Faits Divers
Publié il y a 5 jours - Mise à jour le 23.11.2022 - Boris De la Cruz - 2 min  - vu 3403 fois

AU PALAIS "Une femme doit faire le ménage, le repas et plaisir à son mari", estime un mari violent

Le palais de justice de Nîmes a jugé une affaire de calvaire conjugal

Photo DR/ Palais Justice

L'époux a fait subir un calvaire à son épouse pendant cinq ans. Il a été condamné à cinq ans de prison et incarcéré.

À l'entendre s'exprimer depuis le box des prévenus du tribunal correctionnel de Nîmes, il ne paraît pas vraiment se rendre compte des faits, des violences endurées par son épouse, même s'il esquisse quelques pardons. Ce trentenaire, sous bracelet électronique depuis une précédente condamnation, comparaîssait ce mardi pour des "violences habituelles" sur la mère de ses enfants. "Des faits graves, très graves monsieur", note d'emblée le président Jérôme Reynes en résumant le dossier. 

Il jette sa femme nue dans la rue

C'est dans la nuit du 25 octobre dernier, à 3h40 du matin, que des habitants d'un quartier nîmois alertent la police. Ils entendent "une femme hurler et pleurer". "Un voisin souligne en procédure qu'une femme est totalement nue dans la rue, puis qu'un homme vient la chercher pour la faire rentrer dans un domicile en lui tirant les cheveux", indique le président.

Cette femme va parvenir à raconter sa vie aux enquêteurs en affirmant être brimée depuis cinq ans. Elle ne pourrait sortir de chez elle que pour faire des courses et encore rapidement car son mari est jaloux. Ce soir-là, l'homme est imbibé d'alcool : il boit près de cinq litres de vin par jour ! Ainsi que des bières "pour faire passer le tout", raconte le magistrat.

Cet homme monte alors en pression tout seul et sa femme, hélas habituée, se poste à l'autre bout du canapé pour éviter d'être une nouvelle fois prise pour cible. Le mari lui ordonne de préparer le repas, puis de le servir. Mécontent, il frappe d'un coup de fourchette la tête de son épouse, alors que les trois enfants du couple, âgés de 2 ans à 11 ans sont dans une pièce voisine.

Pour calmer ce dernier, elle va jusqu'à lui proposer des relations sexuelles, mais rien n'y fait et, insatisfait, il "la jette dans la rue, alors qu'elle est nue", révèle maître Elsa Longeron. "C'est dramatique qu'une femme s'inflige un rapport sexuel plutôt que de se faire violenter physiquement. Et les violences se déroulent souvent devant les enfants... Ils pleurent, crient, se recroquevillent, et se collent à leur maman", ajoute le conseil de l'épouse. Cette dernière n'a pas eu la force de venir à l'audience. 

Ces faits de violences sont corroborés par des voisins qui entendent le supplice régulier de la victime à travers les murs. En garde à vue, l'accusé donnera sa vision très personnelle de la femme aux policiers : "Une femme doit faire le ménage, le repas et plaisir à son mari !"

Il reconnaît les faits

"Il reconnait les actes à la barre et en garde à vue, même s'il essaie de les minimiser", intervient la procureure Cécile David.

Difficile dossier pour l'avocat de la défense qui plaide "que dans ce dossier le drame est l'alcool et cette vie sous l'emprise de la boisson". Maître Camille Alliez poursuit : "Il regrette et n'a jamais cherché à cacher sa responsabilité. Il aurait aimé lui dire pardon aujourd'hui m'a-t-il dit les larmes aux yeux. Enfant, il a été témoin de violences physiques et sexuelles de la part de son père sur sa mère.

Il sera condamné au-delà des réquisitions à 5 ans de prison dont 4 ans de prison ferme, une peine accompagnée d'un maintien en détention   

Boris De la Cruz

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