En 2025, le lycée Alphonse-Daudet a organisé une soirée pour célébrer les 50 ans de la création de la section foot-études de son établissement, qui a disparu en 2006. En plus de 30 ans, cette section a recruté 290 élèves, 26 d'entre eux ont signé un contrat professionnel en tant que footballeurs et 237 ont obtenu le baccalauréat (82 %). Deux ont été arbitres de Ligue 1 de football, dont un international UEFA. Une formation reconnue dans le monde du football qui travaillait en étroite collaboration avec Nîmes Olympique, auréolée de deux titres de champion de France scolaire (1977 et 1991) et de deux participations à la coupe du monde. "On était le couloir qui permettait au centre de formation de recruter des joueurs sur un plateau", rappelle Jean-Pierre Oziol, président pendant 30 ans de la section, avant que le centre de La Bastide ne soit privilégié et vienne effacer le foot études de Daudet.
Pendant ces trois décennies, c'est toute une équipe d'éducateurs qui a formé ces jeunes au métier de footballeur. "Je disais toujours aux parents que devenir footballeur professionnel c'est plus difficile que d'entrer à Polytechnique", souligne Jean-Pierre Oziol. Autour de lui, ils sont une vingtaine à se retrouver depuis 18 ans, toujours au même endroit chez Jean-Marc Soulas, qui a œuvré à la section mais est connu aussi pour son rôle de directeur des arènes puis de conseiller municipal à Nîmes. Certains arrivent encore à se tromper d'adresse, de quoi donner du grain à moudre pour se faire charrier. Si Pierre Barlaguet et Henri Noël ne sont plus là aujourd'hui, cette joyeuse bande est toujours heureuse de se retrouver en compagnie de Raymond, qui a célébré ses 90 ans, Wilfrid Lacas, Patrick Champ, Jean-Pierre Vaillant ou encore Frédéric Alcaraz et Éric Fargier, entré comme élève en 1981.
"Nous avons retrouvé les valeurs de Nîmes Olympique"
Un jury de professionnels et une sélection rigoureuse des profils. "Moi tu m'as dégagé alors je suis devenu arbitre", rappelle en plaisantant Nicolas Rainville. L'occasion d'évoquer à nouveau de bons souvenirs mais aussi d'agrandir le cercle en accueillant des nouveaux. Patrice Beaumelle, natif de Jonquières-Saint-Vincent, à la recherche d'un nouveau projet en Europe après une courte expérience en Tunisie. Double vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations en tant qu'adjoint d'Hervé Renard, il est un symbole de la formation à la nîmoise à l'image de Johnny Ecker. L'ancien défenseur, passé notamment par l'OM, se consacre aujourd'hui à la formation à Beaucaire et devrait prendre en charge celle de Nîmes en 2027. Des anciens qui ont aussi souhaité inviter Mickaël Gas, l'entraîneur des Crocos écarté après avoir fini deuxième lors de cette saison de N2.
"Tu nous as fait vivre une saison extraordinaire où nous avons retrouvé les valeurs de Nîmes Olympique et le plaisir de voir l'équipe gagner dans une ambiance chaleureuse et un stade plein, mais avec une fin digne d'un mauvais roman, c'est incompréhensible", souligne Jean-Pierre Oziol. Ce druide du foot, président pendant 30 ans de la section foot, n'a pas hésité à prodiguer des conseils précieux au jeune technicien de 33 ans : "Il faut que tu rebondisses, deviens ce que tu es : un grand entraîneur. Mickaël doit devenir entraîneur de haut niveau." Une relève forcément à l'écoute et ravie de continuer à porter cet héritage d'une formation locale qui a fait ses preuves en permettant à des footballeurs de côtoyer le haut niveau lorsque Nîmes jouait en D1 ou en D2.
Nostalgiques, ces amoureux du ballon rond et du NO déplorent encore la fermeture du centre de formation à la Bastide en 2021 et espèrent qu'il rouvrira dans quelques années. En tout cas eux, ils vont continuer à célébrer leurs retrouvailles chaque année : "L'amitié ne s'oublie jamais, dans deux ans il faudra marquer le coup !", conclut Jean-Marc Soulas.