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GARD Soierie des églises, Nîmes et le département loin devant

Josiane Pagnon a écrit les textes, Kérignard a pris les photos et Véronique Marill s'est occupée des cartes.

Sous l’œil de l'auteure Josiane Pagnon, le photographe Marc Kérigrard explique son travail (Photo Anthony Maurin).

Qu'on se le dise, 90 % du patrimoine public français est aussi religieux. Alors il fallait bien s'occuper de réaliser un inventaire général du patrimoine culturel (dont cultuel). C'est chose faite pour les soieries des églises gardoises grâce à Josiane Pagnon et son nouveau livre recueil.

Tout part de l'inventaire général du patrimoine culturel, initiative chère à André Malraux. Depuis, les services de l'État ont bien avancé sur la question et la Région Occitanie a récupéré une partie de cette compétence. C'est la raison pour laquelle Josiane Pagnon s'est lancée dans le recensement des soieries des églises du Gard. " Cela fait 25 ans que je fais ça. D'abord dans la Manche mais tout y a été inventorié. Un poste se libérait à Montpellier, j'y suis allée car je me rapprochais du pays de la soie ", explique Josiane Pagnon, rédactrice en chef de Patrimoine du sud.

Les Cévennes et Nîmes. C'est d'ailleurs par Nîmes, en 2012 avec Nîmes en joie, églises en soie, que cette nouvelle aventure débute. " Il ne faut pas oublier que Nîmes a été la deuxième ville soyeuse du royaume après Lyon. Nîmes comptait 2 571 métiers à tisser en 1789 et Beaucaire organisait la plus grande foire de France, c'est à cette occasion que les tissus, même liturgiques, s'échangeaient ", poursuit la spécialiste.

La répartition gardoise des soieries étudiées (Photo Anthony Maurin).

9 500 photos, 2 700 notices... et des années d'un travail de fond à courir d'une église à l'autre avant de réunir la matière dans une troisième pour faire les photos. Il fallait bien choisir et sélectionner celles qui méritaient de figurer dans ce bel ouvrage. Ancienneté, datation certaine, fabrication, originalité, rareté... 550 dossiers sont disponibles gratuitement en ligne sur un site dédié de la Région. En parlant de la Région, sa précieuse photothèque recèle quelque 500 000 clichés patrimoniaux d'Occitanie.

Chasuble blanche avec étoiles à Montaren-et-Saint-Médiers
Chasuble blanche avec étoiles à Montaren-et-Saint-Médiers

" Je suis allée voir 90 % des églises gardoises pendant 3 ans et demi. Celles qui sont ouvertes, accessibles et sans mise en péril pour les visiteurs. Des communes, dans notre département, n'ont pas de lieu de culte car les guerres de religions ont fait pas mal de dégâts... Le tissu le plus ancien est celui de Beaucaire qui remonte au premier quart du XVIIe siècle. C'est finalement assez récent car Vatican II a été appliqué de manière spéciale. Les tenues liturgiques devaient changer alors certaines églises ont jeté les anciens vestiaires au profit des nouveaux. Les plus récents datent des années 1940 ", assure l'auteure.

Dès 1830 et l'avènement du tissage industriel on doit faire la différence entre tissage et broderie. Les brocards, par exemple, sont l'apanage de Lyon. Nîmes préférait réaliser des étoffes légères, en soie (ou partiellement) et avec de petits motifs faciles à modifier. Et Nîmes créa la mode... Sans blague.

La cathédrale Notre Dame et Saint-Castor de Nîmes

Un tisserand ne gagnait pas d'argent quand il montait son métier à tisser, et l'affaire était longue et pénible. Le choix nîmois était celui de l'intelligence industrielle. Le tisserand n'était payé qu'une fois le tissu vendu au mètre. Il en va de même pour les tissus eux-mêmes qui ont souvent eu plusieurs vies. On trouve beaucoup de recyclage, surtout au sortir de la Révolution.

" Autre spécificité locale que l'on ne retrouve que dans deux autres départements français : les draps d'honneur. Ils étaient portés à l'avant du corbillard pour honorer le mort. À Meynes, il en existe un blanc destiné aux enfants ", explique Josiane Pagnon.

Saint-Clément
Saint-Clément.

Pour assurer une bonne qualité visuelle de cet inventaire, il ne fallait pas moins qu'une pointure de la photo, un oeil serein, discret à l'index et au cerveau vif et clairvoyant : Marc Kérignard. " On voit souvent mieux en photo qu'en vrai avec nos yeux... ", affirme Josiane Pagnon. Et le photographe de reprendre, " j'étais le seul photographe du service et il m'a fallu mener plusieurs projets de front. J'avais déjà photographié du cultuel mais jamais autant ! Là, il fallait faire vite et bien, en haute définition et avec pas mal de contraintes... Il me fallait faire ressortir les sculptures du tissu, conserver les formes et garder la vraie colorimétrie ".

Pour Nelly Frontaneau, conseillère régionale, " la Région a financé car nous avons des passionné qui font bien ce travail. L'histoire de la soierie appartient à la région et nous aidons les chercheurs dans leur métier tout en préservant et valorisant le patrimoine. Nous allons certainement continuer l'innovation avec la photothèque. En tout cas, la Région est fière ".

Le drap d'or de l'église Saint-Blaise d'Arre.

Soieries des églises du Gard, Collection « Images du patrimoine », n° 303, 120 pages. 20 euros. Rendez-vous publics, deux conférences à venir. La première le dimanche 30 septembre en Mairie d'Arrigas, à 15h. Seconde date dans la salle de conférence de Villeneuve-les-Avignon, à 15h, le samedi 17 novembre.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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