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DISPARITION DE CHLOÉ Le point sur l’enquête : son père, ses amis et son téléphone portable

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72 heures sans nouvelles de Chloé. A mesure que les heures défilent, l’inquiétude grandit. A Barjac, ce lundi comme les deux jours précédents, l’heure est à la mobilisation. Mais, cette fois, les recherches sont très organisées et encadrées par les gendarmes. Sur un parking à l’entrée de la ville, que les habitants ont surnommé « le QG », les militaires, cartes de la région en main, donnent les directives à la centaine d’habitants venus aider aux recherches. A l’aide d’un fluo jaune, ils délimitent sur une carte la zone à inspecter. Un groupe d’une dizaine d’habitants part aussitôt dans les champs, explore les talus, fouille dans les buissons, scrute le moindre lopin de terre suspect. Les gendarmes, dans une autre zone, font le même travail. Vers 15h30, le Colonel Poty fait un premier point : « Pour le moment, on n’a rien trouvé de particulier. C’est ce qui m’inquiète. On a 110 gendarmes qui sont mobilisés mais aucun début de piste, aucun indice. On ne ferme aucune piste ». Quand on l’interroge sur le téléphone que Chloé avait sur elle au moment de sa disparition, le Colonel confirme que le dernier point relais où son téléphone a émis un signal a été localisé par les enquêteurs. On n’en saura pas plus sur la localisation. En revanche, il apparaîtrait que son téléphone n’a pas déclenché d’autres bornes depuis.

Les habitants de Barjac étudient la carte que les gendarmes leur ont remis avant de se lancer dans les recherches

A quelques mètres du « QG », le père de Chloé, Jésus, sort du supermarché tenu par sa femme. Le visage marqué, il accepte de dire quelques mots : « Les gendarmes ont ratissé, prospecté la maison. Je tiens à souligner leur professionnalisme. Mais je n’en sais pas plus sur l’enquête, si une piste plus qu’une autre est privilégiée ». Quand on lui demande de nous parler de Chloé, il confie : « Je souhaite à tout le monde d’avoir une enfant comme elle. C’est une fille réservée, sans problème. Tous les ados ont leurs secrets mais avec nous, tout allait très bien ».

Le lycée Bellevue d'Alès où Chloé étudie

Et justement, les secrets d’ado ne seraient-ils pas liés à la disparition de Chloé ? Comment expliquer ce message sur Facebook écrit par Chloé la veille de sa disparition ? (lire notre article) Comment ne pas s’interroger sur ce dernier texto – reçu et lu – par Chloé, vendredi à 18 heures ? (Lire l’interview de sa mère) Pour le savoir, nous nous sommes rendus au lycée Bellevue d’Alès où Chloé étudie en classe de seconde E. Ce lundi midi, c’est le premier jour de cours depuis la fin des vacances. Devant l’établissement, le nom de Chloé est sur toutes les bouches : « C’est vrai qu’on en parle beaucoup depuis ce matin », confirme un élève de troisième. Mais quand on cherche à rencontrer ses camarades de classe, c’est motus et bouche cousue. « On nous a demandé de ne pas parler aux journalistes », déclare une jeune étudiante, regardant derrière elle en direction de la voiture des gendarmes stationnée à l’intérieur du lycée. En espérant que ce silence paie et qu’il permettra aux gendarmes de retrouver Chloé saine et sauve. Pour apaiser tout un village, tout un département qui vit dans l’attente et l’inquiétude.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

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