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NÎMES EN FERIA Ureña survole, Aguado fait planer

Corrida de Victoriano del Rio pour Diego Urdiales (silence et silence), Paco Ureña (oreille et deux oreilles) et Pablo Aguado (silence et deux oreilles).

Ureña , Aguado et Urdiales (Photo Anthony Maurin).

La corrida dite des artistes change au fil des années. Avant, l'aficion aurait eu à voir Morante de la Puebla ou Jose Maria Manzanares... C'en est fini de tout cela, place aux autres, à ceux qui ne trichent pas et qui sont les artisans de l'art tauromachique. Eux ne se gavent pas sur la bête, eux vont au charbon et, après des années de courses dures, les voilà arrivés à la douceur du dimanche matin.

Belle corrida de Victoriano del Rio pour Pablo Aguado qui confirmait son alternative, Diego Urdiales et Paco Ureña. Une corrida de beauté, de sensualité, de miel et de senteurs andalouses. Nuages et soleil, moitié d'arènes, dommage que le public se réfère encore aux noms qui brillent plutôt qu'à la tauromachie éclairante de ces trois maestros... Bref.

Pablo Aguado (Photo Anthony Maurin).

Premier en piste pour sa présentation en tant que matador de toros dans l'amphithéâtre nîmois, Pablo Aguado confirmait son doctorat. Lui qui est géré par Luisito, un régional de l'étape, depuis sept ans a bien fait évoluer son toreo pour affirmer et revendiquer un concept bien à lui, identifiable et reconnaissable, une chose rare car très personnelle dans un univers taurin formaté et quasi industrialisé. Aguado triomphe partout, même chez lui à Séville où il a fait chavirer les arènes en début de saison. Il ne fera pas grand chose face à son premier de chez Victoriano del Rio. Un toro pas franchement attirant car fade et sans aucun intérêt dans les trois tercios.

Pablo Aguado (Photo Anthony Maurin).

Par contre, si l'Andalou est passé en premier pour confirmer, mais il a aussi clôturé la course de fort belle manière en coupant deux oreilles. Étonnants pavillons blancs sortis directement par le rigoureux palco présidé par Laurent burgoa. Tant mieux. Il faut dire qu'Aguado a embarqué tout le monde pour une faena de romarin, de thym et de soleil. De la rondeur, de la couleur, des odeurs, de la classe, une certaine sensibilité et une planta torera peu définissable. Ajoutez à cela la pointe musicale de Caridad de Guadalquivir jouée par les excellents membre de Chicuelos II, orchestre des arènes, et vous obtenez un moment magique où les pendules s'arrêtent comme on ne peut les voir que le dimanche matin.

Diego Urdiales (Photo Anthony Maurin).

Chef de lidia malchanceux, Diego Urdiales entendra une silence déshonorant. Pas de sa faute, même pas. La faute au vent, surtout, et un peu aussi à son adversaire qui ne pouvait pas lui permettre de tenter quelque chose. Pourtant, Urdiales ne s'est pas démoralisé et a essayé d'aller plus loin, de voir plus haut sans pour autant y arriver.

Diego Urdiales (Photo Anthony Maurin).

On prend presque les mêmes et on recommence pour son second duel. Urdiales tente encore moins que tout à l'heure. Son comportement a changé, son envie aussi. Son opposant n'était pas le meilleur mais il aurait pu (dû) en faire autre chose... Dommage car ce torero ne sait pas tricher et a montré de belles choses. À revoir évidemment.

Paco Ureña (Photo Anthony Maurin).

Enfin, Paco Ureña était de retour à Nîmes. Un retour émouvant pour celui dont la vie a changé un soir de corrida. Il a perdu un œil mais pas son cœur. Quelle tauromachie de sentiment, quelle envie de dévorer les moments de grâce avec boulimie, sans raison mais avec panache. Ureña est une leçon de vie à lui seul et face à ce troisième exemplaire de la course, il entamera un combat doux et sensuel, surtout à gauche. Oui, sa main gauche vaut de l'or, parole !

Paco Ureña (Photo Anthony Maurin).

Dernier duel et deux oreilles intelligentes car la sauce est montée petit à petit. Même le palco a en profité pour impliquer les tendidos et leur faire comprendre que s'ils voulaient une sortie en triomphe, c'était maintenant ou jamais qu'il fallait sortir le mouchoir blanc et l'agiter ! Vous savez ce que veulent dire patience et sérénité ? Ureña aguante son toro, il temple chacune de ses passes. Il réfléchit à l'impact de la moindre variation de son toreo. Paco Ureña a toujours bien toréé mais le voir ainsi faire fait chaud au cœur et donne envie de le voir à nouveau dans de telles dispositions. Pour lui, une belle histoire commence par sa toute première porte des Consuls. Olé !

Los de Chicuelos II, Olé ! (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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