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NÎMES La petite histoire du grand amphithéâtre

Avec une architecture préservée, les arènes de Nîmes sont un modèle du genre.

Les arènes et le drone qui va les sublimer (Photo Anthony Maurin).

Les arènes, ou plutôt l'amphithéâtre de Nîmes, est un monument hors du commun.

Arrivé jusqu'à nous en quasi parfait état, les seuls manques qui sont à déplorer sont les gradins, qui existaient encore il y a 200 ans mais qui ont été démonté et vendu. Les arènes, une fois débarrassées de leur village, se sont aussi débarrassées de quelques pierres pourtant importantes.

Un webdocumentaire extrêmement bien fait, ludique, pédagogique et aussi performant face au passé du monument que par rapport à son état actuel, est à consulter pour s'imprégner des détails que l'on ne voit pas toujours en visitant le site emblématique de Nîmes.

Plusieurs onglets, construire, restaurer ou visite virtuelle permettent de se faire une bonne idée du fonctionnement antique de l'édifice. Petit retour historique... La colonie de Nemausus, années 90 après J.C., sous le règne de l’empereur Domitien. En ce 23 juin, toute la colonie fête l’anniversaire d’un autre empereur, son père Vespasien. Une foule nombreuse a envahi l’Augusteum, un sanctuaire dédié au culte impérial. Construire un amphithéâtre pose quelque problèmes... Parlons-en.

La salle cruciforme de l'amphithéâtre de Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin).

Concevoir et construire un édifice robuste et élégant, le construire sur une emprise réduite en prenant en compte un terrain imposé, offrir une visibilité maximum aux spectateurs, organiser l’espace de manière à respecter et à représenter la hiérarchie sociale, assurer une circulation fluide des spectateurs, techniciens, animaux et combattants dans l’amphithéâtre. Mais il faut aussi concevoir le système d’évacuation des eaux et les coulisses propres à un lieu de spectacle.

Commençons par les coulisses qui comprenaient deux grandes galeries centrales perpendiculaires (larges de 6,50 m et 6 m). Une galerie périphérique, large d’environ deux mètres ainsi que quatre autres galeries accessibles depuis la galerie périphérique et la galerie du grand axe. Les coulisses étaient desservies par des galeries situées sous les deux travées du grand axe du monument.

Architecte ou mécène... L'inscription d'un nom, Titus Crispus Reburrus (Photo Archives Anthony Maurin).

Aidés par les règles, les équerres et les compas, les architectes se surpassent et fondent un monument qui marquera l'histoire et que l'on se permet humblement d'utiliser encore pour ces mêmes représentations. Un hommage qui préserve le site. On estime à 22 000 places la contenance de l'amphithéâtre nîmois, 23 000 pour Arles et entre 40 000 et 50 000 pour le fameux Colisée romain.

Construit à la fin du premier et au début du deuxième siècle de notre ère, l'amphithéâtre disposait d'une piste conséquente offrant de belle possibilités pour les spectacles. 69m sur 38, le tout en forme d'ellipse. Avec une façade toscane sur ses deux niveaux, les arènes sont directement inspirées du Colisée (qui a deux étages supplémentaires) mais aussi de l'amphithéâtre arlésien (qui a un second étage corinthien). Il est fort probable que l'amphithéâtre de Nîmes soit surtout basé sur les lignes du Teatermotiv, terme d’architecture qui trouve son origine dans le théâtre de Marcellus inauguré en 13/11 av. J.-C. à Rome.

Les analyses au radiocarbone des double-queues d’aronde permettent de déterminer, par recoupement statistique, que l’amphithéâtre a été édifié avant 130 ap. J.-C. On a trouvé une pièce de monnaie datant probablement de 88-89 ap. J.-C, elle a pu être perdue dans les fondations de l’amphithéâtre au début des années 90 ap. J.-C. À quatre lieues gauloises (neuf kilomètres) de la Nîmes antique étaient situées les carrières de Barutel d'où sont issues les pierres du monument. Les pierres du Bois de Leins, de Sernhac et de Roquemaillière ont aussi été utilisées.

À l'aide de tenons, de louves et de pinces, les blocs de pierres sont ainsi mis en place. Sur les murs extérieurs, les badauds pourront satisfaire leur curiosité en levant simplement les yeux, sans rien payer. Le fronton au deux taureaux, la Louve avec Romulus et Rémus, la déesse au pénis (triple phallus ailés sur pattes), les arches médiévales qui fermaient l'accès et permettaient une meilleures défense, le combat de gladiateurs...

Les Arènes de Nîmes à l'honneur dans un web-documentaire. Image Pixabay.

Plus de trente ans de chantier pour des spectacles tout aussi bien organisés. Voici une journée type aux arènes dans l'antiquité. Le matin, des chasseurs affronteront sangliers et ours. Le midi, des troupes de boxeurs et de pugilistes prennent place au cœur du monument. Des spectacles avec toutes sortes d’artistes et de pantomimes
mais aussi des condamnations au nom de l’État. Enfin, l'après-midi, dix paires de gladiateurs et cinq paires de gladiateurs d’Alexandrie pouvaient divertir le public venu en nombre.

Mais après la chute de l'Empire romain et l'arrivée des envahisseurs, les Nîmois se rassemblent et créent, dans l'amphithéâtre, un vrai village. Dès le XVIIe siècle les édiles nîmois sont intervenus pour la sauvegarde des vestiges romains mais les arènes, qui ont tour à tour servi de forteresse, de quartier d’habitation, voire de carrière à ciel ouvert, commencent à être perçues comme un monument.

En plus du programme habituel, les galères débarquaient dans les arènes pour une naumachie, une bataille navale factice, ici une représentation de la bataille d'Actium lors des Grands Jeux Romains (Photo Archives Anthony Maurin).

En 1785, il y a encore 57 maisons, des boutiques, des remises et des caves à vin sous les arceaux du tour des arènes. On voit encore 86 maisons dans le monument et à l’extérieur, 19 maisons mitoyennes plus le local du bourreau (Caisse des Morts), le Jeu de Paume et la salle de spectacles. Un petit monde...

Connues et reconnues, les arènes le sont dès le XVIe siècle grâce aux des voyageurs qui viennent découvrir les monuments romains de Nîmes qui sont signalés dans le premier "guide de voyage" publié en 1552 par Charles Estienne.

Allez, profitez bien de cette visite virtuelle...

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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