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NÎMES Le lancer d’espadrilles : un concours réservé aux pointures !

À 19h, la rue Fresque de Nîmes accueille la troisième édition du concours de lancer d'espadrilles.

La rue Fresque lors de l'édition 2018 (photo La Cave dArthur)

C'est un événement encore peu connu mais le concours du lancer d'espadrilles connaît un engouement grandissant. Ce mercredi (19h), 80 personnes vont tenter leur chance pour la troisième édition qui se déroule dans la rue Fresque. Un concours très sérieux, où le record à battre est de quasiment 25 mètres !

Géographiquement situé aux confins de l'Occitanie et aux abords de la Provence, Nîmes puise son influence culturelle de part et d'autres. Et concernant la convivialité et la fête, la capitale gardoise aime bien s'inspirer de ses amis du Sud-Ouest, à l'image de la première édition de la nocturne des Halles il y a quelques semaines. Mais ce qui nous intéresse est une autre tradition beaucoup plus insolite. À 19h, la rue Fresque, à Nîmes, va accueillir la troisième édition du concours de lancer d'espadrilles. Si, si c'est sérieux ! Une pratique instaurée depuis quatre ans dans les fêtes de Bayonne et courante dans de nombreux villages des Pyrénées.

Pas étonnant, car l'Espagne et la France se revendiquent l'invention de l'espadrille, du moins en Europe. Cette chaussure composée d'une semelle tressée en corde de jute ou chanvre et recouverte d'une toile aurait vu le jour au Pays Basque au XVIIIe siècle. En 2017, cette tradition a fait son retour à Nîmes par l'intermédiaire d'Arthur Auday, qui gère la Cave d'Arthur, dans la rue Fresque : "On m'a proposé le concept et j'ai dis oui." Pas étonnant de voir une des rues les plus emblématiques de Nîmes accueillir cet événement. Une ruelle étroite où les sourires et la musique résonnent toute l'année au gré des ferias.

Deux arbitres et un huissier

"Ça ramène l'esprit de la fête et de la cohésion. Les gens sont plus là pour s'amuser que pour se bourrer la gueule. On fait même jouer les enfants", explique l'instigateur. Il ne s'agit pas d'un prétexte pour une énième beuverie mais d'un véritable concours. Le nombre de participants a même atteint les 100 personnes en 2018. Pour cette année, Arthur limite la jauge à 80 participants au tarif de 2€ l'entrée. Le concours débute à 19h et doit se terminer avant la nuit avec deux lancers par personne. "Il y a deux arbitres présents : un pour regarder si on ne mord pas la ligne et l'autre pour valider la distance. J'ai même un collègue qui finit ses études d'huissier et qui vient avec la tenue et ses espadrilles", explique Arthur.

On pourrait se dire, ça va trop loin mais certains font preuve de malice : "Certains cachent des billes de plomb dans l'espadrille pour qu'elle parte plus loin. J'avais même créé une catégorie pour les tricheurs." Pas renouvelée cette année et pour parer à toute éventualité, c'est désormais le commerçant qui fournit les chaussures. Le lancer s'effectue devant la bouche d’égout de sa cave à houblons. "Les meilleurs arrivent jusqu'à l'Estanco", précise l'organisateur du concours. C'est ce qu'a réalisé Augustin Allard en 2017 et qui atteint quasiment les 25 mètres ! Il s'agit du record de l'épreuve. "Il faut avoir une grande jambe. Ma réussite tient d'un mélange de chance, de bière et de talent", plaisante Augustin. Lors de sa tentative, il avait tapé un balcon, "je crois que ça m'a ralenti, j'aurais pu tirer plus loin", réagit-il en toute modestie.

Deux places pour M au vainqueur

Les espadrilles sont fournies en partie par le chausseur Jean-Claude, rue de l'Aspic : "De nombreuses paires avaient pris l'eau dans sa cave alors il nous les a gentiment données", explique Arthur. Un événement auquel participe les commerçants de l'Écusson qui fournissent des dizaines de lots avec notamment des plateaux de charcuterie ou des cours d’œnologie. Le vainqueur repartira avec deux places pour le concert de M aux arènes, dans le cadre du festival de Nîmes.

Mais pour gagner, faut-il encore avoir la bonne technique ! "Il faut placer l'espadrille au bout du gros orteil", confie l'organisateur, même si chacun de ses tirs ont été négatifs, "c'est parti en arrière !". Ce soir, les espadrilles vont voler dans tous les sens et prenez garde si vous fréquentez la rue Fresque, "il y en a même une qui a atterri dans la pizza d'un client du restaurant indien". Un esprit festif et convivial qu'Augustin s'impatiente de retrouver, lui le héros de ce concours officiel de la rue Fresque : "Je signe des autographes quand je passe dans la rue." Arthur espère pourquoi pas s'exiler sur l'avenue Jean-Jaurès pour un concours de plus grande ampleur. Mais le charme du lancer réside aussi dans ce lieu authentique.

Corentin Corger

 

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