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VIADUC DE MILLAU. Le bâtiment s’effondre, la Capeb gronde

Le 13 septembre à l'appel de la Capeb du Gard, les artisans manifestaient à Nîmes. Photo DR/S.Ma
Le 13 septembre à l'appel de la Capeb du Gard, les artisans manifestaient à Nîmes. Photo DR/S.Ma

Le Viaduc de Millau (Aveyron) est le théâtre de toutes les colères. Au mois d'août, le ciel grondait et envoyait ses éclairs sur les sept pylônes du pont routier le plus haut du monde. Un peu plus de deux mois plus tard, un nouveau vent (et c'est le cas de le dire) de colère a soufflé sur le Viaduc de Millau, mais cette fois, elle venait de la terre. Plus de 200 hommes se sont réunis ce mercredi 30 octobre tout près du monument. Ils ont tous un point en commun, ce sont des artisans du bâtiment, membres ou présidents des différentes délégations de la Capeb (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment). Et ils sont colère, ils nous l'avaient déjà démontré au mois de septembre (lire ici). La faute au gouvernement et à son fameux relèvement de la TVA sur les travaux de rénovation à 10% à compter de janvier 2014 au lieu des 7% actuels. Pour marquer le coup, depuis lundi, le président de la Capeb de Lozère et celui de l'Aveyron ainsi que les deux présidents régionaux (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon) ont entamé un jeûne. Ce mercredi, c'est un mouvement de solidarité qui s'est donc organisé au pied du Viaduc de Millau. "Pourquoi ce lieu ? C'est un symbole, un pont de l'espoir. En plus, on peut boire l'eau de Lourdes, on peut croire au miracle..." ironise au téléphone Patrick Issaly, maître-artisan, président de la Capeb Languedoc-Roussillon soutenu entre autres par le président Gardois, Éric Affortit.

Le sérieux revient vite lorsque le président régional argumente son action : "C'est un jeûne forcé par l'absurdité de la situation. Ça fait cinq ans qu'on nous ajoute des empilements de mauvaises choses sans jamais en avoir une de bonne. Quand on est passé d'une TVA à 19,6 à 5,5%, l’État avait du mal à comprendre qu'il allait gagner de l'argent. Et, ô miracle, ça a été le cas, parce que l'activité fonctionnait bien, que l'on embauchait etc. Mais en France, on est masochiste, quand quelque chose va bien, on ne peut pas s'empêcher de le détruire. Alors on augmente les charges et les taxes en favorisant dans le même temps des gens qui ne paient pas de taxe." Patrick Issaly pointe-là du doigt les auto-entrepreneurs, une concurrence qu'il juge déloyale. Un avantage qui selon le président régional de la Capeb pousserait les artisans à licencier leurs salariés et à se faire radier du registre du métier pour eux aussi devenir des auto-entrepreneurs. Rappelons que depuis 2008, dans le Gard, le bâtiment perd 650 salariés par an. Les grandes entreprises sont aussi concernées par les attaques du président parcequ'elles paient des taxes moindres que les artisans "et font travailler de la main d’œuvre venue de l'étranger, se référant aux règles de leur pays et non de la France. En Languedoc-Roussillon, il y a 12 000 salariés détachés. Et puisqu'on embauche moins en France, et bien l'apprentissage chute. En région, en 4 ans, nous avons perdu 400 apprentis. L'avenir part en lambeau ". Aussi, Patrick Issaly prévient : "Si ça ne change pas, les conséquences seront terribles pour le pays. Ce n'est pas de la provocation, mais si ça continue, il n'y aura plus personne pour payer les impôts. Notre système aussi bien social que fiscal va péter."

Ce jeudi 31 octobre, une nouvelle manifestation est prévue au Viaduc de Millau.

S.Ma

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