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ASSISES L’émotion et l’horreur au procès du meurtrier présumé de la joggeuse de Courbessac

Maître Jérôme Boursican, avocat de Robert Plant, en discussion avec Maître Béatrice Lobier-Tupin. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maître Jérôme Boursican, avocat de Robert Plant, en discussion avec Maître Béatrice Lobier-Tupin, avocate des parties civiles. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Ce jeudi 27 avril, le procès de Robert Plant, un anglais de 36 ans accusé du meurtre de la joggeuse de Courbessac le 24 janvier 2013, s'est ouvert devant la cour d'assises du Gard. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu demain. 

Quel que soit le témoin qui avance à la barre de la cour d'assises du Gard, Robert Plant ne change pas d'attitude. Immobile, regard noir baissé, cou en avant, visage blafard, il reste stoïque, imperturbable. Quand la présidente Geneviève Perrin retrace l'ensemble des faits, il ne laisse transparaître aucune émotion derrière ses lunettes rectangulaires. Peut-être est-ce dû à cette nonchalance évoquée par plusieurs de ses proches qui ont dressé de lui un portrait très éloigné des faits monstrueux qui lui sont reprochés. Ce Robert Plant là, celui de sa mère, de sa sœur ou d'un vieux copain, c'est un "gentleman"...

- C'est quelqu'un qui a un grand cœur, toujours très calme, très patient. Il laisse sa place aux vieilles dames dans les bus, raconte sa sœur Victoria. Il adore la vie, il a un cœur énorme, c'est le grand frère idéal, c'est mon frère.

Cette gentillesse fait l’unanimité auprès de ceux qui connaissent Robert Plant et qui défilent à la barre ce jeudi. À la suite de cette série de portraits flatteurs, une question parfaitement formulée par un officier de police judiciaire vient à l’esprit :

- Comment cet homme, décrit comme une belle personne, a-t-il pu basculer à ce point dans l'horreur ?

Des visions…

L'horreur, elle se joue entre 17h et 22h, ce 24 janvier 2013. Jouda Z., une femme âgée de 34 ans, quitte son domicile du quartier de Courbessac à Nîmes en tenue de sport. Comme elle aime parfois le faire, elle va chercher sa fille tout en faisant son jogging. Seulement, l'enfant ne verra jamais arriver sa mère. Le corps de Jouda sera retrouvé vers 22h dans un bosquet à proximité. La trentenaire est morte égorgée, la carotide sectionnée.

L'enquête de voisinage, réalisée dès le lendemain par les policiers, donne des résultats rapides et permet de dresser le portrait-robot d’un trentenaire repéré sur les lieux au moment des faits. En se présentant au domicile de Robert Plant, un voisin, un anglais de 33 ans qui vit seul avec sa mère depuis le décès de son père cinq mois plus tôt, la ressemblance avec le portrait-robot saute aux yeux des enquêteurs. Les policiers, expérimentés, ne mettent pas longtemps à se faire une opinion : l'anglais donne des réponses évasives sur son emploi du temps et tente de dissimuler ses mains qui présentent de nombreuses blessures. Placé en garde à vue, il ne reconnaît pas les faits mais évoque d'étranges visions où il se voit "au-dessus d'une femme" avec du sang sur la main droite...

Le mari de la victime s’effondre

Si sa mémoire lui joue des tours, la science, elle, est formelle : son ADN est retrouvé sur un cutter à proximité du corps ainsi que sur plusieurs zones du pantalon de la victime. Les trous de mémoire de Robert Plant, différents experts vont tenter de les expliquer :

- C'est comme un mille feuille, il y a des couches auxquelles il est accessible et d'autres non. Il n'a pas intégré les faits, assure l'un d'entre eux.

Ceci explique peut-être sa réponse négative quand la présidente de l'audience lui demande s'il reconnait les faits. Un autre expert émet l’hypothèse d'un "désordre psychique" et deux tombent même d’accord - ce qui n'est jamais gagné - sur une "altération du discernement au moment des faits". Celui qui aurait préféré ne jamais entendre ces discussions techniques, ces termes d’expert, c’est Jamel, le mari de la victime. L’homme ne reste que quelques secondes à la barre avant de s’effondrer :

- La journée a été très éprouvante pour moi. Aujourd’hui je ne peux pas parler. Ça va faire quatre ans et trois mois que mon épouse a disparu… Je ne l’ai jamais revue, finit-il avant de retourner s’asseoir dans le public.

Robert Plant, lui, ne bouge toujours pas, comme s’il était ailleurs. L’interrogatoire sur les faits, prévu demain matin, pourrait le ramener à la réalité, si douloureuse soit-elle.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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