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NÎMES Nicolas Cadène réclame officiellement le soutien de La République en marche

Nicolas Cadène, candidat pour le soutien d'En Marche Photo : Abdel SAMARI / ObjectifGard

Nicolas Cadène vient de déposer officiellement sa candidature pour obtenir le soutien de La République en marche (LREM) pour les municipales 2020. Après Olivier Jalaguier, Souheil Abdo et David Tebib en début de semaine dernière, voici donc le 4e candidat qui veut obtenir les faveurs du parti présidentiel. Il a choisi Objectif Gard pour s'expliquer.

Objectif Gard : Selon nos informations, vous avez demandé l’investiture LREM pour les élections municipales de 2020. Est-ce exact ?

Nicolas Cadène : Soyons clair : j'ai proposé une démarche de rassemblement pour Nîmes à LREM. Comme je le fais donc avec d'autres. Je porte un renouvellement des pratiques et des représentants politiques. Pour cela, nous pouvons imposer une alternative progressiste. J'en ai parlé à de nombreux partenaires politiques. Quand on parle de telle ou telle personnalité compétente, chacun me répond apprécier travailler avec elle et oublier son appartenance politique... J'affirme donc que construire une liste avec des personnalités reconnues pour leurs compétences et issues d'horizons progressistes divers est possible, dès lors que l'on se met d'accord sur ce que l'on veut faire pour cette ville. De fait, les clivages qui peuvent être réels sur certains sujets d’ordre législatif, en macro-économie, dans le domaine fiscal ou sur des questions de société, n’ont pas toujours lieu d’être au niveau local, ces champs ne rentrant pas dans le domaine de compétences de la ville et de la communauté d’agglomération. Regardez Nantes, Dijon, Lille, Le Mans, Clichy, Metz, etc. Aujourd'hui, vous y avez des majorités très larges, dont le PS et LREM, mais qui vont bien au-delà, et qui fonctionnent.

Pourquoi demander un soutien plutôt qu’une investiture ? 

Au niveau local nîmois, il faut dépasser ces logiques d'appareil qui investissent "contre" et jamais "pour" ni "avec". Nous devons susciter à nouveau l’espoir et l’adhésion en sortant des postures traditionnelles. En particulier quand on a un Rassemblement national qui ne cesse de gagner des voix et qui constitue une vraie menace pour notre ville, tant par leur inefficacité avérée ailleurs que par leur mise en danger de la cohésion sociale. Je n'ai pas envie d'un maire RN à Nîmes.

En quoi votre profil pourrait séduire le parti présidentiel ?

Je ne cherche pas à "séduire" qui que ce soit. Je cherche à convaincre. À convaincre toutes les forces progressistes que c'est en réunissant des compétences sur des projets structurants que l'on gagnera et qu'ensuite l'on pourra changer positivement la vie des Nîmois. Il y a à Nîmes une gestion cloisonnée des institutions, en particulier entre la Ville et l’Agglomération, et chacune assurant une gestion trop souvent déconnectée de la population. Certains services travaillent eux-mêmes de façon brouillonne et sans mutualisation. La coopération avec le département présidé par Denis Bouad, avec la région présidée par Carole Delga, et avec l’État est insuffisante. Dans les conditions actuelles, il n’est pas possible de mener sérieusement des projets à moyen ou long terme.

Au niveau national le Parti socialiste est un parti d’opposition au gouvernement. Ne prenez-vous pas le risque de vous faire exclure ?

Moi, je parle de Nîmes. Je ne vois pas en quoi prôner le rassemblement, à Nîmes, de progressistes m'exposerait à une exclusion. En réalité, je crois que cette démarche est largement soutenue par les citoyens. Nous verrons bien si les formations politiques acceptent ou non de soutenir ce rassemblement de compétences, et, en fonction, je verrai ce que je décide quant à ma démarche à Nîmes.

À Nîmes, depuis plusieurs mois, plusieurs formations de Gauche travaillent à l’union. Ne croyez-vous pas qu’une liste de Gauche peut l’emporter à Nîmes en 2020 face à une Droite divisée ?

Vous parlez de formations, je parle de gens. Oui, je pense que l'on doit rassembler tous les progressistes de bonne volonté. Vous parlez de rassembler la Gauche, mais, de fait, LREM attire aussi des gens de Gauche. Il faut sortir des seules logiques d'appareil, surtout au niveau local et ici en particulier. Les partis politiques ont un rôle majeur à jouer dans l'animation de la vie démocratique ; mais, à Nîmes plus qu'ailleurs encore, nous devons sortir d'un jeu de postures récurrent où chacun s'oppose par principe, puis se soutient ensuite face à tel ou tel dans un "partage des postes" surprenant.

Si vous n’êtes pas labellisée En marche, soutiendrez-vous le candidat macroniste aux municipales ?

Cette question laisse entendre que ma démarche ne sera pas soutenue par les formations politiques - LREM, PS, EELV, etc. Si je mène cette démarche, c'est pour gagner. Attendons donc.

Parlons projets. Qu'avez-vous imaginé pour Nîmes ?

Il y a trois axes majeurs sur lesquels une future équipe devra agir : le 1er, c’est l’économique et le social. Trop de Nîmois sont laissés de côté. Notre économie est trop concentrée sur les services, l’administration publique, les professions libérales, et l’agriculture, elle-même en difficulté. Pour changer la donne, il faudra bien sûr travailler sur les liens entre Nîmes et l’extérieur en relançant notamment une plateforme multimodale ; il faudra également développer le tourisme et la culture en faisant de Nîmes la ville qui permet de rayonner sur la Provence, le Languedoc, les Cévennes et la Camargue ; il faudra renforcer la vie économique du centre-ville en repensant notamment la politique de stationnement ; il faudra soutenir l’université, l'enseignement supérieur, et offrir davantage de débouchés sur le local, etc. Le 2e axe, c’est bien évidemment l’environnement. Il se lie au premier. Cette approche suppose de changer la politique des transports, de développer les énergies renouvelables pour tous les équipements publics ; de rafraîchir la ville - on le voit bien en ce moment - par le verdissement, par la mise en valeur de l’eau ; de soutenir les pratiques sportives et de changer les mentalités ; de rehausser certains quartiers du centre-ville de manière modérée mais évitant l’étalement au sol ; de protéger et mettre en valeur notre garrigue ; de maîtriser le potentiel agricole qui doit être exploité ; bien sûr, de développer massivement les mobilités douces, etc.

Vous souhaitez aussi axer votre programme sur la cohésion sociale et la culture...

Notre ville est trop souvent divisée. Y compris au sens littéral. Des quartiers sont séparés par de grands boulevards, sans communication réelle. Des activités économiques sont mises en difficulté par des dessertes médiocres ou inexistantes. Beaucoup de Nîmois se croisent mais ne se connaissent que trop peu. Il faut, ici plus qu’ailleurs, faire en sorte que la vie en commun soit une évidence pour tous. Nîmes ne doit plus être décrite comme un puzzle où vous auriez la pièce « ZUP », la pièce « Chemin-Bas », la pièce « protestants », la pièce « centre-ville », la pièce « Garrigue », la pièce « catholiques », etc. Tous doivent faire ensemble, plus que simplement vivre ensemble. Cela passe par une politique nouvelle en matière d’urbanisme pour renforcer la mixité sociale ; cela passe par la nécessité de prolonger un travail sur la mixité scolaire ; cela passe aussi par la vigueur des comités de quartier ; et bien sûr par un soutien fort et stable du tissu associatif, qui doit pouvoir rester très présent sur le terrain tout en travaillant au rapprochement de tous.

Vous êtes proche de Françoise Dumas, députée LREM de la 1ère circonscription. Comme elle, pourriez-vous accepter d’être sur la liste du maire sortant Les Républicains, Jean-Paul Fournier, si le choix du parti présidentiel pour les municipales ne vous convenait pas ? 

S'il s'agit de faire barrage contre le Rassemblement national au second tour, je m'engagerai aux côtés de tous ceux qui aspireront à défendre la démocratie et qui s'opposeront à la division des Nîmois.

Propos recueillis par Abdel Samari (avec Coralie Mollaret)

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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7 réactions sur “NÎMES Nicolas Cadène réclame officiellement le soutien de La République en marche”

  1. Mais se rendent ils compte à quel point ils sont ridicules tous ces marcheurs du dimanche, jour de vote ?
    Nicolas Cadéne est biberonné à l’appareil, au système, depuis sa naissance. Il a trouvé un strapontin au sein d’un organisme qui n’a de laïque que le nom. Il est l’exemple type de ce que les Français ne supportent plus. Qui plus est il mauvais analyste politique, les maires R.N sont redoutablement efficaces et leurs administrés le confirment.
    Faut il encore rappeler que dans le Gard, Julien SANCHEZ, maire de Beaucaire, explose les compteurs ?
    Rien de nouveau avec « en marche », seulement une machine à mal recycler les vieilles béquilles. Y compris au niveau environnemental, ça ne vaut rien.

    Conseiller R.N Nîmes.

    1. Qu’un membre du FN s’oppose à ma démarche qui vise notamment à ce qu’il n’atteigne pas la mairie est assez logique. Mais évitez néanmoins de raconter n’importe quoi sur mon parcours que vous ne connaissez pas. Justement, je suis tout sauf un « produit de l’appareil » et les exemples de mes opposition publiques à ses anomalies sont légion !

  2. Le fn fait tellement de miracle à beaucaire que la participation y est inférieure à la moyenne nationale et que son résultat est moins bon que celui de 2014.

  3. Bonjour à Toutes et à Tous,
    Par sa candidature au soutien de LREM pour les Municipales, Monsieur Cadène démontre que nous les Marcheurs de la première heure et toutes celles et ceux qui sont venus nous rejoindre en cours de route avions raison de nous engager avec MACRON avec ses idées Humanistes et progressistes.
    Comme je l’ai déjà dit, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour construire avec nous un programme progressiste, un programme où les Nîmoises et les Nîmois seront au cœur de notre projet, un programme qui tient compte de l’intérêt général, la recherche de l’amélioration des conditions de la vie quotidienne de nos concitoyens en excluant tout intérêt personnel.
    Souheil ABDO un Animateur et Marcheur Nîmois, Candidat à l’investiture.

  4. J’ai particulièrement apprécié vos prises de position sur l’amendement sénatorial visant les femmes voilées accompagnant les enfants lors des sorties scolaires. Amendement qui s’inscrivait pleinement dans les logiques de racisme structurel dont les habitants des quartiers populaires sont les cibles privilégiées. Le RN n’a jamais été l’unique dépositaire de ce type d’idéologie « coloniale », il n’en est qu’une émanation,un miasme. Les violences policières , par exemple, objectivent parfaitement le caractère systémique de ce racisme d’état, largement validé par les politiques de droite et de gauche depuis plusieurs décennies. Les travaux de Mathieu Rigouste sont à ce sujet particulièrement éclairant.
    Nîmes est une ville ségréguée. Vous le soulignez très justement mais vous vous arrêtez en chemin. Il suffit de regarder les structures de pouvoirs, mairie, métropole, département, région, médias, jusqu’au district Gard Lozère de football, pour se rendre compte qu’il y a des « communautés gagnantes et des communautés perdantes », que nous sommes absents. Vous faites partie d’une de ces communautés gagnantes, et vous aurez à assurer un continuum avec la mandature de Jean-Paul Fournier. La question est : Quelle place nous réservez-vous ?

    1. Bonjour,
      Merci beaucoup pour votre message.
      Ce que j’ai exprimé à la fin de cette interview, c’est justement de faire en sorte que la volonté de vivre ensemble soit une évidence pour tous. Plus largement, de faire en sorte que tous, d’où que l’on vienne, nous fassions ensemble. Les conditions (sociales ou autres) de chacun au départ dans la vie ne doivent pas être des freins. Ni le lieu d’habitation. Dans mes proches, dans mes soutiens, il y a bien évidemment (car ça ne pourrait pas selon moi être autrement) des gens de tous horizons, et sûrement pas des gens qui ne seraient que des « communautés gagnantes » comme vous dites. Car ça n’aurait en effet aucun sens. Il faut une équipe qui ressemble ceux qu’elle doit servir. Pour moi, il ne doit donc plus avoir de « nous » et de « vous ». Pour réussir, il ne peut qu’avoir un nous, tous unis.
      Bien à vous

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