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MONTFRIN Le préfet en visite dans les exploitations sinistrées

Ici les flammes ont suivi le tracé du canal (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Le préfet s'est rendu ce mardi matin sur la commune de Montfrin qui a été très sévèrement touchée par les incendies qui se sont déclenchés vendredi dernier. Accompagnés de pompiers du SDIS 30 et d'élus, il est venu au cœur des exploitations pour voir, comprendre ce qui a pu se passer et tenter d'apporter des réponses aux victimes.

Sur un territoire resserré, le feu a frappé avec une énorme violence, et ce sont une dizaine de sinistrés qui ont vu partir dans les flammes 70 de leurs hectares. Des hectares de terres, de vignes, de récoltes, de plantes, d'hangars et de matériels, partis en quelques heures malgré le combat intense des pompiers.

Ils ont eu contre eux une chaleur extrême, du vent et une faible humidité. De quoi alimenter les flammes... Sur place, les exploitants comme les élus espèrent que l'incendie et la visite du préfet puissent faire avancer les choses. Sur la table, se sont spontanément l'entretien du canal, sa demande de remise en eau ou encore que les pompiers puissent techniquement se raccorder à des équipements de la B.R.L (Compagnie nationale aménagement région Bas-Rhône/Languedoc), qui sont les premières questions.

Les exploitants comme les élus ont expliqué les conséquences de l'incendie (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Après avoir écouté ces doléances initiales, le préfet s'est rendu avec chez plusieurs exploitants, dont certain ont tout perdu au niveau professionnel. À 60 ans Daniel Joubert se bat depuis toujours pour exploiter ses terres. "Aujourd’hui, les flammes ont tout ravagé sauf ma maison. C'est un quasi-miracle, mais j'ai perdu tout le reste. Je ne suis pas sûr de pouvoir continuer".

Découvrant le sinistre de matériels, de hangars, de véhicules calcinés, le préfet  se veut rassurant : "Vous avez besoin d'aides, administratives et financières... Nous nous engageons à apporter des solutions. Le ministre de l'Agriculture va venir sur place ce vendredi, c'est un homme d'action, vous pouvez compter sur lui."

Le préfet a écouté chacun en promettant d'apporter des réponses (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Plus loin, la visite se poursuit sur une parcelle de vignes sur laquelle les raisins sont desséchés. Ce n'est pas là l'oeuvre de l'incendie qui s'est arrêté à quelques mètres, mais l'effet de la canicule qui n'avait encore jamais frappé aussi fort. "Nous avons connu les inondations de Montfrin en 2002, maintenant ce sont les incendies qui ravagent nos terres, explique Jean-Louis Portal, le président de la cave coopérative viticole locale. Nous allons nous aider et aller chez les uns et chez les autres pour nettoyer. La solidarité va fonctionner, mais nous avons tout besoin d'aide au niveau de l'état pour le classement en calamité agricole se fassent rapidement".

"Les pompiers ont sauvé beaucoup de choses, mais en plus des terres il y a énormément de matériel qui est parti dans les flammes. Le coût est gigantesque, il faut aussi des délais conséquents. Tout simplement le téléphone étant coupé on ne peut pas réaliser de télédéclarations", poursuit le même. Le canal d’irrigation est au cœur des discussions entre tous les acteurs présents. Il n'est plus alimenté en eau depuis environ 4 ans et un changement de son droit d'usage par la loi.

Aujourd'hui son entretien alimente les polémiques et sa réouverture est souhaitait à laquelle "Il faut vraiment que l'incendie et la canicule nous servent à tous pour pouvoir prendre des mesures pour demain. Il y a urgence pour protéger les hommes et les femmes qui y vivent et y travaillent. Il faut de manière urgente, réfléchir au sujet de ce canal, tant de son entretien actuel que de sa remise en eau future. On peut aussi réfléchir à la nature des plantations qu'il faut privilégier et pourquoi pas à la mise en place de moyens de lutte contre les incendies", poursuit Jean-Louis Portal, qui aussi secrétaire général de la Chambre d'agriculture du Gard et président du conseil d'administration du lycée agricole de Meynes.

Sous un chaud soleil, mais dans une odeur de suie et de cendres, devant le contraste de terres entièrement brûlées et de champs ou parcelles épargnés, le préfet, semblé touché par cette catastrophe. "Nous devons pouvoir apporter des réponses à vous questions", a-t-il conclu.

Franck Chevallier

Il faudra du temps pour effacer les traces des dégâts (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)
Les flammes ont ravagé les terres en quelques heures (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

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