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FAIT DU JOUR Boire un coup avec un « caillou »… de chez nous !

L'entreprise Chiirz à Poulx fabrique et distribue les glaçons dans la plupart des bodegas de la Feria de Nîmes.

Olivier Buisson, co-gérant de "La Glacière des Amis" fabriquant de glaçons gardois qui stocke une palette de 500 kilos (Photo Corentin Corger)

Déguster un pastis ou un rosé sans glaçon, c'est inimaginable. D'autant plus à la Feria ! La société "La Glacière des Amis", basée à Poulx, fabrique et distribue à de nombreuses bodegas nîmoises des glaçons made in Gard. De la fabrication à la livraison, récit de l'itinéraire de ce produit gardois.

Le "caillou" comme on aime l'appeler dans le Sud est un élément indispensable d'une Feria. Il est fort probable que celui que vous aurez dans votre verre à partir de ce soir provienne de la marque "Chiirz" et soit fabriqué à Poulx par l'entreprise "La Glacière des Amis". L'Impérator, la Bodeguita du Royal Hôtel, le Carré Rosé, le 421, La Casa Blanca... utilisent ces glaçons made in Gard, de quoi réjouir Denis Bouad, le président du département, cher à cet expression. Le label Sud de France est d'ailleurs apposé sur les sacs de glaçons depuis peu de temps.

Pour en découvrir la production, le rendez-vous est pris ce samedi 7 septembre, dans la matinée. Olivier Buisson, co-gérant de la société, est déjà à pied oeuvre avec son neveu Francis, saisonnier, qui donne un coup de main durant ce rush pré Feria. "Nous produisons six tonnes de glaçons par jour et nous allons en livrer entre 10 et 15 tonnes", explique-t-il. Pour la Feria de Pentecôte, ce sont près de 25 tonnes de glaçons qui ont été distribués.

Olivier intervient seulement au bout de la chaîne de fabrication au moment de l'emballage (Photo Corentin Corger)

Dans l'atelier, dix machines tournent à plein régime 24/24h. À la base du glaçon, l'eau de la ville est retraitée pour enlever le calcaire, tout en laissant quelques sels minéraux pour ne pas que le glaçon soit transparent. Environ trois litres d'eau sont nécessaires pour produire un kilo de glaçons. Ces derniers sont ensuite stockés et un rail les acheminent jusqu'au conditionnement. L'homme intervient seulement en bout de chaîne pour l'emballage, mais sans jamais mettre les mains dans la matière première. Toutes les 20 minutes, Olivier stocke une palette de 500 kg dans un des quatre containers réfrigéré à une température de -9°C pour éviter que le sac se transforme en un seul bloc.

Un investissement total proche des 500 000 € et une idée venue de la première activité des frères Buisson. Une famille où le travail du pain se transmet depuis dix générations entre Marguerittes et Poulx, avec un passage à la boulangerie industrielle dans les années 1970. La commercialisation de pains et produits locaux sous le nom de "Somapain" se poursuit encore aujourd'hui. "L'été nous avions besoin de beaucoup de glaces pour rafraîchir les pâtes et nous nous servions à Grézan. On s'est dit pourquoi pas les produire nous-même", raconte Frédéric, le cadet.

Frédéric Buisson et son frère Olivier, fondateurs de la marque "Chiirz" (Photo Corentin Corger)

D'autant plus que le marché du glaçon est restreint avec une quarante d'entreprises en France dont seulement une quinzaine de fabricants. "La plupart importe d'Espagne, pour l'empreinte carbone ce n'est pas top", rappelle les deux frères. Avant de penser à s'imposer, il fallait pouvoir installer tout l'équipement. "Le gros problème c'était comment récupérer les glaçons sans travailler 24/24h. Nous avons façonné un système de silo calqué sur ce que nous avions pour la farine. C'est mon bébé", détaille avec fierté, "Fred".

L'aventure débute officiellement en mars 2016 et pour se faire connaître l'entreprise va miser sur le sac de 5 kg afin de détrôner le poids standard de 10 kg. "C'est plus flexible et cela s'est généralisé. On s'est différencié aussi en mettant à disposition des congélateurs", précise Frédéric Buisson. Un petit plus qui va permettre à la société poulxoise de se faire une place en peu de temps et de compter aujourd'hui environ 200 clients dont une quarantaine de la grande distribution pour près de 600 tonnes de ventes annuelles.

Gabriel remplit les congélateurs de glaçons au Carré Rose (Photo Corentin Corger)

"La Glacière des Amis", possède également une machine pour les glaçons dit "cocktail" que vous retrouvez notamment dans les mojitos et à la discothèque "La Dune". Des billes qui s'opposent au glaçon classique appelé "gourmet", de forme tronconique et d'un poids de 40 grammes. Après la production, le suivi des glaçons se poursuit ce mercredi à Nîmes, à la bodega du Carré Rose. C'est Guillaume, le commercial et Gabriel, le livreur, qui assurent la distribution pour un des principaux clients. La mise en place des congélateurs constitue la première étape.

De leur véhicule garé sur le Boulevard Victor Hugo, ils enchaînent ensuite les allers-retours munis de leur diable transportant à chaque fois 50 kilos. À deux, trois suffiront à approvisionner trois cents kilos de glaçons répartis en trois congélateurs. "Nous nous en servons exclusivement dans les vasques pour le vin et le champagne. Le sac de 5 kg est pratique pour les serveurs", constate Ludovic Hebra, le gérant. Autour de 800 kg de "cailloux" seront utilisés par les différents comptoirs lors de cette Feria au Carré Rose. Un produit indispensable qui nécessite donc un ravitaillement quotidien durant les festivités.

Afin de satisfaire correctement sa clientèle et pouvoir procéder à un ravitaillement rapide, "La Glacière des Amis" fait appel à un distributeur "Liberty Glace". Derrière ce nom, se cachent Ingrid et Jesus qui vont assurer la distribution notamment des bars de la rue Fresque et surtout le réapprovisionnement en pleine Feria. "Nous garons le camion à l'angle de la Maison Carrée et dès qu'une bodega est en rupture, nous sommes capable de recharger jusqu'à 300 kilos en moins de trente minutes", assure la gérante. L'Impérator peut passer jusqu'à une tonne par jour ! Un travail fastidieux qui se termine tard dans la nuit et qui redémarre tôt le matin, car dès midi les festaïres sont de retour. Vous risquez certainement de les croiser tentant de se frayer un chemin au cœur du Victor-Hugo. En cas, pensez à eux et dites vous si que c'est bien frais, c'est en partie grâce à eux.

Corentin Corger

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