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FAIT DU JOUR Législatives : la stratégie du FN pour éviter les faux-pas

La candidate du FN aux législatives sur la 6e circonscription Laurence Gardet, entourée par le secrétaire départemental du FN Yoann Gillet et le maire de Beaucaire Julien Sanchez (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La candidate du FN aux législatives sur la 6e circonscription Laurence Gardet, entourée par le secrétaire départemental du FN Yoann Gillet et le maire de Beaucaire Julien Sanchez (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Ce sont des erreurs de casting » : le secrétaire départemental du Front national Yoann Gillet n’y allait pas par quatre chemins pour qualifier deux élus du Gard rhodanien en décembre dernier.

Deux élus exclus du parti, et continuellement absents dans les assemblées où ils sont censés siéger. Deux élus symboles de ce que le parti lepéniste ne veut plus voir se reproduire.

La géographie, c’est important

Alors que Marine Le Pen est donnée par tous les sondages comme qualifiée pour le second tour, et que pour la première fois de son histoire le FN envisage de prendre le pouvoir, l’élection présidentielle ne doit pas occulter les législatives qui suivront en juin, cruciales pour obtenir une majorité parlementaire et gouverner réellement le pays. En d’autres termes, l’arbre Marine le Pen cache la forêt des 577 candidats de son parti.

Des candidats qui ont été cette fois triés sur le volet. Dans le Gard, le FN en a dévoilé quatre sur six, selon un modus operandi bien calibré. Des conférences de presse toujours réalisées dans une autre ville que le chef lieu de chaque circonscription : à Villeneuve pour la troisième, à Pont-Saint-Esprit pour la quatrième, à La Grand’Combe pour la cinquième et à Uzès pour la sixième. Une constante, mais pas pour les mêmes raisons : pour Villeneuve et Uzès, il s’agit de montrer que les deux communes plutôt bourgeoises et de droite républicaine ne sont plus « des terres de mission » pour le FN, selon les termes de Yoann Gillet. « Aujourd’hui on fait des scores incroyables » sur la sixième circonscription, poursuivait-il le 7 avril dernier à Uzès. Deux semaines avant, le maire de Beaucaire Julien Sanchez expliquait à Villeneuve que « ce n’est pas parce que c’est le canton où nous sommes les plus faibles que nous ne nous y intéressons pas. » Pour Pont-Saint-Esprit et la Grand’Combe, c’est une autre mayonnaise. Dans ces villes bien plus populaires, le FN vient chercher le symbole, celui de « la France des oubliés », affirmait Yoann Gillet à Pont.

Brigitte Roullaud, candidate sur la 4e, et Régine Bernard, sa suppléante, samedi matin à Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Brigitte Roullaud, candidate sur la 4e, et Régine Bernard, sa suppléante, samedi matin à Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Des mères de famille de la « société civile »

Au delà de cet aspect géographique, la sélection des candidats — ou plutôt des candidates, seules des femmes ayant été investies officiellement pour l’instant — a été opérée très finement et validée au siège du parti par une commission nationale. Avant d’être investies, les quatre candidates connues de notre département ont dû faire leur preuves. Ainsi, Monique Tezenas du Montcel a été nommée responsable du parti sur la troisième en juin dernier, idem pour Brigitte Roullaud sur la quatrième, Daniela de Vido pour la cinquième et Laurence Gardet sur la sixième. Une manière de jauger leurs capacités à aller sur le terrain ou à contribuer à l’augmentation du nombre de militants.

Pour limiter les risques d’« erreurs de casting », le FN a investi plus que des responsables de circonscription : il a investi des élues. A l’exception de Brigitte Roullaud, les autres sont soit conseillères municipales, soit conseillères régionales, soit les deux. « Laurence Gardet est conseillère régionale depuis un an, ça lui donne une légitimité », estimait Yoann Gillet à Uzès. Des élues, mais pas trop. Lors des présentations, les responsables frontistes insistent lourdement sur le fait que leurs candidates viennent de la « société civile » : retraitée du secteur bancaire, commerçante ou mère au foyer. D’ailleurs, les candidates elles-mêmes se présentent systématiquement en mère de famille ou grand-mère, et la fillette de Laurence Gardet était dans la salle du Best Western pendant la conférence de presse à Uzès. Des mères de famille de la « société civile », de quoi s’identifier à l’électorat et le rassurer.

La candidate du FN sur la 3e circonscription Monique Tezenas du Montcel et son suppléant Jean-Marie Moulin, encadrés par Julien Sanchez et Yoann Gillet (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La candidate du FN sur la 3e circonscription Monique Tezenas du Montcel et son suppléant Jean-Marie Moulin, encadrés par Julien Sanchez et Yoann Gillet (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Une com’ maîtrisée

Leur profil validé, les candidates ne sont pas lancées dans le vide pour autant. Ainsi, elles ont interdiction de faire campagne pour elle avant le 7 mai, date du second tour de la présidentielle. « On fait les choses dans l’ordre », estime Yoann Gillet. Question discours, c’est un festival d’éléments de langage : généralement peu disertes, les candidates font le panégyrique du programme de Marine Le Pen et étalent leur optimisme pour la présidentielle. Tout juste les plus prolixes détaillent une ou deux propositions du programme présidentiel. Le local ? Si Julien Sanchez estimait à Uzès que son parti jouait « l’atout de personnes implantées sur le territoire », les questions des journalistes sur les problématiques propres à chaque circonscription se sont à chaque fois vues opposer la même réponse par les cadres frontistes départementaux : c’est une élection nationale et les futures députées « feront remonter les problèmes pour les résoudre au niveau national », dixit Yoann Gillet. « Notre programme c’est appliquer les 144 engagements de Marine Le Pen », expliquait Julien Sanchez à Uzès. Au moins c’est clair.

Daniela De Vido, candidate sur la cinquième circonscription et son suppléant Daniel Ranc, entourés de Yoann Gillet, Gilbert Collard et Julien Sanchez. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard
Daniela De Vido, candidate sur la cinquième circonscription et son suppléant Daniel Ranc, entourés de Yoann Gillet, Gilbert Collard et Julien Sanchez. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

La communication est également maîtrisée sur Internet. Si on peut raisonnablement penser que les profils des candidats sur les réseaux sociaux ont été passés au crible, pour éviter les polémiques qui ont pu émailler les élections précédentes, le FN veut garder le contrôle de la présence numérique de ses candidats jusqu’au bout. Ainsi, le parti frontiste a lancé un portail centralisé dédié aux législatives, avec un trombinoscope,  et une fiche par candidat. Une application mobile doit suivre.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

29 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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7 réactions sur “FAIT DU JOUR Législatives : la stratégie du FN pour éviter les faux-pas”

  1. Sacrée brochette au goût amère…Le FN et ses candidats Guignolesques. Des guignols pour marionnettes bien entendu. Si par malheurs une fois élus et pire malheurs qu’ils obtiennent une majorité ! Les pauvres guignols investis n’auront rien à dire et rien à proposer aucun autre choix que de suivre la ligne de la cheftaine et de ses colistiers les plus proches et plus influençables brefs le petit monde du bureau exécutifs ceux qui pensent avant tout idéologiquement que par intérêt général ! Aux instances du FN tous les soiffards assoiffés de mettre en œuvre leur programme sur leur base idéologique mise en second plan pour cause de dédiabolisation, et la ils en peuvent plus d’attendre ils sentent le moment proches à portée de mains sales oui de mains sales et pour faire nombre on prend des guignols pris dans l’entourloupe des investitures certes du réchauffés mais ca fonctionne. Pour les guignols investis va-t-il y avoir les kits de campagnes comme les précédentes élections ? Il faut faire prendre conscience aux braves investis allants aux casses pipes, parfois partant d’un bon sentiment, les inviter à réfléchir et qu’ils comprennent qu’ils ne seront acteur de rien tout en ayant une sacrée part de responsabilité dans l’avenir.

    1. Faut pas confondre mettre en avant des faits et propager de la haine. Ici je ne fait allusion qu’a des faits réels et en cours d’instructions judiciaire. De vous préciser que dans mes propos, je ne fais pas de l’alternatif ni de la fausse info, encore moins du révisionnisme à l’instar de la cheftaine du FN et sa garde rapprochée ! Les kits de campagne ils ont existé et pour les législatives de 2017seront-ils là ou pas ? Donc pas de méchanceté gratuite des faits et ils sont là clair et net détournement de fond publique et abus de bien sociaux etc. Aussi escroquerie envers des personnes c’est à dire les investis aux différentes campagnes électorale entre 2012 et 2014 ! Les fonds détournés venant d’argent publique les fameux remboursements calculés sur les scores et élus aux différentes élections appelé financement publique de la vie politique donc payé par tous par l’intermédiaire de nos impôts et taxe divers de la TVA à l’impôt sur le revenu. Et de vous rappelez que les investis élus ou pas dans les diverses élections ont payés comptant ou à crédits ses kits de campagne. C’est en cour d’instruction en justice ! Ne pas oublier les emplois fictifs au parlement Européens et aux conseils régional du Nord Pas de Calais puis celui devenu Haut de France donc quelque années d’ emplois fictifs ! Ca fait quand même beaucoup et je ne fais pas d’allusion concernant les déclarations de patrimoine et fiscale…

  2. A propos du FN dont la présidente est révisionniste, semble t-il…
    Un beaucairois qui a voté pour le lepéniste-phillipotiste Sanchez (lassé par les pratiques douteuses du clan Bourbousson) m’explique que rien n’a vraiment changé à Beaucaire : toujours autant de prolétariat maghrébin, pas davantage de sécurité bien que la police municipale ait été renforcée, pas de nouvel état d’esprit, toujours le même tissu socio-économique, bref, paroles, paroles mais seulement du discours idéologique réactionnaire.
    Pareil pour le député marionnettiste CoLLard qui selon ses dires devait être un  »casse-couille » : uniquement du blabla opportuniste, bilan parlementaire = une feuille presque blanche ! Mais Madame s’est goinfrée aux frais de l’Assemblée Nationale (c’est légal mon cher Maître !). Bref la clique lepéniste ne fait pas mieux que le système qu’elle dénonce mais qui pourtant la nourrit bien.
    Dans tout ce que vous venez de lire, y a t-il quelque chose de faux ? Réfléchissez un peu, il n’y a pas beaucoup de gens contents à Beaucaire, plutôt des gens peu fortunés, peu cultivés, beaucoup de toxicomanie, beaucoup de fraude fiscale et sociale, beaucoup de personnes humbles qui se prennent à espérer quand les démagogues prêchent et critiquent le système dont ils profitent.
    Paroles, paroles ! au nom du peuple, du grand-père, de sa fille, de sa nièce et de leurs concubins, parents et alliés… Pauvre France !

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