Culture

FAIT DU JOUR Triplettes de Belleville : les dessous du départ de Sylvain Chomet

Mme Souza, jamais sans son chien. DR
Une équipe de comédiens sous pression. DR

Début octobre, le Cratère d'Alès présentait en avant-première Les Triplettes de Belleville Go Ouest sur fond de divorce entre le metteur en scène et la production du spectacle. Retour sur un feuilleton qui pourrait se terminer devant la justice.

En 2013, Sylvain Chomet, réalisateur du film d'animation "Les Triplettes de Belleville" nominé aux Oscars en 2004, annonce une suite à son chef d'oeuvre sous forme de comédie musicale. Un prolongement humain des sœurs déjantées sur scène. Pour la production, le cévenol de cœur choisit Laurent Ournac, qu'il rencontre grâce au responsable de la grotte de la Cocalière. Sylvain Chomet, qui vient plutôt du monde du cinéma, souhaite assurer lui-même la mise en scène du spectacle qu'il créera au Cratère d'Alès. Le projet va alors bon train et suscite le plus grand intérêt de la part du public qui aime l'univers Chomet et ses mystères.

Cependant, le jour de la première du spectacle, le 3 octobre à Alès, le public découvre que Sylvain Chomet a retiré son nom de tous les supports de communication. Le seul metteur en scène est désormais Julien Baptist, qui était seulement assistant au départ, et le titre du spectacle est amputé de son essence. Il devient uniquement Go Ouest. Le résultat n'aurait-il pas été à la hauteur des espérances du créateur des triplettes? Même si l'oeuvre finale laisse une part du public sceptique, la majorité est ravie et les trois représentations font salle comble. A Martigues également, il y a quelques jours, l'accueil a été très positif.

Sylvain Chomet. DR
Sylvain Chomet. DR

Sylvain Chomet se serait senti trahi

Mais Sylvain Chomet aurait voulu donner une autre dimension à son spectacle, notamment sur les décors et l'interprétation. Comme le producteur, il souhaitait chapeauter l'oeuvre qu'il avait imaginé. "Ils n'avaient pas la même vision", observe la direction du Cratère, qui a tenté de jouer les médiateurs sans succès. Les petits conflits se transforment en scission, et le réalisateur claque la porte sans réclamer son dû.

Sylvain Chomet n'a assisté à aucune représentation. Selon une source proche de l'auteur, ce dernier se sentirait trahi. Il estimerait que la production ne lui pas donné les moyens de mettre en scène le spectacle tel qu'il l'a conçu à l'origine. Toujours selon nos sources, il aurait décidé de se mettre à l'écart des répétitions afin de ne pas nuire aux musiciens et comédiennes. Sylvain Chomet considérerait que Go Ouest n'est pas fidèle à son livret, c'est pourquoi il a refusé de le signer.

La production prête à la réconciliation pour sauver le spectacle

Laurent Ournac, producteur et acteur sur la comédie musicale. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Laurent Ournac, producteur et acteur sur la comédie musicale. Eloïse Levesque/Objectif Gard

De son côté, la production se défend du manque de fidélité et dit aujourd'hui vouloir trouver une médiation. "80% de la comédie musicale est conforme au livret. Il n'y a aucune trahison", assure Thibaud Van Rillas, responsable au sein de Tiens toi bien ! Production. Et d'ajouter : "La cohésion du groupe est mise en danger. Il faut redonner à la troupe sa motivation, l'envie de poursuivre, faire baisser la pression. Il est difficile de voir son metteur en scène quitter l'équipe en cours de route. Notre souhait est que l'on se retrouve". De fait, même si la polémique n'a pour l'instant pas eu d'incidence sur les ventes, elles pourraient en avoir par la suite.

D'ores et déjà, la production a annoncé que des ajustements seraient faits suite aux premiers retours des professionnels, et ce avant les prochaines représentations qui débuteront en mars. "Certains moments doivent être enrichis et d'autres sont un peu longs", note Thibaud Van Rillas.

En attendant, Sylvain Chomet refuse toujours de communiquer et se mure dans le silence. Une action judiciaire pourrait être lancée prochainement. On en ignore encore l'objet, mais on sait que même si l'auteur a ôté son nom du spectacle, les musiques sont toujours les siennes, tout comme l'idée originale et une partie du scripte. Son intérêt serait-il donc finalement à la poursuite du projet ? Affaire à suivre.

 

Eloïse Levesque

 

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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