A la uneActualitésEconomiePolitique

INTERVIEW Denis Bouad (PS) ouvert à une hausse d’impôt « pour investir »

Le président PS du Département, Denis Bouad. Photo : Coralie Mollaret.
Le président PS du Département, Denis Bouad. Photo : Coralie Mollaret.

Homme de la "rupture", le président PS du conseil départemental a lancé plusieurs mesures d'économies. En pleine préparation du budget 2016, il laisse la porte ouverte à une hausse de la fiscalité afin de financer les investissements locaux. 

Objectif Gard : Cela fait presque un an que vous êtes à la tête du Département. Vous vous définissez comme "un réformateur", qu'est-ce qui a bougé depuis votre arrivée ?

Denis Bouad :  On ne réforme pas un Département avec 3500 agents du jour au lendemain ! C’est une mentalité qu’il faut faire évoluer. Tout le monde doit se remettre en cause pour se renouveler. La première des choses qui a changé, c'est le nombre de DGA (Directeur général adjoint) : de 7 nous passons à 3. Cela concerne les directions des routes, des ressources humaines, de la commande publique... Les agents qui occupaient ces postes sont partis dans d'autres collectivités et ceux qui sont restés ont vu leur compétences s'étoffer. Il ne faut pas voir cette réorganisation de façon négative. C'est aussi très motivant pour les agents dont les compétences ont évolué.

La situation financière difficile du Département ne date pas d'hier. Pourquoi n'avoir pas pris ces mesures avant ?

Denis Bouad sourit. Peut-être parce que avant je n'étais pas le patron ! Écoutez, j'assume ce qui a été fait avant, j'étais le Premier vice-président du Département. Mais aujourd'hui, on peut parler de rupture.

Photo : Coralie Mollaret.
Denis Bouad et sa directrice de cabinet, Elisabeth Montez Photo : Coralie Mollaret.

Budget 2016 : quelles économies ? 

Entrons dans le vif du sujet : le budget 2016. Le DOB (Débat d'orientation budgétaire) a été repoussé, pourquoi ?

Il restait des choses à caler. Le budget de notre collectivité est d'environ 900 M d'€. Nous devons trouver 25 M. Ce n'est pas compliqué à la base, n'est-ce pas ?

Tout dépend de quel point de vue on se place…

Il sourit à nouveau. Et bien, nous avons d'abord trouvé 10 M d'€ par un artifice budgétaire que beaucoup de collectivités utilisent : le Département a fait, il y a quelques temps, une avance de trésorerie pour le RSA à la CAF de 10 M d'€. Seulement, nous l'avions inscrit dans le budget de fonctionnement au lieu de celui de l'investissement. Ça fait ça en moins !

Un sacré coup de bol !

Oui, un coup de bol.  Ensuite, nous avons économisé 3 M d'€ sur les subventions que nous accordons aux satellites, comme les syndicats mixtes ou les communautés de communes. Nous avons également demandé à nos services de faire des efforts. Deux fois par semaine,  la majorité se réunit. Il est clair que les politiques de solidarité autour des personnes âgées (APA, prix d'une journée en maison de retraite…) qui ont connu déjà des baisses l'année dernière ne seront pas touchées. Nous allons regarder au cas par cas les subventions associatives que nous versons aux structures liées à la petite enfance et au handicap.

Le SDIS et le Pont-du-Gard sont également concernés par ces baisses ?

Le Pont-du-Gard, pas pour l'instant. En revanche la subvention pour le SDIS qui est de d'environ 40 M par an doit diminuer.

Lire aussi : EXCLU La Chambre régionale des comptes met son nez dans les affaires du Pont-du-Gard

Toujours pour faire des économies, vous avez évoqué ce matin lors de vos voeux, la vente de votre logement de fonction. Qu'en est-il de l'Hôtel Mouret ?

Nous ne le vendrons pas. Nous pensons plutôt à l'hôtel Carénou où siège la direction de la commande publique. C'est un bâtiment avec des hauts plafonds, difficile d'accès et très énergivore qui n'est pas adapté au travail de nos agents. Nous réfléchissons sur notre patrimoine et à ses coûts de fonctionnement élevés. Je rappelle que nos locations coûtent au Département chaque année plus de 3 M.

Une hausse des impôts ? 

Vous avez également évoqué la possibilité d'augmenter les impôts. Avez-vous la majorité pour ?

Je ne sais pas si j'ai la majorité. Ce dont je suis certain, c'est que si augmentation il y a (taxe foncière, NDLR), elle sera pour financer de l'investissement et pas du fonctionnement. Moi, je peux très bien limiter l'investissement à la construction de collèges ou de routes… Mais s'il faut financer le Musée de la Romanité ou l'abattoir d'Alès, il nous faut plus d'argent.

Lire aussi : GARD Laurent Burgoa : “la droite a un droit de vie ou de mort sur le Département”

Le problème c'est que la droite a fait campagne sur une non-augmentions des impôts… 

Il faudra que les élus expliquent alors aux maires de leurs cantons pourquoi le prix de l'eau augmentera quand il n'y aura pas eu les investissements nécessaires en matière d'assainissement ! Par ailleurs, le Département peut contribuer au redémarrage de l'économie. Les entreprises dans le BTP dont les commandes publiques comptent pour beaucoup dans leur chiffre d'affaires attendent notre budget avec impatience…

Parlons de l'audit organisationnel qui a livré en décembre ses conclusions. Allez-vous les utiliser pour le budget 2016 ?

Oui. Une partie de ces mesures est déjà dans les tuyaux comme le non-remplacement des agents dans certains services, excepté ceux qui reçoivent du public. Mais il faut bien comprendre une chose : les mesures d'économie d'aujourd'hui ne porteront pas leur fruit immédiatement.

DR
DR

Des transports scolaires payants ?

Le document parle également des transports scolaires qui pourraient devenir payants ?

Passez à 90 € par an, ce n'est pas scandaleux et cela permettrait au Département d'obtenir 1,5 M d'€. Dans l'Hérault (Kléber Mesquida, PS), ils sont à 100 € par an ! C'est un choix politique.

Vous risquez de vous heurter à l'opposition du groupe communiste…

Si la majorité souhaite conserver la gratuité des transports, moi je ne suis pas contre. Nous devons mesurer l’utilité de nos choix.

On vous sent l'âme d'un gestionnaire. Mais qu'en est-il de l'homme politique ? Celui qui priorise certains secteurs ?

On ne touchera pas à la protection de l’enfance, par exemple... Idem pour les 1,5 M d'€ de la politique de la ville ; les prix de la journée en maison de retraite ainsi que les crédits d’aide à l'emploi à domicile ou à certaines associations d'insertion. Pour autant, cela ne signifie pas que les subventions attribuées, en 2015, seront les mêmes pour tout le monde. Nous regarderons chaque dossier au cas par cas.

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

Vous aimeriez aussi

9 réactions sur “INTERVIEW Denis Bouad (PS) ouvert à une hausse d’impôt « pour investir »”

  1. Je suis contre la hausse des impôts mêlme pour l’investissement
    J’espère que Fiurnier acceptera une baisse de la subvention promise pour son musée de la romanité car les gardois ne doivent pas trinquer pour son projet pharaonique

  2. Pour quiconque sait lire entre les lignes le message est clair : si Fournier veut de l’argent pour le musée de la romanité qu’il m’assure que l’augmentation d’impôts passera.

    Ainsi, Denis Bouad défie l’ « autorité » que pourrait avoir Laurent Burgoa sur son groupe. Mais bon, comme Tiberino avait dit sur ce même site « je n’ai qu’un chef et c’est Fournier pas Burgoa ».
    Amis Gardois, préparez vous à voir vos impôts augmenter.
    Amis de droite, préparez vous à être cocus une fois de plus !

  3. Vous la voyez venir la droite de compromission ? Ça doit chauffer dans les « cerveaux » et commencer à préparer el discours : « nous ne pouvions mettre en péril l’institution », « Bouad hérite de la gestion Alary-Denat », « nous venons d’avoir les résultats de l’audit donc nous laissons un an à Bouad pour appliquer les mesures proposées par KPMG » et j’en passe !
    Bref, messieurs Burgoa, Tiberino, Valadier un peu de courage et montrez Que vous avez été élus pour prendre vos propres décisions et non celles qu’on vous dicte.

  4. L’abattoir ET un enième musée sur nos vestiges romains ou s’en fout on est en période de crise.
    Il y a les cigales et il y a les fourmis : pourquoi gérer une collectivité différement de son propre budget?
    Si vous n’avez pas assez d’argent pour aider vos enfants vous n’aider pas vos parents en maison de retraite ! vous ne partez pas en vacances vous attendez que cela passe

  5. urgoa) se tiennent par la barbichette. À toi le musée à moi les impôts…
    Rien de nouveau pour les Gardois.
    Comme le dirait Sarkozy c’est :  » passe moi la salade je t’envoie la rhubarbe « 

  6. NON a une hausse des impôts. Dans notre département les impôts sont déjà assez élevé. Comment expliquer aux contribuables qu’il faut encore augmenter les impôts. les gens (toujours les même en on marre des impôts toujours de plus en plus lourd sur le budget des ménages.) économie, c’est tout. + de surveillance du RSA et des aides, plus de surveillance des fraudes, économie sur les logements de fonction, voiture de fonctions, poste qui sont en surplus. non remplacement des agents à la retraite, etc….. Baisse de subventions diverses, etc…. tout cet argent économisé pourra redonner de l’argent pour l’investissement.

  7. On va voir du grand Burgoa au prochain budget qui va devoir jongler entre lâcheté et oublie de ses promesses de campagne pour faire passer la pilule.

  8. Tout cela est un éternel recommencement.
    Juste avant les régionales l’argent était débloqué pour satisfaire élus et faire déboucher ou avancer des projets en attente depuis longtemps…
    Le père noël avant l’heure…
    L’opposition menait campagne avec un programme, les socialistes avec des chèques. Nous n’avons pas les mêmes valeurs !!!
    Ceux qui doutent de mes affirmations, il suffit de retourner sur objectif Gard ou le midi libre des mois d’octobre et novembre 2015.
    Maintenant il faut serrer la ceinture et se poser de bonnes questions.
    Oui faire des économies mais pas une année sur deux. En 2017 sous prétexte des législatives n’ouvrait pas les vannes.
    Le souci de l’utilisation des deniers du peuple doit être permanent.
    Pourquoi pas une hausse d’impôt si elle sert un projet économique à long terme avec une vue et une vraie stratégie. Mais faire de la gestion du budget à la petite semaine ce n’est pas sérieux.
    Un coup j’économise un coup j’ouvre les vannes. NON

  9. ans le année 80-82 je faisait parti de la fcpe avec plusieurs collègues et les membres de la FCPE nous nous sommes battus pour la gratuités de transport scolaire lorsque le département a donner la compétence a l’agglo d’Ales j’ai interroger le Président Allary et dans sa réponse il me préciser que si la droite revenait au département ils supprimeraient la gratuité merci monsieur le président vous êtes passer a droite et 90 euros d’augmentation pour des familles en difficultés il faut oser le faire ;en sachant que déjà le président Roustan de l’agglo a toujours était contre la gratuité et il avait instituer procès verbal de 60 euros pour les enfants qui avait oublier ou ‘abimer leur carte .magouille je suis certains que vous n’avez jamais pris un transport scolaire car vous verrier c’est jeunes de 11 ans avec 12 kg sur le dos monter dans un car j’en appelle aux parent de refuser et de manifester contre cette augmentation imbécile la gratuité avait été accorder du temps de mon Baumet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité