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TOUSSAINT La vie au service de la mort

Des chrysanthèmes aux abords du cimetière (Photo illustration Anthony Maurin).

À l’occasion de la Toussaint, Objectif Gard a décidé de suivre une société de prestation funéraire lors d'un enterrement. Des métiers difficiles mais d’une importance rare.

Un enterrement n’est jamais une chose que l’on prend à la légère. Pâtissant d’une sale réputation, les services funéraires emploient des hommes et des femmes qui œuvrent au quotidien pour que ces moments de vie ne soient pas un plus mauvais souvenir que de raison.

Début de journée pour l’équipe de 3F Services qui arrive à la morgue pour une levée de corps. En fait, l’équipe se rend systématiquement sur les lieux où le défunt l’attend. La plupart du temps, c’est dans une chambre funéraire car les soins procurés aux morts sont aujourd’hui interdits à domicile. La famille est présente, salue respectueusement son disparu, le cercueil se ferme dans le bruit sourd des sanglots.

À la morgue, le corps est mis en bière et est présenté une dernière fois à ses proches avant son départ vers sa dernière demeure. (Photo illustration Anthony Maurin).

Une fois le départ de la chambre funéraire, le cortège prend la direction du lieu de culte ou file parfois directement vers le lieu de crémation ou d’inhumation. Les cérémonies religieuses sont moins usitées que par le passé, mais il y a toujours un moment de recueillement.

Une vie de services

La première partie du cortège arrive à l’église, prépare les guéridons, met en place les fleurs, les tréteaux, bref, tout ce qui servira à l’office et au confort visuel des familles. Le cortège, avec à sa tête le corbillard, arrive quelques minutes plus tard. Un peu de boue sur les chaussures, inacceptable pour un porteur. Le garçon file de lui-même au camion trouver un torchon et ôter la saleté.

Les qualités à avoir pour être porteur sont la discrétion, le sérieux, la disponibilité et la ponctualité car la mort frappe quand elle le décide et n’a pas vraiment d’emploi du temps préétabli. « Nous sommes de garde 24h/24h, on nous appelle au dernier moment et nous ne connaissons le contenu de notre journée que la veille à 20h. Nous n’avons pas de bureau, les smartphones suffisent aujourd’hui ! On travaille à domicile, tout est numérisé. Avant, on se baladait avec des dossiers très épais… », évoque Fabien, le patron de la société 3F Services.

Le corps est porté, toujours (Photo illustration Anthony Maurin).

Agissant dans quatre départements (30, 84, 13 et 48), la société doit limiter les frais et mutualiser les équipes en pensant aux meilleurs itinéraires. « Quand il faut aller à Langogne, on réduit les coûts, on maîtrise les marges qui ne sont déjà pas grosses, mais tout le monde fait des efforts. Nos clients, les pompes funèbres le savent bien. Il y a 2h30 de route, on peut parfois perdre de l’argent, nous nous arrangeons mais les familles ne paient évidemment pas de surplus » poursuit Fabien.

Qualité, rapidité, solennité

À Nîmes, spécificité locale, un caveau doit être ouvert, vérifié et nettoyé 24h avant une inhumation. « On cache les cercueils ouverts par le temps, on regarde si la concession n’est pas inondée, on range. On essaie de ménager les familles mais nous ne mentons pas. Nous voulons simplement qu’elle s’occupe de son défunt du jour », explique Fabien.

Les outils sont nombreux mais la discrétion est de mise (Photo illustration Anthony Maurin).

Entre l’église et le cimetière, comme le temps n’est pas extensible mais qu’il faut que le caveau soit prêt à accueillir le mort, on gagne du temps comme on peut. « On demande aux familles d’accepter les condoléances des personnes présentes. Ça nous donne le temps d’ouvrir le caveau et de préparer la cérémonie ».

Une fois le mort bien en place dans sa dernière demeure, on referme la sépulture après l’accord de la famille. Souvent mise à l’écart pendant ce moment difficile à accepter, elle ne voit pas les mains s’activer en coulisse. Les fleurs sont mises en place, et voilà, c’est fini. Pas tout à fait, ça va aussi se finir à McDo… Et oui, quand on vous dit que le temps n’est pas extensible, c’est le cas aussi pour la pause méridienne avant d’enchaîner une autre cérémonie.

Tout est prêt pour la cérémonie et l'inhumation (Photo illustration Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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