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Le 7H50 Spécial Municipales 2020 : Jérôme Puech et Vincent Bouget, alliés ou concurrents ?

Dans le cadre des Municipales 2020 oà Nîmes, Jérôme Puech, candidat du Parti socialiste, et Vincent Bouget, pour le Parti comuniste rançais ont accepté de poser pour notre journal Photo : Coralie Mollaret / ObjectifGard

Communistes et socialistes viennent de désigner leur chef de file pour les élections municipales nîmoises. Vincent Bouget, pour le Parti communiste français, et Jérôme Puech, pour le Parti socialiste, trouveront-ils le chemin de l’union pour récupérer Nîmes, dirigée depuis 18 ans par la Droite ? 

Objectif Gard : Vos camarades viennent de vous désigner pour les municipales de mars 2020. Comment réagissez-vous ?

Jérôme Puech : Rassurez-vous, je ne prends pas la grosse tête ! C’est une étape mais ce n’est pas la plus importante. Quand on compare le nombre d'électeurs pour mon investiture (soit une cinquantaine) et celui pour les municipales (plus de 86 000), les proportions ne sont pas les mêmes ! Aujourd'hui, il nous faut rassembler et porter un projet qui séduise les Nîmois. Je reste très humble. Ce n’est qu’une petite étape. 

Vincent Bouget : C'est un honneur quand on connaît l'histoire de cette ville. D'autant qu'Alain Clary (l'ancien maire de Nîmes de 1995 à 2001, NDLR) était présent lors de l'assemblée générale. Mais c'est aussi une grande responsabilité que je ne prends pas à la légère. Je n'ai jamais eu d'ambitions personnelles. Cela s'est construit de façon collective en fonction de la situation politique.

Justement, quelle est l’étape d’après ?

Jérôme Puech : Le PS a encore une étape en interne pour entériner une liste avec 55 noms, fin octobre. J'ai déjà décidé de prendre deux femmes socialistes dans mon équipe : Michelle Faury, qui coordonne le comité socialiste sur Nîmes métropole, et Fatima El Hadi, qui représente les minorités dans les quartiers populaires.

Vincent Bouget : Il nous faut construire un projet sérieux, novateur, ambitieux, écologique et solidaire. Cette ville a trop souffert du manque de démocratie. Le pouvoir est confisqué depuis des mois par quelques-uns. Il y a nécessité que cela change. Par ailleurs, il nous faut réussir le rassemblement. On a commencé avec Nîmes nouvelle page qui réunit des personnalités de toute la Gauche, dans une grande diversité, des citoyens, des militants. On souhaite avec cet espace de convergence crée les conditions de la victoire.

Vincent Bouget, Jérôme Puech, que pensez-vous l'un de l'autre ? 

Jérôme Puech : Je suis très content que Vincent Bouget ait été choisi comme chef de file. Il est jeune et incarne le renouveau au PCF. Il a une vision un peu plus moderne que ses camarades. D'ailleurs j’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur… C'est quelqu'un de très ouvert. 

Vincent Bouget : Avec Jérôme Puech, on se connaît depuis longtemps. C'est d'abord un Nîmois, installé dans la ville au travers de ses différentes activités. Il a par ailleurs une réelle expérience du pouvoir puisque il était élu en 1995. Il a travaillé sérieusement avec son association Magna Nîmes depuis de nombreux mois et je crois qu'il est ouvert à la question du rassemblement. Nous allons donc avancer en ce sens.

Vous parlez tous les deux d'union de la Gauche. Quelle est la recette ?

Jérôme Puech : D'abord des rencontres pour se mettre d'accord sur un projet commun. On aura aussi des discussions pour choisir une tête de liste et fixer le nombre de places que chaque partenaire occupera dans celle-ci. Pour cela, nous prendrons le poids électoral de chaque parti en prenant le score des dernières élections. Nous regarderons aussi les compétences et nous pourrons tenir compte de votre sondage sur la notoriété des personnalités. 

Vincent Bouget : On ne réussira par avec les recettes d'avant, c'est évident. Il ne s'agit pas de repartir avec des modalités anciennes. L'engagement citoyen est aujourd'hui plus fort et, dans le même temps, les partis politiques sont bouleversés. Il faut donc que chacun trouve sa place et puisse se mettre au service d'un rassemblement qui dépasse les clivages. Cela ne veut pas dire que les partis politiques ne sont plus utiles. On ne doit pas rougir de nos mobilisations. Je pense notamment à celles sur les transports ou l'isolement des quartiers. Je crois que tout le monde aspire à décider tout ensemble. Maintenant, les partis doivent se mettre d'accord.

À votre avis, qui devra prendre la tête de liste de cette union ? Un communiste ou un socialiste ?

Jérôme Puech : Nous on défendra l’idée que ce soit un socialiste. Après on va discuter. En 1995, on avait fait le choix d’aller derrière Alain Clary. Ça avait duré toute une nuit…

Vincent Bouget : C'est difficile de répondre à votre question car chacun peut se prévaloir d'une légitimité à porter la liste. Il faut d'abord parler projets. Ensuite, équipe et, enfin, évoquer la personne qui animera cette équipe. Nous avons suffisamment de travail aujourd'hui pour ne pas nous soustraire à cette interrogation. D'autant qu'il ne s'agit pas que de la campagne mais de la suite aussi en cas de victoire. Comment s'organise-t-on ? Tout ne peut pas être concentré dans les mains d'un cabinet du maire. La mobilisation citoyenne et populaire doit trouver toute sa place. Il faudra donc trouver un consensus et le plus crédible pour animer l'équipe l'emportera.

Certains plaident pour la candidature de la vice-présidente (sans étiquette) du Département, Amal Couvreur. Pourrait-elle vous mettre d'accord ? 

Jérôme Puech : C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. Je lui ai demandé de s’investir dans la campagne. Bien sûr, elle pourrait être tête de liste. D'ailleurs, je serais prêt à me ranger derrière elle si c’était la personnalité qui permette le plus large rassemblement. C’est à discuter.

Vincent Bouget : Déjà, je voudrais dire qu'Amal Couvreur est une élue de terrain reconnue et très présente. Mais pour l'instant, je crois qu'elle ne s'est pas exprimée sur ses intentions ni sur sa vision de la ville de Nîmes et de ce qu'elle voudrait faire. Après, attention à ne pas tomber dans la recherche de l'homme ou de la femme providentielle. C'est à travers un consensus large, respectueux de chacun et du mouvement citoyen et populaire, que nous déciderons.

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret 

 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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