)

"Les frangines," une marque crée par des jeunes femmes engagées, propose des franges de tous les styles qui se fixent avec un serre-tête, ensuite on met un foulard, et fini les perruques qui grattent et tiennent chaud. Pratique, joli et à un coût modeste en comparaison d'une perruque de qualité. Léonie est à l'écoute de ce qui se fait de mieux et va jusqu'à privilégier les fournisseurs français qui ont une démarche éthique.

"Quand je choisis un produit, je préfère quand il y a une histoire derrière," confirme la jeune femme. Et de citer en exemple, une marque de maillots conçu par un couple parce que la femme encore très jeune avait été atteinte d'un cancer du sein et n'avait pas trouvé de maillot adapté. Pareil pour cette femme qui ne veux pas renoncer à porter de la belle lingerie en soie et dentelle parce qu'on lui a enlevé un sein et qui crée sa marque.

Le temps qu'il faut…

Un coin salon, pour échanger et prendre le temps (photo Véronique Camplan)

Si les articles que l'on trouve sont adaptés, le contact l'est aussi. "Je cherchais un local qui me permettent d'être tranquille avec mes clientes", fait remarquer Léonie. "J'ai installé un rideaux que je peux tirer. On a le sentiment d'être dans un petit salon. On boit le café, on parle. Trouver la bonne prothèse prend du temps," explique Léonie qui consacre en moyenne une heure à chaque cliente.

C'est ainsi l'occasion d'informations et d'échanges. En effet, "un grand nombre de femmes atteintes de cancer du sein renoncent à une reconstruction mammaire chirurgicale, parce qu'elles en ont assez du milieu hospitalier et des opérations", constate Léonie. "Pour autant, elles ne sont pas informées de tout ce qui pourrait leur rendre le moral et leur simplifier la vie". Pour ce faire, la boutique est en relation avec une artiste spécialisée dans le tatouage de sourcils et de mamelon. "Elle fait un travail remarquable, remarque Léonie, qui poursuit, "j'espère que nous allons travailler en étroite collaboration."

Parfois la jeune femme sort de sa boutique pour des visites à domicile. À certains stades de la maladie, il est difficile d'affronter le regard des autres. Léonie donne un petit coup de pouce et leur consacre le temps qu'il faut.

Après quelques mois seulement d'ouverture, Léonie a déjà une clientèle mais elle voudrait amener plus de femmes chez elle pour qu'elles vivent la démarche comme un shopping agréable en centre-ville. Le samedi et le lundi elle reçoit même sur rendez-vous celles qui préfèrent être dans un contexte plus feutré. "Souvent, elles sont accompagnées de leur fille, de leur mère ou belle-mère, lorsqu'elles sont jeunes. Les hommes c'est plus rare, conclut Léonie en souriant. Certains voient la chose comme une obligation, d'autres jouent le jeu et donnent leur avis. Ceux-là dédramatisent les choses et c'est formidable ! "

 Véronique Palomar-Camplan

Cœur d'Amazone, 11 rue du Chapitre. Pour se tenir au courant des nouveautés FB : Cœur d'Amazone. Contact 06 44 15 50 60.

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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