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INTERVIEW Gilbert Collard ne regrette rien : ni son tweet ni son immunité parlementaire

. (Photo : droits réservés)
Avec Marion Maréchal Le Pen lors de la campagne 2017 des législatives dans le Gard. Depuis, Me Collard s'est trouvé une nouvelle copine à l'Assemblée, qui s'est opposé à la levée de son immunité. (Photo : droits réservés)

Non, rien de rien, il ne regrette rien. Surtout pas son tweet de décembre 2015 qui lui vaut, presque deux ans après l'ouverture de l'enquête au parquet de Nanterre pour "diffusion d'images violentes" sa levée d'immunité parlementaire. Tout content de bientôt se retrouver dans l'arène de l'audience, qui l'attend en tant que pionnier de la défense de rupture. Ravi aussi de s'être déniché une nouvelle copine, Clémentine Autain, députée France Insoumise, seule membre du bureau de l'Assemblée nationale à n'avoir pas voté pour la levée de son immunité parlementaire. Interview.

Quel était votre état d’esprit quand vous avez appris votre levée d’immunité parlementaire ? Vous vous attendiez à ce qu’elle soit levée avec la nouvelle majorité ?

Gilbert Collard : Oui, mais je pensais qu’ils auraient peur peut-être du ridicule. La première majorité (PS, en février 2017) n’ayant pas voté l’immunité je me disais, mais j’ai fait une fausse appréciation peut être, que la crainte de passer pour des parlementaires un peu comiques les empêcherait de voter pour la levée d’une immunité que la précédente Assemblée n’avait pas votée. Je me suis trompé, ils sont burlesques, voilà ! Maintenant, je me fous pas mal de leur levée d’immunité, je les trouve ridicules et comme je l’ai dit je n’ai pas le cancer de la lâcheté, de la compromission.

Est-ce que vous avez toutefois conscience que le fait de twitter de telles images, hyper violentes peut choquer, notamment des victimes et associations de victimes d’attentats de Daech ?

Gilbert Collard : J’en ai quelques-unes parues sur Objectif Gard qui ne sont pas mal, vous savez… Aucune association de victimes n’a déposé plainte dans ce dossier depuis deux ans. La plainte a été initiée par le ministre de l’Intérieur (de l’époque, Bernard Cazeneuve) qui a dit : « Je vais saisir le procureur ». Ce n’est que dans les régimes policiers qu’un ministre de la Police saisit un procureur, pas dans une démocratie.

Cela ressort de toutes vos interventions, vous dénoncez un scandale, un complot…

G. C. : Non, non, non, je vous en prie ! Il n’y a pas que moi qui dénonce maintenant, il y a aussi Madame Clémentine Autain (France Insoumise). On ne peut tout de même pas penser qu’on est de mèche, hein ! On est quand même des gens soucieux de la liberté d’expression. Moi, je n’ai fait que répondre à Bourdin (Jean-Jacques Bourdin, journaliste RMC-BFM TV, NDLR).

Justement, vous donnez l’impression de penser que Jean-Jacques Bourdin est de parti-pris contre vous ? Vous étiez énervé quand vous avez tweeté ? Entre Gardois, vous ne pouvez pas vous arranger ?

G. C. : Ca ne se passe pas comme ça, hélas. Il a comparé le Front national à Daech. Et moi, j’ai répondu : « Bourdin nous compare à l’État Islamique le poids des mots, le choc des bobos» et j’ai publié la photo pour montrer qu’en comparant le FN à l’EI c’était une manière de minorer l’horreur, les crimes commis par l’État Islamique. Si c’était à refaire, je le referai de la même manière.

Utiliser des images aussi violentes que ça, surtout en tant qu’ex-professionnel de la justice, pour vous c’est normal ?

G. C. : Moi j’ai à votre disposition des images publiées par votre journal, vous avez publié des photos de victimes, d’atrocités. Du reste, nous le produirons à l’audience, hein, y a pas que vous. La question est déplacée dans la mesure où tant qu’on est dans un pays où règne la liberté d’expression on s’exprime. Je n’ai jamais tenu de propos critiquables, là j’ai été comparé à l’État Islamique. Quelqu’un d’autre que moi se serait incliné en disant : « Oui, on est comme Daech, on égorge des gens, on tue des enfants, on écrase des centaines de victimes, merci,  vous avez bien fait de le dire, y a pas de problème on est comparables à eux. » Non, j’ai montré simplement que la réalité de l’État Islamique, c’est la mort.  C’est un procès politique, Clémentine Autain, courageusement, l’a dit. C’est là-dessus que les hommes libres et les femmes libres devraient s’interroger (NDLR : « Un homme libre », titre de l’autobiographie de Jean-Jacques Bourdin…).

Pourquoi selon vous, la majorité parlementaire « En Marche ! » aurait intérêt à vous éliminer comme ça ?

G. C. : Parce qu’ils sont serviles. On apprend par Clémentine Autain qu’ils ont été convoqués la veille pour le lendemain... Ils espéraient polluer le débat sur le terrorisme, ils n’y sont pas arrivés. C’est tout. C’est des petites bassesses politiques, qui utilisent la justice.

Selon vous, vous ne contrevenez à rien, vous n’entrez pas sous le coup de l’article du Code pénal  ?

G. C. : Seul le tribunal pourra le dire. Et quand on prend mon tweet on voit bien que ma volonté est de répondre à M. Bourdin, qui a eu des propos déplacés. On ne peut pas attribuer à des gens qui n’ont jamais commis la moindre violence – ce qui n’est pas le cas de tous les députés LREM –, on ne peut pas comparer ces gens à des tueurs ! Mon honneur ne l’a pas supporté, je n’ai jamais assassiné personne, je ne prône pas la haine, le jihad, la violence j’ai voulu montrer tout simplement que nos propos étaient tout simplement incompatibles. Comment peut-on imaginer une seconde que je fasse la propagande du terrorisme ? Ce qu’on me reproche c’est ça. Il y a quelques mois, un homme en lien avec la mouvance islamiste a été condamné pour avoir voulu égorger Gilbert Collard, il l’a dit sur twitter.

Vous voulez poursuivre ceux qui vous poursuivent ?

G.C. : Oui. Je vais faire le procès de ceux qui me font un procès. Ce procès - en fait une audience correctionnelle, NDLR - ne sera pas anodin. Je reste philosophe. Mais si quelqu’un est assez bête pour penser que je peux faire de la propagande terroriste, hein... Je ferai assigner M. de Rugy, M. Cazeneuve, M. Bourdin et beaucoup de monde.

Propos recueillis par Florence Genestier

florence.genestier@objectifgard.com

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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