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BEAUCAIRE Les secrets de l’abbaye de Saint-Roman mis au jour

Le site de l'abbaye de Saint-Roman à fait l'objet d'une campagne de fouilles (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Ce qui est certain, c'est qu'il faut faire abstraction des conditions d’accès, un peu sportives, pour arriver jusqu'à l'Abbaye de Saint-Roman à Beaucaire.

Un parking surveillé est aménagé et les 12 000 à 16 000 visiteurs annuels doivent ensuite marcher sur un chemin aménagé dans la garrigue méditerranéenne qui conduit jusqu'au sommet de la colline calcaire. Une quinzaine de minutes de jolie balade, en pleine nature.

C'est dans ce massif de l'Aiguille que des ermites se sont installés, vraisemblablement vers la fin du Ve siècle. Une communauté qui s'agrandit et devient une abbaye bénédictine, au VIIe ou au VIIIe siècle. Des moines qui vont alors agrandir les cavités naturelles du massif pour y réaliser des chapelles et des cellules. Par la suite le lieu devient un prieuré (un monastère souvent subordonné à une abbaye) et reçoit d'importants pèlerinages. Au XIVe siècle, le lieu est fortifié et un collège d'adolescents y prend place. C'est au XVIe siècle que les moines vont quitter cet endroit hors du commun. Il sera alors abandonné pendant bien longtemps.

Un programme de recherches de quatre ans

Si l'on possède des éléments sur cette abbaye troglodytique, grâce à l'étude de documents, mais aussi aux campagnes de fouilles, amateurs et professionnels qui ont sauvé le site. Cela faisait une trentaine d'années qu'aucune campagne n'avait été programmée.

Ce n'est désormais plus le cas, la communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA), qui gère le monument historique, vient de mettre en place un projet collectif de recherches sur 4 ans, avec les soutiens de l’État (DRAC Occitanie) et de l'Europe (FEADER-LEADER). Vendredi dernier, après les deux premières semaines de fouilles, la maison du patrimoine et du tourisme a reçu l'équipe des archéologues.

Vers un nouveau parcours de visite

Ainsi, les fouilles ont débuté le lundi 8 juillet sur le site troglodytique de l'Abbaye de Saint-Roman. Une quinzaine de personnes, sous convention universitaire, ont œuvré sur ce site exceptionnel. L'idée est de faire le point sur la chronologie des aménagements encore visibles et d'en comprendre les dispositions topographiques et fonctionnelles. De quoi, sur les trois prochaines années à venir, orienter à terme un projet de conservation et de mise en valeur du monument souhaité par la CCBTA.

Le site n'a pas fini de livrer tous ses secrets (photo Franck Chevallier / Objectif Gard)

Jean-Louis Piat, directeur scientifique régional à donc rendu compte du premier bilan technique de cette campagne. Il a aussi expliqué à quel point le site était intéressant et unique. Pour lui, qui connaît très bien la question, le nombre de visiteurs pourrait doubler avec la mise en place d'un nouveau parcours de visite et des moyens de restitution des connaissances. « Il faudra certainement concevoir un nouveau parcours, en protégeant des parties aujourd'hui accessibles aux piétinements. En revanche des parties moins visibles, mais intéressantes pourront être mieux mises en valeur », explique Jean-Louis Piat.

La prochaine étape va être pour l’exposition lapidaire (des pierres et des éléments d'architectures) « hors le musée », en septembre prochain pour les Journées européennes du patrimoine programmées du 13 au 15 septembre prochain. Par la suite les archéologues se remettront au travail en 2020, pour continuer à mieux comprendre l'abbaye et tenter de percer un peu plus ses secrets.

Frank Chevallier

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