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PORTRAIT/LA GRAND’COMBE : MARIE, LA SIFFLEUSE AU GRAND CŒUR…

Photo © Thierry Lachot

Il est des personnalités originales et attachantes… Nul doute qu’au-delà des qualités des prestations de l’artiste que nous avons croisé sur notre route, c’est bien la passion, le don de soi et l’ouverture aux autres qui caractérise Marie Ivassich.

L’artiste Grand’combienne qui a ramené de Louisburg (USA-Caroline du Nord), le titre de championne du monde des Siffleurs, dans la catégorie « Allied Arts », ou Art Mélangés, remporté avec son fils le 24 avril 2012 (l’accompagnant au piano), a voué sa vie à deux amours, sa famille (qu’elle a construite avec son mari) et, l’art du chant et du sifflé. Nous pourrions préciser autant d’amour que de personnes aimés, puisque ses deux fils tiennent une place particulière dans sa vie. A tel point que, celle à qui l’on promettait un avenir fait de strasses et de paillettes il y déjà 40 ans – elle nous raconte que par l’intermédiaire de Radio Monte Carlo, puis Jean-Pierre Foucault, elle rencontre Paul Lederman : « il m’a fait passer une audition au "Caf'Conc" [café-théâtre], et je suis passé dès le soir même avec Coluche pour ma première scène parisienne, dans les années ‘74-75 » – a choisi d’élever ses deux fils et de privilégier leurs propres réussites professionnelles et artistiques, notamment celle de Frédéric, qui souhaite faire le succès de sa mère aujourd’hui. Celui qui l’a accompagné au piano durant les quatre jours de compétition entre le 20 et le 24 avril dernier, et qui est directeur du conservatoire de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) aujourd’hui, Grand Prix du conservatoire de Paris (ayant notamment accompagné Aznavour et Pavarotti), était resté à Nîmes « avec le dernier qui n’avait que deux ans », Lorsque les propositions parisiennes se sont manifestées, raconte-t-elle. « C’est là que j’ai fait le choix de la réussite de mes enfants, avant la mienne », même si elle continuait à faire des galas à Paris entre deux petits-boulot (de surveillance de cantine notamment).

Vainqueurs du titre de champion du monde des Siffleurs - Arts Mélangés Photo © Thierry Lachot

Marie réalise alors tout ce que pouvait offrir la ville lumière aux artistes prometteurs, et en particulier à Frédéric, qui, à l’âge de huit ans avait été « la Mascotte de Nîmes Chante », relate sa mère, qui précise qu’il « est passé sur scène avec Claude François aux Arènes dans les années ’73-‘74 ». Le jeune homme avait tout du futur grand artiste-pianiste pensait-elle. C’est à ce moment-là, que cette famille d’artistes, dont le plus jeunes fils ne serait pas dépourvu de talents non-plus, même s’il reste éloigné du domaine artistique, et dont le père, cadre SNCF et joueur de clarinette, décide de s’installer à Villeneuve-Saint-Georges, point de chute pour la mutation du cheminot. Le jeune pianiste de la famille est alors auditionné par le directeur du conservatoire de Villeneuve-Saint-Georges de l’époque, puis entre au Conservatoire de Paris (à 14 ans) et y remportera quatre prix. Une ville qui a son importance dans la vie de Marie Ivassich, puisque, la Cévenole, qui a aussi une résidence au Grau-du-Roi, de même que Frédéric, où ils ont pu répéter pour la compétition de Siffleurs remportée il y a moins de deux semaines, a passé 23 ans dans la ville du Val-de-Marne. Une ville de banlieue parisienne où elle devrait retourner prochainement pour réaliser une prestation avec son fils, après un concert donné en l’Eglise de la Grand’Combe, « à la rentrée de septembre, au profit de la réfection de la toiture », comme nous l’indique le maire (Patrick Malavieille) qui lui remettra la médaille de la ville.

Celle qui avait déjà été lancée par un manager d’Avignon dans les années 1970, nous raconte qu’elle a « toujours chanté et sifflé à la fois », mais « c’est beaucoup plus tard » qu’elle s’est rendu compte que le sifflé avait pris le pas sur le chant.

Marie nous raconte comment à l’âge de 68 ans, sa carrière décolle.

« C’est grâce à mon fils et à Internet », nous dit-elle. Ensuite, elle raconte que tout a été très vite. « Repérée par Jean-Pierre Spiero, réalisateur de l’émission de Michel Drucker, Champs-Élysées notamment, et décédé depuis [en février 2012] », elle fait sa première télévision sur la chaîne Francilienne de la TNT, IDF1, après que J-P Spiero ait entendu son CD et sa prestation avec son fils sur l’Ave Maria de gounod. Et c’est après la diffusion de cette émission que celle qui est issue d’une nombreuse fratrie (6 garçons et 3 filles) est contactée par les organisateurs du championnat du monde des Siffleurs à Louisburg. Une compétition qu’elle découvre, alors qu’« au Japon il y a une école de siffleur », nous dit-elle. Elle ajoute, avec une certaine fraîcheur : « Moi en tant que siffleuse du Gard, j’étais isolée. Je faisais ma petite scène depuis des années, dans mon monde de siffleuse solitaire, et je continuais à m’exprimer comme cela ». Et puis, j’ai voulu rencontrer tous les siffleurs.

Photo © Thierry Lachot

Elle nous raconte l’ambiance qui régnait fin avril 2012, dans cette ville de Caroline du Nord où trois catégories étaient présentées (Classique, Populaire, Arts Mélangés) pour la compétition internationale : « A l’hôtel, on échangeait entre nous le matin, au petit déjeuner, et dès la cérémonies d’ouverture, chacun a fait une démonstration. Il y avait pleins de choses différentes et intéressantes, comme un indien qui était accompagné à la cithare, un autre qui venait du Cirque du Soleil et qui jouait plusieurs personnages à la fois, en sifflant ». Pour celle dont cela avait été la première télévision, le premier voyage aux Etats-Unis, et le premier vol en avion : « il fallait remporter une des coupes », histoire de ne pas avoir fait le voyage pour rien… Rappelons qu’il y avait 7 coupes en jeu pour les concurrentes féminines : les trois premiers dans les catégories Art Populaire, Classique, et la catégorie Arts Mélangés, qui a finalement été remportée par Marie Ivassich avec son fils Frédéric (associant leurs deux talents) sur Memory, tiré de la comédie musicale Cat’s. Marie a concouru, par ailleurs, pour les deux autres catégories, seule, avec son interprétation de Torna a Sorrento, et de l’Ave Maria de schubert.

Celle qui se qualifie elle-même comme « l’OVNI de la famille », semble presque rêver depuis ce succès naissant. Elle raconte : « je viens de faire un tour au marché, ce matin, et j’ai senti une fierté dans les Cévennes. Et à Villeneuve-Saint-Georges aussi, on me connaît. Je sais que l’on apporte beaucoup de bonheur ici (les artistes du pays) ».

Une reconnaissance qui pourrait prendre de l’ampleur, puisqu’au-delà du prochain concert à l’Eglise de la Grand’combe et une éventuelle rencontre avec le public à la maison de la musique d’Alès, où est distribué le CD réalisé avec son fils, Le Sifflé enchanteur, la célèbre émission d’M6, « Incroyable Talent » avait déjà sollicité la diva du sifflé avant son départ pour les Etats-Unis, et une émission pour Canal + vient d’être reportée pour une date prochaine. Alors, après la conquête des États-Unis… La France ?

Extrait du "Sifflé enchanteur", par Marie et Frédéric Ivassich :

Morceau qui a permis de remporter le titre de championne du monde (Memory / Montage vidéo : Th. Lachot) :

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2 réactions sur “PORTRAIT/LA GRAND’COMBE : MARIE, LA SIFFLEUSE AU GRAND CŒUR…”

    1. Madame bonjour,

      je travaille dans une agence conseil en communication, un de nos clients souhaite travailler avec vous pour un événement…pourriez-vous me contacter au plus tôt ??
      Mlle Le Friec
      0466689222

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