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NÎMES Des menaces sur des policiers jugés en comparution immédiate

La salle d'audience du tribunal de Nîmes (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Hier matin, pour la seconde journée des comparutions immédiates au tribunal de Nîmes s’est tenu une audience pour Bilal R., un jeune de 21 ans, né dans la ville. Il est poursuivi pour outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique ; menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l’encontre d’un dépositaire de l’autorité publique, personne vivant à son domicile, conjoint, ascendant ou descendant et rébellion.

Une longue liste pour une intervention policière au Mas de Mingue qui s’est déroulé mardi 20 août.

Le président Jérôme Reynes a donc rappelé les faits. C’est en pleine nuit que les policiers de la BAC se rendent sur place suite à des signalements de coups de feu dans ce quartier.

Sur place, en patrouillant dans les caves, ils trouvent une arme de guerre et dans une cave voisine, Bilal, qui est blessé légèrement à la cuisse, par balle et aussi à l’oreille (lors de cette comparution immédiate seuls les faits mentionnés au début de l’article sont pris en compte).

Des faits reconnus par l'auteur

Les rapports de police sont accablants et font état de la rébellion immédiate du jeune homme qui se débat en insultant et en menaçant tous les policiers.

Des faits que reconnait en quasi-totalité l’auteur en expliquant au président qu’il était énervé et qu’il avait mal à la jambe et à l’oreille. « J’ai mon caractère, j’ai entendu des réflexions, j’ai reçu des coups, alors oui, je me suis énervé, mais comme tout le monde, pas plus », se justifie Bilal. Des coups dont il ne parle toutefois pas pendant sa garde à vue.

Mais les faits vont se poursuivre au commissariat, où Bilal saccage un ordinateur et continue à réitérer insultes et menaces. Au président qui lui demande pourquoi il était aussi énervé après l’interpellation et son arrivée au commissariat il explique, sûr de lui, qu’il ne voulait pas répondre aux questions du policier et que par conséquent le policier ne devait plus l’interroger. Le président a toutefois expliqué qu’effectivement il avait le droit de refuser de répondre pendant la garde à vue, mais que les policiers pouvaient bien sûr continuer de lui poser des questions.

Un comportement que l’on retrouve lors de la perquisition de son domicile, où il vit avec ses parents. « D’habitude les perquisitions concernent ma chambre pas celle de mes parents. La police n’avait pas le droit de faire cette perquisition », s’exclame l’auteur. Là encore le président intervient et réfute l’argument en précisant que la perquisition pouvait se réaliser dans toutes les pièces. L’avocat de la partie civile précise qu’une arme a alors été découverte dans cette chambre. Dans son box l’auteur dit regretter de s’être emporté autant. L’homme venait de sortir de prison depuis 2 mois seulement, pour des histoires de stupéfiants.

"Les menaces étaient précises, déterminées"

Pour l’avocat de la partie civile, Jean-François Corral, qui représente cinq policiers, « même s’il n’y a pas de coups dans les faits qui sont reprochés à l’auteur, les faits sont forts et violents ». Effectivement, lors de la lecture des menaces, faites par le président, le procureur ou des avocats, on retrouve toute une litanie d’insultes proférées par Bilal contre presque tout ce qui porte un uniforme. Il va même s’en prendre à une femme policière qui n’avait rien à voir avec son affaire.

Un comportant que cherche à comprendre le président en demandant des explications à Bilal, qui lui explique qu’il était énervé.

Des menaces renouvelées et violentes

Pour l’avocat des victimes, les insultes sont bien réelles, mais ce sont les menaces qui font froid dans le dos. Des menaces, sur les hommes, mais aussi leur conjoint, leurs parents et même leurs enfants. Des menaces précises : « la première chose que je vais faire en sortant de préventive s’est de venir te retrouver… Tu dois habiter dans le coin je vais envoyer quelqu’un de ma famille pour venir de trouver… »

« J’ai rencontré un policier pourtant aguerri aux voyous et aux menaces, il m’a expliqué qu’il ne voulait pas venir aujourd’hui à l’audience face à Bilal. Ses menaces étaient froides, violentes, mais surtout déterminées, sérieuses. Ils ne veulent pas le recroiser un jour, sans uniforme, dans leur vie quotidienne », poursuit l'avocat.

Pour le procureur-adjoint Stanislas Vallat : « Ses regrets ne sont pas réels, il dit qu’il est comme cela, impulsif. Je pense qu’il souffre d’une intolérance à la frustration… enfin sa volonté de réinsertion ne me semble pas certaine ».

Pour son avocate, Ludivine Glories, la tâche n’est pas simple, elle explique qu’au moment des faits il avait mal à la jambe et à l’oreille et qu’il n’a pas su gérer sa colère. « Ensuite, il s’enferme dans sa colère et sa violence verbale. Il prend pour cible tous les policiers. Mais il n’a que 21 ans et là d’où il vient cette façon de s’exprimer et courante. Il doit néanmoins prendre conscience et réparer les dommages ».

Franck Chevallier

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