Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 15.04.2024 - Boris De la Cruz - 2 min  - vu 1443 fois

JUSTICE Frappée et mordue par son compagnon: " j'ai pensé à me suicider, je ne savais pas comment m'en sortir".

Le tribunal correctionnel de Nîmes a entendu les propos forts d'une jeune femme victime de violences régulières de son compagnon. 

" J'étais un animal en cage, j'étais enfermée chez moi, je ne pouvais pas sortir, totalement coupée de ma famille", souligne en pleurs une jeune femme, âgée de 20 ans qui témoigne à la barre du tribunal corectionnel. Elle respire quelques secondes et reprend son calvaire... " Lorsqu'il m'a frappée la première fois je pensais que se serait la dernière, mais ensuite les coups ont continué de façon régulière. J'ai pensé à me suicider, je ne savais pas comment m'en sortir", raconte-t-elle sans regarder le box des prévenus où comparaissait il y a quelques jours son compagnon... Ce dernier fixe la victime et nie totalement les faits. "Mais vous avez changé plusieurs fois de versions, est-ce que vous niez toujours les faits", demande la présidente du tribunal correctionnel de Nîmes? " Oui je nie, je pouvais lui dire par exemple :  tu ne sais pas faire à manger, mais rien de plus", affirme le jeune adulte.

" Nous parlons de violences importantes monsieur, les photos dans le dossier sont impressionnantes, il y a des traces de coups de la tête aux orteils, des morsures dans le dos, des hématomes sur l'ensemble du corps", complète la juge. " C'est peut-être les boules de neige", ose le jeune prévenu qui est jugé pour "violences sur conjoint" et "faux document administratif", puisqu'il avait sur lui de faux documents d'identité signalant qu'il était belge alors qu'il est algérien.

Elle s'enregistre pour prouver à son compagnon qu'elle ne dit pas bonjour aux hommes 

Une victime qui s'enregistrait pendant des heures lorsqu'elle était au travail pour prouver à son compagnon qu'elle ne parlait à personne et "que je ne disais pas bonjour à un homme". C'est d'ailleurs une collègue de travail qui a incité la jeune femme à déposer plainte en la voyant arriver avec des hématomes au visage.  

"Donc vous étiez loger, blanchi et nourri par madame qui en plus elle recevait des coups", résume la présidente d'audience à l'adresse de ce prévenu en situation irrégulière sur la territoire national et avec une obligation de quitter le territoire. 

"Elle a 20 ans au moment où elle le rencontre. C'est la première fois qu'elle s'installe avec quelqu'un et elle pense que celà va être magique mais très rapidement elle va faire face à une autre réalité", plaide maître Ludivine Gloriès. "Puis il y a une lèvre qui se fend, ensuite les coups deviennent plus réguliers" poursuit l'avocate nîmoise. 

" Nous avons des explications lunaires et fantaisistes pour cet homme, par contre pour madame ses propos sont corroborés par un certificat médical", complète la substitut du procureur qui réclame 30 mois de prison ferme et un mandat de dépôt, avec une interdiction de territoire pendant 5 ans. 

"Il n'a aucun antécédent judicaire, pas de casier judiciaire et le parquet réclame quasiment la peine maximale", tonne maître Stéphane Aubert pour le mis en cause.

Un prévenu finalement condamné à 12 mois de prison ferme avec un mandat de dépôt, l'interdiction de rentrer en contact avec la victime pendant 5 ans et une interdiction judiciaire du territoire national pendant 5 ans.  

Boris De la Cruz

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