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NÎMES : LE PROLONGEMENT DE LA « STSPD » POUR JUGULER LA DÉLINQUANCE

Alors que Claude Guéant était attendu ce jeudi 22 mars 2012, à Nîmes, il a bouleversé son agenda, à la dernière minute pour se rendre sur le terrain, à Toulouse, et rendre compte des dernières opérations autour du domicile de Mohamed Merah, finalement décédé, après plusieurs meurtres atroces notamment sur des enfants, dont celui du Caporal Abel Chennouf, dont l’hommage a été rendu également cette semaine, à Manduel, d’où il était originaire.

Alors, ce jeudi, à Nîmes s’est tenue, en l’absence du ministre de l’Intérieur, la signature de la « Stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance 2012-2014» (STSPD). Le sénateur-maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier y a fait un discours devant le préfet, le procureur de la République, des députés et l’adjoint délégué à la sécurité publique.

Il s’agit en fait d’une « coproduction de sécurité concrétisée par la mise en place de Contrats Locaux de Sécurité successifs dont le dernier signé en 2008 est venu à échéance ».

D’après les acteurs partie prenante :

« L’examen de la délinquance constatée sur les dix dernières années montre une diminution qui s’est manifestée au niveau de la délinquance générale et plus encore au niveau de la délinquance de proximité.

Cependant, la légère poussée que l’on enregistre en 2009 et en 2010 et qui se confirme au premier semestre 2011 vient rappeler la nécessité de maintenir la pression à l’égard d’un phénomène marqué par des résurgences même s’il peut apparaître maîtrisé ».

Souhaitant s’appuyer sur ce constat affiché, « un diagnostic local de sécurité et un bilan du précédent Contrat Local de Sécurité », la Stratégie Territoriale de Sécurité et de Prévention de la Délinquance viserait à prendre en compte « les évolutions contextuelles, législatives et réglementaires qui sont intervenues », les objectifs retenus et les actions prévues étant « le produit d’une concertation entre tous les acteurs déterminés à poursuivre et à renforcer la démarche engagée ».

Objectif final affiché : la poursuite et le renfort de « l’amélioration de la sécurité dans la commune de Nîmes ».

De bien belles intentions… Avec une bémol sur le diagnostic affiché, bien entendu, seul moyen mesurable pour les services de police : Le diagnostic balaie, au travers de ses diverses manifestations, la délinquance constatée c’est-à-dire l’ensemble des crimes et délits dont ont eu à connaître les forces de police. Il prend en compte des domaines particuliers dans lesquels se déroule la vie des habitants de la cité et dans lesquels la sécurité peut être mise en cause : espaces publics, transports, habitat, établissements scolaires.

Abstraction faite de cet aspect, il est constaté qu’entre 2001 et 2010 (soit près de dix ans), la délinquance générale a diminué de 11,10 %, passant de 18.014 actes de délinquance générale à 15.937, Jean-Paul Fournier, indiquant à travers son discours qu’entre 2001 et 2011, cette délinquance générale « a baissé de 8,48 % et la délinquance dite de voie publique » aurait diminué pour sa part « de 25,79 %, alors que dans le même temps, le nombre d’habitants augmentait notablement ».

 

Par contre, les vols avec violence, ont, eux, augmenté, sur la période 2002-2010 de 26,83%. On note un accroissement qui se poursuit au cours du premier semestre 2011 : + 14,57% par rapport au premier semestre 2010 (en priorité pour des téléphones portables, iphones, bijoux en or ou en argent en direction de filières de recel).

Tout comme les atteintes volontaire à l’intégrité physique (+37 % sur la période 2002-2010) ; les infractions à la législation sur les stupéfiants ; ou les violences urbaine (essentiellement constituées d’incendies de véhicules, 61% en 2010, et de jets de projectiles et les incendies de poubelles représentent chacun environ 20% de l’ensemble).

Entre 2002 et 2010, les cambriolages ont, quant à eux, diminué de 20,19%. Une augmentation notable est enregistrée (+ 29,38%) au premier semestre 2011.

Pour les vols liés à l’automobile, on enregistre une baisse de 54,68%, tandis que les vols à la roulotte diminuent également de 31% mais ils augmentent de 13,54% au premier semestre 2011.

Côté délinquance des mineures, elle resterait stable, à 22,52% en 2002 et 22,30% en 2010, mais dans la fourchette haute, puisqu’au-dessus de la moyenne nationale (17-18%). Les intervenants sont d’accord pour estimer que 20% de mineurs commettent 80% de la délinquance qui leur est imputable. Au-delà du nombre, la question essentielle est celle des mineurs « multiréitérants ».

Ainsi, malgré quelque amélioration, et des partenariats engagés dans ce processus en particulier notamment dans le domaine des transports et dans le traitement des abords des établissements scolaires, il a été constaté à partir de 2009, d’après un rapport co-produit dans le cadre de cette STSP, une nouvelle poussée des actes d’insécurité : « l’illustration de la forte pression de la délinquance qui existe toujours et qui se manifeste, de la même manière, dans le département, dans la région et dans les villes de même importance que Nîmes », explique-t-on.

Pour répondre à ce constat, toute une batterie de préconisations sont proposées dans le cadre de cette STSP, à travers le travail des différents acteurs : Police Nationale, Justice, commune, Police Municipale, vidéoprotection, prévention primaire et secondaire, Education Nationale, transporteurs et bailleurs, dispositifs partenariaux, Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance et Contrat Local de Sécurité et enfin les partenariats bi ou trilatéraux.

Le tout au travers d'une série de 20 actions liées à la prévention primaire et secondaire, de la dissuasion de la sanction, de la réparation et de l’aide aux victimes, avec notamment :

- la mise en œuvre du Conseil pour les Droits et Devoirs des Familles

- la mise en œuvre du Groupe de suivi personnalisé

- la mise en œuvre du rappel à l’ordre

- la création d’un groupe de liaison Stratégie Territoriale – Contrat Urbain de Cohésion Sociale

- le développement des actions de prévention dans le cadre des comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté Ville de Nîmes

-la lutte contre les cambriolages

- la lutte contre les installations illicites des gens du voyage

- la sécurisation du pôle multimodal gare SNCF-gare routière-parking souterrain

- la mise en place d’un poste de commandement commun Police Nationale – Police Municipale

- le développement de la vidéoprotection, etc.

Rappel de chiffres liés à des actes commis dans les réseaux de transport

Sur le réseau Tango, on enregistre sur la période 2008 – 2010 une forte hausse des incidents : +78,88%, soit l’ensemble des catégories d’incidents à l’exception d’une très légère baisse pour les perturbations d’exploitations.

- L’augmentation la plus préoccupante concerne le vandalisme, et plus particulièrement les jets de projectiles (+ 216% pour les jets de projectiles avec dégâts / + 109% pour les jets de projectiles sans dégâts).

- Les atteintes sur les personnels sont hausse de +39,06% sur la période 2008 - 2010.

Pour le réseau Edgard :

- Sans avoir un détail précis des incidents, sauf pour les agressions sur les personnels avec arrêt de travail (4 entre 2008 et 2010) la société Edgard fait l’estimation de :

- 4 agressions sur les personnels avec arrêt de travail de 2008 à 2010

- 2 menaces et altercations par mois sur le personnel

- 4 insultes et incivilités par mois sur le personnel

- Des jets de projectiles à l’arrêt TCN Jonquilles et Collège Bigot.

- Des tags, des graffitis et des gravages.

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