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GRAU-DU-ROI « Les jolies colonies de vacances » par Gabriel Attal

Le secrétaire d'État à la Jeunesse lance l'opération "à nous les colos" à l'UCPA.

Rencontre de Gabriel Attal avec des Kite surfer de retour de stage vers l'UCPA, on parle surf et colonie de vacances (photo Véronique Camplan)

Hier après-midi, Gabriel Attal, secrétaire d'État à l'éducation et à la jeunesse, était en visite à l'UCPA au Grau-du-Roi. Le but : lancer une campagne de promotion des colonies de vacances. Ils étaient plus de quatre millions à aller en colo dans les années 60, en 2018, ils n'y a plus que 900 000 enfants à partir. Un chiffre que le ministre de l’Éducation et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer et son secrétaire d'État aimeraient voir repartir à la hausse.

Tout commence par un constat. Les colonies de vacances séduisent de moins en moins malgré des campagnes lancées chaque année. Le Ministère a décidé de renverser la tendance.

À la rencontre des colos

Grand soleil et promenade à la rencontre des enfants, Françoise Dumas à gauche du ministre, Robert Crauste, maire du Grau-du-Roi et François Lalanne, sous-préfet forment le peloton de tête (photo Véronique Camplan)

La visite commence par une promenade en groupe le long du quai. Le ministre, accompagné de François Lalanne, secrétaire général de la Préfecture du Gard, de Françoise Dumas, députée LREM, d'Alain Christnacht, président de l'UCPA, de Robert Crauste, maire du Grau-du-Roi, de représentants de l'Unat Occitanie (Union des associations de tourisme et de plein air), pour la promotion du tourisme social et solidaire, des Pep (Pupilles de l'école publique), et de diverses acteurs sociaux ou associatifs. Ajoutons à cela l'habituelle cohorte de journalistes, la présence des forces de l'ordre et remarquons l'absence des représentants du Département et de la Région.

Tous les présents s'acheminent donc vers le bassin aménagé par la Ville, où les débutants en planche à voile s'entraînent en toute sécurité grâce à un enrochement qui protège de la houle et un bord de mer peu profond. En attendant les jeunes qui sont tous dans l'eau, Gabriel Attal pose les bases sur le ton de la conversation badine. "On lance cette campagne maintenant parce que c'est la période où les parents s'interrogent et font leurs choix pour les vacances d'été."

"La colo c'est chouette, on fait des batailles de polochons"

(photo Véronique Camplan)

Les enfants reviennent vers le bord pour s'entretenir avec le ministre. Les plus jeunes n'ont pas la langue dans leur poche et sont intarissables sur les bonheurs de la colo. "On fait des batailles de polochons". "Quand on a 14 ans, on peut sortir un peu le soir, "les règles changent", "c'est plus cool qu'à la maison". Autant d'eau (salée) apportée au moulin d'un ministre qui vient faire la promotion du dispositif. Gabriel Attal, plus jeune ministre de la Ve République n'a pas 30 ans et un naturel qui désacralise la fonction, ce qui met très vite les enfants à l'aise. Il avoue préférer le catamaran du sport à la planche à voile et évoque ses souvenirs de colo. "Quand j'étais jeune, je suis allé en colo sous tente, et un soir, il y a eu un véritable déluge et nous avons dû nous débrouiller. Sur le moment c'était dur mais c'est devenu un souvenir magnifique." Une anecdote qui a sa place dans l'argumentaire.

Sur le chemin du retour vers l'UCPA, on passe aux choses sérieuses. "Pour moi, la colo permet aux jeunes de vivre un peu en dehors de leur famille, c'est une façon de s'émanciper, de grandir, d'avoir moins peur de la mobilité, une crainte qui est un frein à l'emploi." Si on prend des raccourcis, on pourrait presque conclure que les colonies de vacances sont le chemin le plus sûr vers le travail.

On croise les Kite surfer, ils ont de 9 à 17 ans et sont accompagnés de jeunes majeurs qui passent leur Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur). Les plus âgés sont plus coincés. Mais tous sont positifs et c'est ce qui importe pour une promo réussie. On retiendra "on mange des trucs bons", et "c'est chouette".

La colo c'est pas ringard

Visite Attal UCPA (photo Véronique Camplan)

Puis vient l'heure de la conférence de presse. Si c'est aussi génial la colo alors pourquoi sont-elles de moins en moins fréquentées ? Les raisons sont multiples. On commence par le déficit d'images. Les colos c'est ringard et c'est peu sûr. La campagne doit y remédier "Elle s’appuie sur un certain nombre de visuels autour de trois idées : les colos sont des vacances pour s’amuser, pour découvrir et pour grandir," explique le ministre, qui développe, "plusieurs de ces visuels ont été réalisés par des jeunes eux-mêmes. Il y a également des clips vidéo et l’achat d’espaces sur le numérique et dans la presse." Pour les réfractaires au 2.O un guide est édité et sera distribué par les enseignants dans la "mallette des parents".

"À nous les colos"

Visuel campagne (photo DR)

Il s'agit de convaincre que les établissements qui reçoivent des enfants sont aujourd'hui des lieux de loisirs modernes où l'on développe des projets autour de notions comme le développement durable, où les animations tirent vers le haut et où l'on apprend la vie en société, le tout encadré par des personnels compétents et inspectés jusqu'aux tréfonds de leur casier judiciaire. On passe sur l'intervention d'un inspecteur qui, sans dénigrer le process, demande "plus d'effectifs, plus de terrain et moins d'administratif…" Vient ensuite la question de la complexité des accès aux dispositifs d'aides, au choix des établissements. La solution est dans le guide.

Reste que 3 millions d'enfants en France ne partent pas en vacances faute de moyens. "Pour cela, nous allons rappeler les dispositifs mis en place pour aider aux départs. Des aides financières, notamment via les Caf, avec l'AVF (aide aux vacances familles), qui épaule chaque année 65.000 enfants. Il y a aussi les chèques-vacances proposés par certains employeurs. Ils sont de plus en plus utilisés, puisque le montant attribué par ces chèques-vacances aux colonies de vacances a plus que doublé entre 2017 et 2018. Sans compter d’autres dispositifs portés par des Centres communaux d’action sociale (CCAS), des communes, des conseils départementaux et certaines mutuelles, comme la Mutualité sociale agricole. Et les associations comme le Secours populaire ou encore La Jeunesse en plein air", égrène Gabriel Attal.

Vive les vacances ! Pour tous ?

Photo de groupe avec pour consigne de "vive les vacances", sourire de rigueur (photo Véronique Camplan)

Oui, mais lorsque l'on sait qu'une semaine coûte 550 euros en moyenne par enfant, les colonies de vacances ne sont pas accessibles à tout le monde. Les familles très modestes bénéficient de dispositifs d'aides efficaces, l'Unat Occitanie permettra, par exemple, à 100 enfants de venir cette année à L'UCPA et en tout à presque 1000 jeunes d'Occitanie de partir en premières vacances pour 65€ de participation des familles. Mais il y a ceux, et ils sont nombreux, dont les parents ne rentrent pas dans la case "aide" et n'ont pas pour autant les moyens d'offrir de séjour à leurs enfants. Une réalité qui a été "mise en avant par les gilets jaunes", comme le fait remarquer un Gabriel Attal réaliste. Le ministre affirme "travailler sur la question de l'accès aux colonies de vacances pour les classes moyennes dont les parents sont au Smic."

Un plan d'aide annoncé à l'automne

Bon c'est raté pour cette année, mais Gabriel Attal s'engage pour la rentrée. "Pascale Fontenel-Personne qui  s’est vue confier une mission par le Premier ministre sur la question du tourisme souhaite proposer des mesures de soutien aux départs en colonies de vacances. Pour elle, c’est aussi un moyen de dynamiser les territoires, de faire découvrir la mobilité à des jeunes. Et souvent, des jeunes qui sont partis en colo, une fois adultes, ont pris l’habitude de se déplacer en France, ce qui soutient le tourisme. La députée remettra son rapport le 10 septembre, et je vais de mon côté réunir les acteurs du secteur dans les prochaines semaines. À priori, nous serons en mesure de présenter un plan à l’automne".

Une volonté affirmée du Gouvernement qui croit aux bienfaits des colonies de vacances mais des mesures concrètes d'aides qu'il faudra attendre à l'automne.

Pour retrouver la campagne et le guide : jeunes.gouv.fr/colo. 

Véronique Palomar Camplan

 

 

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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