Culture

ALÈS Festival Itinérances : « Paris of the North », l’anti-romantisme à l’islandaise

Hafsteinn Gunnar Sigurðsson au Cratère ce soir à 18h. EL/OG
Hafsteinn Gunnar Sigurðsson au Cratère ce soir à 18h. EL/OG

Le réalisateur islandais Hafsteinn Gunnar Sigurðsson présente ce soir en avant-première au festival Itinérances son second film "Paris of the North" : une comédie dramatique où un homme mène une vie terne dans un petit village de pêcheurs, jusqu'à l'arrivée de son père qui va bouleverser son quotidien. Un long-métrage sur les liens familiaux, les choix de vie, et la crise de la masculinité. Rencontre.

Objectif Gard : Comment est née l'idée de ce film ?

Hafsteinn Gunnar Sigurðsson : Je viens de Reykjavik et Huldar Breiofjoro, le scénariste de mon film, possède une maison dans ce village de pêcheurs délabré et minuscule du Nord-Ouest de l’Islande (150 habitants). Les gens vivent proches les uns des autres mais sont finalement très éloignés. On trouvait intéressant de faire un film sur la tristesse de cette vie.

O.G : Qu'avez-vous voulu montrer ?

H.G.S : Hugi, le personnage principal, vit au milieu d'un paysage magnifique avec des montagnes d'une grande splendeur. Cette beauté tranche avec sa vie, vide. Ce contraste pose des questions. Je voulais aussi explorer les relations entre les gens dans ce type de villes. Le lien père/fils est un peu oppressant pour Hugi, mais il lui apporte finalement quelque chose. Ce dernier va reprendre sa liberté.

O.G : Hugi serait-il plus heureux dans une grande ville ?

H.G.S : Je ne sais pas où il sera heureux. Il a quitté la ville pour une existence plus simple. Il pensait que ce serait mieux. Finalement, ce n'est pas le cas. Ses démons - sa relation avec son père, l'alcool - le rattrapent.

O.G : Ce film est-il une critique de la vie rurale ?

H.G.S : Cet homme est dans une mauvaise période qui lui a permis de se ressourcer pour repartir du bon pied. Le problème est simplement qu'il n'y a pas d'opportunité pour lui dans cet endroit. Tout dépend des attentes de chacun. Ce n'est pas mieux en ville. On peut être heureux partout.

O.G : Le rythme est très lent, parfois trop. Est-ce un choix ?

H.G.S : Oui, même si j'espère qu'il n'est pas ennuyeux! (rires). Le temps est long dans ce village. Il ne s'y passe rien à part la pêche. Je voulais que le film reflète cette notion et ainsi faire ressortir le jeu des acteurs.

O.G : Pourquoi ce titre "Paris of the North" ?

H.G.S : C'est clair que l'action ne se déroule pas dans le nord de Paris. En fait, c'est plutôt un choix sarcastique. Paris est la ville de la romance. On est partout sauf à Paris! Et puis on trouve là-bas beaucoup de nationalités comme à Paris.

Propos recueillis par Eloïse Levesque

"Paris of the North", avant-première à 18h ce mardi 24 mars à la Salle d'à côté du Cratère, en présence du réalisateur

Sortie au cinéma le 25 mars.

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Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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