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FAIT DU JOUR Musée de la Romanité, de l’ombre aux lumières

Les essais "lumière" avaient lieu à quelques jours de l'inauguration du Musée de la Romanité.

Mercredi soir d'avant inauguration. Derniers réglages des éclairages, une lumière blanche, douce comme le désirait l'architecte Elizabeth de Portzamparc (Photo Anthony Maurin).

Le Musée de la Romanité est un équipement culturel voulu par la Ville pour valoriser le patrimoine historique de Nîmes. Bébé urbain du maire Jean-Paul Fournier, qui fait écho à l'amphithéâtre qui lui fait face, il rappelle l'audace de Jean Bousquet qui avait voulu un musée d'art contemporain face à la Maison Carrée. Plus de 20 ans plus tard, tout le monde s'accorde à dire que, même si l'édifice est énergivore, il reste un geste architectural qualitatif, une plus-value pour la cité des Antonin.

Angle Rue Cité Foulc et rue de la République (Photo Anthony Maurin).

Le Musée de la Romanité connaîtra-t-il la même histoire ? Rien n'est moins sûr et pourtant, on aimerait y croire. Lancé en 2011, le concours d'architectes a vu défilé une centaine de propositions pour finir avec un triptyque détonnant. C'est Elizabeth de Portzamparc qui décroche le pompon. D'un coût élevé mais parfaitement maîtrisé de près de 60 millions d'euros (35 millions supportés par Nîmes), le bâtiment laisse une certaine amertume à celles et ceux qui imaginaient un drapé en verre uni et froissé rappelant la toge romaine. Là, c'est une sorte de mosaïque intelligible mais rarement comprise qui est servie à la vue.

Arrivée à Nîmes trois jours avant l'inauguration, Elizabeth de Portzamparc restera nîmoise jusqu'à mardi (Photo Anthony Maurin).

En attendant de découvrir plus en détails l'intérieur qui sera officiellement présenté au grand public dès samedi (après l'inauguration par la Ministre de la culture Françoise Nyssen), la Ville effectuait les derniers essais lumineux. La façade doit être l'appât. Pour piéger le curieux, il faut l'attirer et pour l'attirer, il faut le surprendre. Agréablement bien sûr.

Comme des papillons, les visiteurs sont attirés par les lumières. Comme les lapins, ils se jettent dans les phares de l'histoire. Alors il ne faut pas rater cet ultime mais crucial rendez-vous avec le futur du Musée. La mise en lumière n'est pas une chose à prendre à la légère, elle est peut-être aussi important que les collections que renferme le Musée (au moins sur la forme).

Vue de la rue Alexandre Ducros (Photo Anthony Maurin).

D'apparence massive mais aussi légère et aérée, la façade de l'édifice culturel est un piège. Un rappel antagoniste de l'histoire, face aux pierres bimillénaires, le verre contemporain. L'ellipse de l'amphithéâtre face au carré muséal. Quelques yeux curieux trouent la façade et laissent entre-voir, de l'intérieur vers l'extérieur, la vie nîmoise d'aujourd'hui.

Sans entrer dans le Musée, le chaland intelligent peut en profiter sans excès. Une voie d'accès passe sous la structure, dévoile le cœur de Nîmes la Celte sous une hauteur de 17 mètres, le fronton du propylée de l'Augusteum romain des Jardins de la Fontaine, unique. Passée cette émouvante merveille, place aux jardins. Là aussi trois niveaux, trois époques, toutes agrémentées avec les essences du moment. Un endroit reposant, forcément ouvert à tous et où l'on peut voir les restes restaurés de l'enceinte romaine de Nîmes, une des plus vastes de l'Empire continental.

Le jardin, à l'arrière du Musée de la Romanité, accessible par la rue Alexandre Ducros, la rue de la République et bien entendu par la rue qui traverse le Musée (Photo Anthony Maurin).

Toujours à l'extérieur mais presque dans les nuages, la terrasse, son point de vue imprenable et sa verdure. Une longue spirale douce embarque le visiteurs dans un tour à 360° dont il se rappellera. De là-haut et sans ballon de baudruche, on retrouve les principaux édifices de la cité. Une merveille qui ressemble à s'y méprendre à la terrasse de Carré d'Art, nouvelle dédicace. Un restaurant, la Table du 2, une librairie et un café sont accessibles librement.

Pour simple rappel, le Musée de la Romanité mettra en valeur près de 5 000 (sur 25 000) bouts d'histoire de Nîmes. De sa protohistoire au Moyen-Âge en passant par les romains, le Musée traite les trois grandes phases de la vie locale. Le tout sur trois niveaux pour mieux observer la continuité dans le processus historique de ce que nous sommes aujourd'hui. Les nouvelles technologies et le multimédia font leur apparition et devraient satisfaire les demandes du public en la matière.

L'enceinte antique et romaine de Nemausus mise en valeur à côté de cheminement piéton (Photo Anthony Maurin).

A l'intérieur, plus de 3 500 m² pour illustrer 26 siècles de vie structurée. Collection permanente ou expositions temporaires, le Musée va offrir un nouvel espace d'apprentissage. Un auditorium de 180 places est également intégré au site sans oublier l'immense salle d'exposition... Mais bon, il ne reste plus qu'à s'y rendre ! N'oubliez pas, ce samedi 2 juin de 15h à 22h (dernière entrée 21h) et dimanche 3 juin (de 10h à 19h, dernière entrée 18h), c'est gratuit alors foncez et n'ayez pas peur du monde, il faudra peut-être s'y habituer.

(Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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