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INTERVIEW Yvan Lachaud : « Je suis un homme de consensus »

Yvan Lachaud, préident de Nîmes Métropole. Photo : Thierry Allard / Objectif Gard.
Yvan Lachaud, préident de Nîmes Métropole. Photo : Thierry Allard / Objectif Gard.

Agence de développement économique, aménagement de la gare de Manduel ou école d'ingénieurs... Malgré les remous au sein de sa propre Majorité, le président UDI de l'EPCI maintient son cap.

Objectif Gard : L'UDI vient enfin de signer un accord électoral avec Les Républicains et le MoDem pour les Régionales de décembre. Êtes-vous satisfait ? 

Yvan Lachaud : En effet, il y a un accord global pour la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées : sur les 13 têtes de listes, l'UDI en a obtenu trois (Gers, Hautes-Pyrénées et Lot). Dans les départements, les accords sur la composition des listes doivent être encore finalisés même si Julien Devèze, conseiller régional sortant et chef de file du Nouveau Centre aux Régionales de 2010, occupera la 5ème place.

OG : Du coup, vous avez abandonné la troisième place que vous réclamiez tant dans le Gard ? On rappelle que Les Républicains refusaient catégoriquement de vous la concéder

Y.L : La troisième place a été négociée dans un autre département, c'est une question d'équilibres régionaux. Dans le Gard, on devrait également obtenir la 5eme mais aussi la 6ème place qui revient à une femme de l'UDI. Nous avons également conclu un accord avec le MoDem, c'est important : Corinne Ponce Casanova, adjointe au maire de Nîmes en charge du développement de la Vie culturelle, a obtenu la 10ème place.

OG : Cet accord électoral intervient après votre coup de colère dans la presse. En politique, il faut gueuler pour obtenir ce que l'on souhaite ?

Y.L : Ca a toujours été ça malheureusement. Moi, je n’aime pas cette pratique. Après, qu’il y ait des discussions et des tensions autour de listes qui rassemblent plusieurs forces politiques, c'est normal.

Photo d'illustration : conseil régional Languedoc-Roussillon.
Au premier janvier 2016, le Languedoc-Roussillon fusionnera avec Midi Pyrénées. Photo d'illustration : conseil régional Languedoc-Roussillon.

OG : Parlons de sujets plus concrets. La loi NORTe a renforcé le pouvoir économique de la Région. Une compétence qu'elle partage avec les agglomérations. Comment allez-vous défendre le territoire ?

Y.L : Je ne suis pas un craintif. En dehors de Toulouse, Midi-Pyrénées n'a pas de grandes villes. Nous, nous avons Nîmes et Alès. A travers le pôle métropolitain (association créée en 2007, NDLR), Nîmes Métropole a uni ses forces avec Alès Agglomération. Le 26 novembre nous avons une assemblée plénière pour se mettre d'accord sur les méthodes qui serviront à vendre le territoire, notamment autour de trois axes : mobilité, développement économique et formation.

OG : Concrètement, quels dossiers allez-vous appuyer ?

Y.L : L'aéroport Nîmes Garons, par exemple. Il géré par le syndicat mixte de Nîmes Métropole (2,5 millions d'euros de budget dont la moitié est supportée par Nîmes Métropole). En 2017, je devrais succéder à Jean-Paul Fournier et en prendre la présidence.
La piste d'atterrissage de cet aéroport, prévue au départ pour l'armée, est exceptionnelle. Même Montpellier ne peut pas nous concurrencer ! Avec l'arrivée de la Sécurité Civile en 2017, les responsables politiques devront donner à Nîmes Garons les moyens de devenir une plate-forme aéroportuaire, capable d'accueillir aussi bien des voyageurs que du fret. L'aéroport pourrait également servir de base d'entretien pour les engins, grâce à des entreprises performantes comme Sabena. La Région devrait nous accompagner sur ces sujets.

OG : Et concernant l'aménagement autour de la gare de Manduel-Redessan, où en est le projet ?

Y.L : Samedi, nous étions en séminaire pour faire travailler l’ensemble des personnalités économiques et politiques sur le PUM (Pôle Urbain Multimodal). L’idée d’un pôle de la romanité se dégage puisque la gare est au centre des plus beaux monuments de la romanité (Pont-du-Gard, les Arènes, Arles…).

OG : Avez-vous commencé à budgétiser ce projet ? 

Y.L : A ce stade, les enjeux tournent autour de la concertation sur l'urbanisation. Le projet est évolutif sur 30 ans.

OG : Parlons de l'école privée d'ingénieurs INSEN. Son coût de fonctionnement est important pour l'agglo : 2,5 millions d'euros sur le mandat. La Région peut-elle vous aider financièrement ?

Y.L : Non. La Région ne subventionne pas le fonctionnement d'une école privée qui est en association avec l'Etat. Mais elle apporte un million d'euros sur l'investissement, comme l'achat de matériels ou d'équipements pour les laboratoires. (…) Après, vous dites que le fonctionnement est cher ?

OG : 2,5 millions, ce n'est pas rien tout de même... 

Y.L :  On commence progressivement par une subvention de 250 000 € en 2016 et 650 000 € en 2019. La ville de Nîmes, elle, attribue 1,8 millions d'euros à l'École supérieure des Beaux Arts. Une mesure, dont par ailleurs, je me réjouie.

OG : Toujours sur la question de l'école d'ingénieurs. Il y a actuellement un litige au Tribunal administratif entre l'EMA (École des Mines D'Alès) et la CCI Nîmes autour de la propriété des locaux. N'allez-vous pas un peu vite en besogne en faisant voter ce projet maintenant ?

Y.L : Non, pas du tout. Nous devons trouver des solutions pour compenser le départ de l'École des Mines et développer le territoire. Une trentaine d'entreprises est prête à embaucher des apprentis sur le territoire de Nîmes Métropole. Et puis, au début du mois, nous avons reçu une lettre du président de la CCI Henry Douais. Il se dit 'favorable', à travers une convention tripartite, à l'installation de cette école d'ingénieur.

OG :  Enfin, on imagine que si la CCI fait cela, c'est pour récupérer de l'argent sur les loyers, non ?

Y.L : Je ne sais pas. Moi, ce n’est pas ma préoccupation.

Si les échanges restent courtois entre le groupe UPNM (Union Pour Nîmes Métropole) - dans lequel siège JP.Fournier) et l'exécutif, les divergences d'opinion sur régulières sur différents dossiers que porte le président UDI. Photo : Coralie Mollaret.
Si les échanges restent courtois entre le groupe UPNM (Union Pour Nîmes Métropole) - dans lequel siège le maire Les Républicains de Nîmes JP.Fournier) et l'exécutif, les divergences d'opinion sur régulières sur différents dossiers que porte le président UDI. Photo : Coralie Mollaret.

OG : Parlons de l'Agence de développement économique que vous avez lancée en juin. Quels sont les premiers résultats ? 

Y.L : Les équipes travaillent, notamment sur l'implantation d'une usine de 400 personnes dans le domaine de l'innovation. Nous nous sommes réjouis de la participation du Département (50 000 euros) au fonds d'amorçage de 400 000 euros.

OG : Tout n'est pas si rose au sein de cette structure. Vendredi dernier le directoire de l'Agence a mis fin au contrat de la directrice Béatrice Santos Knoop, embauchée en juin. Si vite arrivée et déjà partie… Quelles sont les raisons de ce départ ?

Y.L : Elle était en période d’essai. Le président de l'Agence, Gilles Ridel, et le trésorier ont considéré qu’ils ne partageaient pas la même vision et n'avaient pas les mêmes attentes.

OG : D'importants dossiers de votre mandat (Agence de développement économique, aménagement de la gare de Manduel, école d'ingénieurs) ont provoqué des remous avec le groupe UPNM (Union Pour Nîmes Métropole). C'est une fierté pour vous de voter ces délibérations sans l'aval de Nîmes ?

Y.L : Ils ne se sont pas opposés à ces délibérations. Mais je suis satisfait car je suis un homme de consensus. Oui, il faut dégager le plus large consensus pour que les délibérations soient votées à la majorité.

OG : Enfin comme Jean-Paul Fournier, regrettez-vous, parfois, d'avoir pris la présidence de Nîmes Métropole ? 

Y.L : C'est parfois difficile à vivre, mais je ne le regrette pas.

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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