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ALÈS Aïd el-Kebir : comment coïncider protection animale et religion ?

Pour le premier jour de cette fête religieuse, Jean Rampon, sous-préfet d'Alès, s'est rendu à l'abattoir d'Alès pour rencontrer la communauté musulmane.

En costume, Jean Rampon, échange avec Sahnoune Karrad, référent de la mosquée devant les yeux de Claire Postic, vétérinaire de l'abattoir (photo Corentin Corger)

Ce mardi 21 août marque l'ouverture de l'Aïd el-Kebir. "La grande fête" dans le culte musulman qui va durer jusqu'à samedi. La tradition religieuse, pour ceux qui en ont les moyens, est de sacrifier un mouton. Une pratique qui se perpétue chez de nombreux croyants et qui doit obligatoirement être réalisée dans un abattoir certifié. Ce matin, Jean Rampon, sous-préfet du Gard, s'est rendu à l'abattoir d'Alès pour échanger avec la communauté musulmane. 

Il n'y avait pas foule, à 9 heures du matin devant l'abattoir régional municipal d'Alès. Seul, Jean Rampon, sous-préfet d'Alès attendait devant les grilles avec quelques journalistes pour lui tenir compagnie. "Ma visite consiste à venir rencontrer l'ensemble des représentants de la communauté musulmane. Dire que l'on peut répartir l'abattage sur trois jours et envisager l'étourdissement de la bête avant de l'égorger." Rien que pour cette première journée, 250 ovins ont été abattus.

"Il y a quelques années, on en tuaient plus de 800", se souvient Sahnoune Karrad. Présent pour vérifier que le sacrifice s'effectue bien en respectant les rites musulmans. Alors, comment expliquer une telle diminution de la cadence ? "Quand les fidèles ont entendu parler de l'étourdissement par l'électro-narcose avant d'égorger la bête, ils ont commencé à se demander si le caractère halal était bien respecté", explique t-il devant le représentant de l'État.

Une baisse du nombre d'ovins abattus qui posent un véritable problème sanitaire. Si les croyants ne viennent pas faire tuer leurs moutons dans un lieu agrée, où le font-ils alors ? "Les gens vont abattre chez eux et nous nous y opposons. Car cela peut avoir des conséquences pour les personnes qui consomment cette viande. Il faut protéger la population", alerte Sahnoune. Quand au sous-préfet, il insiste pour rappeler qu'il n'est pas là pour faire une visite mais échanger avec les différents acteurs de l'abattoir et renouer le lien qui a pu être précédemment rompu.

L'épineuse question de l'étourdissement

Une bétaillère qui arrive à l'abattoir d'Alès (photo Corentin Corger)

Une première discussion sur le palier de l'abattoir qui va en appeler plusieurs, "je suis prêt à discuter, à travailler avec vous pour restaurer cette confiance." L'intention de Jean Rampon est d'essayer d'atténuer les souffrances de l'animal en demandant l'étourdissement pré abattage. "J'en ai discuté avec plusieurs imams, localement c'est possible, je vous le confirme", répondait-il à ces deux interlocuteurs en salopette blanche. Ces derniers semblaient plutôt contre et argumentaient, "d'attendre que la décision soit actée dans leur communauté au niveau national." 

En France, une dérogation autorise de pouvoir égorger la bête vivante. La réglementation prévoit simplement que la tête du mouton soit maintenu de manière mécanique. Interrogé alors qu'il se rendait à l'abattoir, un homme de confession musulmane était unanime sur cette question, "ce ne serait plus dans le concept". Un épineux problème qui risque d'avoir dû mal à avancer malgré plusieurs réunions. Il semble quasiment impossible de modifier un rite religieux.Tant que la loi est respectée, pourquoi les sacrificateurs se plieraient-ils à cette demande ? Sahnoune préconise l'étourdissement mais après l'abattage de l'animal si ce dernier est encore conscient après 30 secondes.

L'essentiel étant le respect de la réglementation en vigueur et la consommation d'une viande saine. Si tout le monde la respecte, la laïcité ne s'en portera que mieux.

Corentin Corger

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