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REPORTAGE À NÎMES : LES PRÉPARATIFS DU REPAS DE NOËL DU PASTEUR POUJOL

Le pasteur Jean-Louis Poujol. Photo DR/S.Ma

En ce samedi 24 décembre, à  quelques heures du réveillon de Noël, la salle de réception du complexe sportif de Nîmes, Les Costières, s'est transformée en véritable fourmilière. En tout, ce sont 200 bénévoles qui se relaient de 14 heures à minuit pour offrir aux personnes "démunies financièrement et affectivement", un Noël majestueux. Parmi eux, un homme, le chef de troupe au grand cœur, le pasteur Jean-Louis Poujol. C'est lui qui, en 1992, a eu cette idée pleine de bons sentiments, d'organiser un repas de Noël (gratuit) pour les personnes dans le besoin.

"J'avais alors 44 ans. Et un soir en me baladant dans les rues de Nîmes, mon regard s'est arrêté sur ces gens qui étaient dehors, seuls, parfois sans un sous et je me suis dit : "Il faut que tu fasses quelque chose pour eux." Et quoi de plus beau que de leur offrir un repas de Noël, un moment de partage chaleureux et convivial. J'en ai parlé à ma paroisse, qui m'a tout de suite soutenu." Ce repas de Noël là s'était passé sous un chapiteau installé sur la place Séverine à Nîmes, et avait accueilli 200 personnes. Deux ans plus tard, Alain Clary alors maire de Nîmes (1995-2001) proposera au pasteur, poussée par l'enthousiasme de la conseillère municipale Sylvette Fayet-Francou, d'organiser "son réveillon de Noël" dans les arènes de Nîmes. En 2005, nouveau déménagement, cette fois dans la salle de réception du stade des Costières.

Alors c'est sûr, le charme des Arènes manque un peu au pasteur Poujol, "et puis, c'était en centre-ville, c'était plus pratique car plus accessible. Mais ce n'est pas grave, nous sommes bien ici." Trêve de bavardages, il est 15 heures, et le travail ne fait que commencer. Car le bloc de béton doit se transformer avant 20 heures en une jolie salle à la fois cosy et festive. Les dizaines et dizaines de tables sont placées mais il faut encore les décorer. Les 700 chaises viennent tout juste d'être installées "pas trop proches les unes des autres. Les gens doivent pouvoir être à l'aise pour manger", indique Jean-Louis Poujol. Il faut encore décorer le sapin, finir d'installer la scène où les musiciens vont se produire ce soir. Le coin enfant est fin prêt, avec les jouets et les livres. Mais les lumières ne sont pas encore placées, les murs attendent les décorations et côté cuisine c'est aussi la course.

"C'est un peu le stress, mais tout devrait être terminé à temps. Il faut que tout soit parfait, que les gens se sentent comme chez eux, c'est le plus important", confie le pasteur avec un large sourire, impatient de voir arriver ses hôtes. Combien seront-ils ? Comme chaque année, c'est la grande surprise. En 2010, 600 personnes s'étaient assises à la table de Jean-Louis Poujol et de ses bénévoles, ceux qui veulent rester en tout cas. "Cette année, nous avons prévu à manger pour 700. Si on est plus, on improvisera. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne fermerai la porte à personne. Les SDF, les mamans avec leurs enfants -- qui auront des cadeaux -- les personnes sans familles, tout le monde est invité."

Et qu'on se le dise, le pasteur Poujol, 63 ans, compte bien organiser ce repas encore une vingtaine d'années.

Paroles de bénévoles

Jean-Luc prépare les tables. Photo DR/S.Ma

Jean-Luc, 61 ans, Nîmois : "Je ne connaissais pas ce repas avant de lire un article à ce sujet dans la presse. Je suis moi-même seul pour les Fêtes, ma famille étant loin et je me suis dis "pourquoi pas". Donner de son temps à des personnes démunies, quelle meilleure façon pour fêter Noël, affirme le Nîmois de 61 ans. Et puis, j'ai rencontré le pasteur qui m'a fasciné par sa présence et son tempérament très enjoué. Alors je me suis décidé, et me voilà à préparer les tables pour ce soir."

Chantal installe les chaises. Photo DR/S.ma

Chantal, 53 ans, Nîmoise : "Pour ma part, ça fait plusieurs années que je participe à ce réveillon. La première fois que je suis venue, ce n'était pas en tant que bénévole mais en tant que personne accueillie. J'étais seule, non pas parce que je n'avais pas de famille, mais parce que je ne voulais pas forcément fêter Noël avec elle. Et c'est parfois le cas pour d'autres personnes. Ici, il y a une bonne ambiance, tout le monde se parle, personne ne se juge, c'est vraiment un beau réveillon."

Michelle s'ocupe de la décoration du sapin de Noël. Photo DR/S.Ma

Michelle, 64 ans, Moussacoise : "Lorsque j'ai été à la retraite, j'ai tout de suite cherché une association à laquelle proposer mes services. J'attendais l'opportunité d'offrir un peu de mon temps à des personnes qui en aurait eu besoin et elle s'est présentée, dans le journal, lorsque j'ai trouvé un article qui traitait de ce repas de Noël organisé par le pasteur Poujol. Je suis contente de le faire même si je ne verrai pas les invités ce soir car je fête Noël avec mes enfants. Malgré tout je voulais faire partie des bénévoles pour préparer cette soirée et j'espère que les personnes qui viendront, l'apprécieront. Je m'excuse, je vous laisse, je dois finir de décorer le sapin."

Les préparatifs en images

 

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