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FAIT DU JOUR Dominique Leroy : un Nîmois aux « Rencontres internationales photographiques » d’Arles

Des circuits de Formule1 aux peuples primitifs, une vie dans le viseur.

Dominique Leroy en Éthiopie  aux côtés d'une  femme Karo (photo archives Dominique Leroy 2010 )

Dominique Leroy est de ces artistes dont les œuvres ne passent pas inaperçues, lui non plus d'ailleurs. Cet obsédé de la photo, n'a jamais dévié de sa passion.

Pour le photographe nîmois, le monde est un merveilleux terrain de jeux et la vie une suite continue d'aventures. Résultat : des prix photographiques, des livres, des longs métrages et une nouvelle expo qui cartonne et a séduit les plus grandes galeries ainsi que les Rencontres photographiques d'Arles, la Mecque du chasseur d'images, où on le retrouvera du 1er au 14 juillet.

Mais commençons par le commencement. Dominique Leroy naît à Mont-de-Marsan (Landes) il y a une toute petit soixantaine d'années. Mais très vite la famille s'installe à Nîmes. Dominique a six ans et Nîmes devient sa patrie, son camp de base et ses racines. Depuis l'âge de neuf ans, le garçon est passionné de photographie grâce à ses deux grand-parents, amateurs éclairés, et au Tintin d'Hergé qui lui donne envie de voyager.

Des désirs de carrière qui lui semblent très vite incompatibles avec les bancs de l'école qu'il quitte après deux tentatives malheureuses à un bac scientifique qu'il dit n'avoir aucune chance de décrocher. Ce qu'il veut c'est devenir exactement comme Tintin : un reporter qui bourlingue… mais n'écrit jamais !

Dominique Leroy avec Lucien Clergue, son mentor, venu lui rendre visite lors d'une exposition en 2012  (photo archives Dominique Leroy)

Devant le refus obstiné de ses parents Dominique cède momentanément et s'inscrit à l'école de kinésithérapeute. Mais ce fils unique têtu n'a pas dit son dernier mot. Sabotage de cette orientation qu'il décide de quitter en claquant la porte à un mois du diplôme. Ce que fils veut… Dominique sera photographe.

Fausse de carte de presse et vrai prix photographique

En 1982, Dominique Leroy reçoit le premier prix de photographie internationale d'Antibes des mains du pilote Jacques Laffite (photo archives Dominique Leroy)

Comme rien n'est jamais simple, le garçon a attrapé l'amour du sport automobile d'un père contagieux n'a pas manqué de lui transmettre. Tout s'éclaire Dominique Leroy décide de combiner ses deux passions et de devenir photographe de compétition automobile. Un challenge de taille si l'on sait que la profession est un sérail où il est difficile de faire sa place. Lui, il s'en fiche.

Son père lui demande de réussir son CAP photo en six mois au lieu de deux ans et lui octroie un pécule mensuel pendant ces deux années, pour faire ses preuves. C'est parti ! Diplôme en poche, accompagné de ses parents, il écume les courses de côtes et autres rallyes nationaux. Il réussit à être publié mais ce n'est pas encore la consécration. Pour passer la vitesse supérieure, il se fabrique une fausse carte de presse, un sésame pour entrer sur les circuits de F1. Ça marche ! Il s'inscrit à un concours international de photographie à Antibes et remporte le 1er prix remis par Jacques Lafitte, alors pilote de F1 au sommet de son art. L'agence Sipa Presse le remarque et l'engage. Le rêve est réalisé.

Les années F1

Dominique Leroy avec Steve Domenjoz, photographe de F1 et complice  (photo Bernard Asset)

Pendant plus de 25 ans, Dominique Leroy sillonne la planète au gré des grands prix du monde entier, travaille pour l'agence Sipa, ELF, Renault, vends des clichés à des magasines spécialisés et people, approche les plus grands pilotes mais aussi Alain Delon, Zidane, Véronique Jeannot, Béatrice Dalle, Arielle Dombasle, Ronaldo, Phil Collins, George Harrisson, Mick Jagger..  Bref, tout ce petit monde qui gravite autour des circuits.

La course dans la visière (photo Dominique Leroy)

Il vit comme une diva, toujours entre deux avions, champagne, fêtes, décalage horaire et course folle pour être le premier à caser "le cliché".  Sauf une fois, il raconte. "C'était un grand prix maudit, Imola en 1994. Un mort pendant les essais. Ayrton Senna ne veut pas prendre le départ puis se laisse convaincre." Au huitième tour, c'est le drame. Après le départ, les photographes remontent le long de la piste et arrivent sur les lieux de l'accident qui vient d'arriver.

"On a tout de suite compris qu'il était mort. On était là avant les secours on a fait des photos et personne ne les a jamais publiées par respect pour ce grand pilote". En 2008, Dominique Leroy a fait 25 fois le tour du monde, remporté de nombreux prix, publié des dizaines de livres de rétrospectives de saisons de grands prix.  "J'étais fatigué et la Formule 1 changeait. Il était temps de penser à d'autres aventures," se souvient-il.

De la cité de la Joie au fond de la brousse africaine

Dominique Leroy avec de gauche à droite, l'épouse de Dominique Lapierre, Hubert Roy réalisateur, Dominique Lapierre et Jean-Luc Beucherie  (photo archives Dominique Leroy)

L'idée le tente depuis 2004, il se jette à l'eau et ajoute une caméra à sa panoplie de preneur d'images. C'est le début d'un périple qui va le conduire encore une fois sur les cinq continents. Mais là, fini les bolides et les paillettes, Dominique Leroy rencontre le journaliste et écrivain français Dominique Lapierre et décide de tourner un long métrage sur la Cité de la joie, 25 ans après la sortie du best seller éponyme de Lapierre et Collins.

On le retrouve ensuite en Afrique à la rencontre des tribus les plus primitives de la planète. Puis il pousse jusqu'en Terre de Feu et va même trouver les derniers chamanes indiens d'Amérique du Nord. En France aussi il déniche un terrain d'exploration nouveau en tournant un long métrage sur les carnavals insolites, mettant au grand jour de drôles de tribus hexagonales.

La rouille et les hommes : depuis le commencement… jusqu' à la fin 

Dominique Leroy, affiche de la derrière expo

Une vie de photos, des milliers de clichés. Le photographe prend son courage à deux mains et classe, trie, sélectionne. Il en sort des livres enrichis de sa dernière passion pour la rouille. Dominique vend sur des galeries en ligne mais l'envie le démange d'exposer ses photos en grand  format. Il construit une expo autour de la rouille et des peuples premiers, peaufine des cadres rouillés et monte un dossier de présentation  qu'il envoie aux galeries qui lui plaisent.

C'est un oui unanime et il boucle en deux mois, deux années d'exposition. Au passage, un agent d'artiste parisien, Art-Trope, le repère et lui propose de figurer en bonne place à la fois dans son catalogue et aux Rencontres d'Arles. Un moment qu'il attend avec émotion, souvenir d'un temps où il étudiait la photo à Arles avec Lucien Clergue.

On pourra voir l'expo de Dominique Leroy à Arles du 1er au 14 juillet à la Galerie d'Arles, 3 rue Élie-Giraud. L'artiste vous invite nombreux à son vernissage le 3 juillet prochain. Pour retrouver ses photos allez faire un tour sur son site : ICI

L'info en +

Dominique Leroy (photo de l'artiste)

Dominique Leroy tourne avec son ami Bruno Bonizec sur l'évolution de la F1 pour Netflix et prépare un livre dont la sortie est prévue dans une paire d'année et dont le titre sera "Les seigneurs du bitume". Une expo est prévue à Nîmes, nous vous en révélerons en primeur, le lieu et la date.

Véronique Palomar Camplan

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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