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FAIT DU JOUR Phare de l’Espiguette : une lumière dans la nuit

Momument historique, ce phare va être rénové et ouvert aux visiteurs en 2021.

Phare de l'espiguette dont la tour qui se dresse à 27 mètres au-dessus du sol est coiffée de noir pour être un "amer remarquable", c'est-à-dire , que l'on voit de loin même en plein jour (photo Véronique Camplan)

Le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste et Hubert Dejean De La Batie, président du Conservatoire du Littoral, ont convié la presse ainsi que des représentants des collectivités et syndicats mixtes à une visite du phare accompagnée d'une présentation de son programme de rénovation, qui va entrer en phase opérationnelle et dont l'achèvement est prévu à la moitié de l'année 2021, date à laquelle il sera ouvert au public.

Une opération pilotée par le Conservatoire du Littoral

Hubert Dejean De La Batie (pantalon orange), entouré (à gauche) de Jean Denat en sa qualité de conseiller régional et président de la commission de la mer,  à droite son adjoint et de Robert Crauste , maire du Grau-du-Roi,  Léopold  Rosso à l'extrême gauche, en sa qualité de président du syndicat mixte de Camargue gardoise, enfin en uniforme, les hommes du pôle environnement de la mairie (photo Véronique Camplan)

Le préfet vient d'affecter, le Phare de l'Espiguette au Conservatoire du Littoral chargeant ce dernier de définir les conditions de réalisation d'un programme de restauration et d'ouverture au public de ce monument jusque là seulement entretenu par le service de Phares et Balises qui continuera à en assurer l'allumage. Le Conservatoire du Littoral s'est donc engagé dans des diagnostics préalables depuis 2015 alors que la Région et la commune du Grau-du-Roi s'intéressaient elles aussi au projet. La phase de programmation étant achevée, le Conservatoire vient de confier la réalisation de ce programme, définit en concertation avec  tous les services de l'État et des collectivités, à la commune du Grau-du-Roi. Le budget estimé est de 2,4M€ financé pour 1M€ par le Conservatoire du Littoral, le reste étant réparti entre l'Europe, l'État, la Région Occitanie, le Département du Gard, la communauté de communes Terre de Camargue et la commune du Grau-du-Roi.

Une lumière dans la nuit …

L phare est souvent une prote ouverte sur le rêve, de façon plus pragmatique , on peut se réjouir de savoir, que tous les phare du monde sont équipés de lentilles de fresnel, du nom de son inventeur, français. Un système qui permet de concentrer la lumière en rayon à longue portée (photo Véronique Camplan)

Le phare de l'Espiguette a été construit en 1869. Initialement il se trouvait à 150 m du rivage. De nos jours il en est éloigné de presque deux kilomètres, suite à l'engraissement de la côte par le sable déposé par les courants.   Néanmoins, son feu blanc à trois éclats éclairant à 15s d'intervalle, guide toujours les bateaux dans la nuit. Sa lumière est visible à environ 45 km ( 24 miles marin) depuis la mer.

Monter en haut de la tour, c'est prendre la mesure de la magie du lieu …

Personne n'a pensé à compter les marches trop occupés que nous étions à prendre la mesure des lieux (photo Véronique Camplan)

Le phare de l'Espiguette a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 9 octobre 2012. Pour mieux comprendre l'intérêt historique du bâtiment il est intéressant de faire un petit tour du côté des archives et de remonter à sa construction pour le moins mouvementée.

 Le 14 avril 1860, la commission des phares prescrit son établissement à la pointe de l'Espiguette. Décision approuvée par le ministre le 1er juin 1860. L'auteur du phare de l'Espiguette est Lenthéric "ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussés" à Nîmes. L'adjudication a lieu le 13 juillet 1865, la dépense prévue est 133 000 francs. L'entrepreneur est Charles Dupuy d'Aigues-Mortes.

De l'eau, du sable... et des problèmes

Vu d'en haut de la tour, on ne voit rien venir, peut-être présentons la mer qui s'éloigne doucement (photo Véronique Camplan)

Les conditions du chantier sont extrêmement difficiles et les déboires de Dupuy avec le service font l'objet de nombreux documents conservés aux archives. Un rapport de 1866 signale que le chemin de fer long de 8 km, que l'entrepreneur s'était engagé à établir sur la plage pour l'acheminement des matériaux, n'est pas construit en raison des difficultés liées à l'ensablement ou à l'inondation selon les saisons de la pointe de l'Espiguette. Finalement Dupuy, fait venir les matériaux par une gabarre (bateau à fond plat), tirée par des chevaux. Pendant ce temps, le service est obligé d'acheter une yole (bateau à voile) pour assurer la surveillance des travaux. Le 4 août 1868, l'ingénieur Lenthéric signale que "des maladies occasionnées par l'excessive chaleur et surtout par le manque d'eau douce sur la pointe de l'Espiguette ont complètement désorganisé le chantier du phare pendant la majeure partie de la campagne actuelle ". 25 ouvriers sont nécessaires dont 12 tailleurs de pierre. À l'issue des travaux, Dupuy fera appel à l'administration pour dédommagements des difficultés du chantier, jusqu'en 1874 date à laquelle il obtiendra une faible indemnité.

Une construction à la Française

Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments historiques aux côtés de Robert Crauste (photo Véronique Camplan)

Le phare est allumé le 1er janvier 1869. Thierry Algrin, architecte en chef des Monuments historiques, présent lors de la visite, nous apprend que ce phare est d'une construction non pas méditerranéenne mais dite à la Française. "C'est une commande d'État", nous apprend-t-il, "qui impose la construction sur le modèle des châteaux forts. Un symbole du pouvoir de l'État forteresse qui vielle sur ses rivages."

Vue sur la cour d'honneur, véritable entrée du bâtiment et les logements des ingénieurs aujourd'hui désaffectés (photo Véronique Camplan)

Comme dans un château, on y entre dans une cour d'honneur, qui donne sur les logis (logement des ingénieurs lors de leur visites de contrôle et du personnel du phare de part et d'autre de la cour d'honneur) et de l'autre côté sur les communs  et les jardins, la tour figurant le donjon. Le tout à l'échelle d'un phare c'est à dire une base de 350 m2 au sol et une tour de 27 mètres de hauteur. Thierry Algrin précise que dans le programme de rénovation est prévu la construction d'un chemin piéton destiné à canaliser visiteurs et vacanciers de manière à protéger l'environnement soumis à rude épreuve par un passage dévastateur en période estivale. Et de conclure, "Ironie du sort, aujourd'hui c'est nous qui protégeons la forteresse …"

L'info en + Le phare de l'Espiguette sera avec celui du Cap Béar (à la frontière franco espagnole), les deux seuls que l'on pourra visiter en Méditerranée.

Véronique Palomar Camplan

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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