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AU PALAIS Il casse son bracelet électronique à 8 reprises parce qu’il fait de la « rétention d’eau »

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard).

Jaouad et Hatim, 18 et 19 ans, n'entrent pas par la même porte au tribunal correctionnel de Nîmes. L'un, Jaouad, déjà connu de la justice, se retrouve dans le box des accusés quand son complice, Hatim, comparaît libre. Fin août, les deux jeunes hommes ont commis un vol dans une habitation du centre-ville.

Dans la soirée du lundi 28 août, Jaouad fume tranquillement son joint dans les rues de Nîmes quand il aperçoit une boîte aux lettres qui déborde de courriers et prospectus. Il en déduit que les occupants ne sont pas présents et il défonce la porte d'entrée à coups de pied. Son copain Hatim, lui, est chargé de faire le guet. A l'intérieur, Jaouad prend tout ce qu'il peut : bijoux, carte bancaire (et le code qu'il trouve en fouillant dans les papiers), les clés d'une voiture avec laquelle les deux hommes repartiront quelques minutes plus tard. Elle sera retrouvée abandonnée, et complètement abimée, à Valdegour. Pour cause : aucun des deux n'a le permis de conduire ! Bref, les deux amis seront interpellés peu de temps après grâce à un signalement.

Devant le tribunal, pour sa défense, Jaouad évoque la présence d'une troisième personne, le vrai méchant. C'est cet homme, dont ils ne peuvent évidemment rien dire sous peine des pires représailles, qui a rayé le voiture. C'est aussi ce piètre conducteur qui a retiré 450€ avec la carte bancaire. Une version à laquelle le président Jean-Pierre Bandiera n'adhère étonnement pas.

-           Ce n'est pas l'effet de la chaleur qui vous a fait voir double ?

-           Pourquoi j'inventerai une troisième personne ?, questionne Jaouad.

-           Parce que c'est plus pratique, suggère le juge.

Le magistrat en vient maintenant au casier du jeune majeur qui compte une mention pour vol et plusieurs procédures quand il était mineur. A la lecture de son dossier, il découvre que Jaouad s'est débarassé huit fois de son bracelet électronique !

-           C'est parce que je fais de la rétention d'eau !

Le président préfère ne pas rebondir. Quant à Hatim, très discret, intimidé pour sa première comparution devant un tribunal, on apprend qu'il souhaite devenir parachutiste.

-           Vous pensez que la préparation à ce type de carrière consiste à faire des cambriolages ?, questionne le président.

-           C'est une erreur de jeunesse, réplique Hatim.

Une erreur qui lui vaudra six mois de prison avec sursis. Jaouad, qui fait de la rétention d'eau et certainement un peu d'informations, a été condamné à un an de prison, dont huit mois avec sursis. Il est maintenu en détention pendant les quatre prochains mois.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

 

 

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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1 commentaire sur “AU PALAIS Il casse son bracelet électronique à 8 reprises parce qu’il fait de la « rétention d’eau »”

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