Politique

LE 7h50 de Denis Lanoy : « Les communistes espèrent obtenir quatre députés européens »

Le 26 mai, les électeurs seront appelés aux urnes pour les Européennes. Dans le Gard, les candidats inscrits sur les listes nationales répondent à votre journal quotidien.

Denis Lanoy est l'animateur et le metteur en scène du Triptyk théâtre (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Candidat à la 43ème place sur la liste du Parti communiste aux Européennes, le Nîmois espère que sa liste atteigne les 5%. Le seuil pour obtenir quatre députés au parlement.  

Objectif Gard : Ian Brossart, votre tête de liste pense que les communistes atteindront les 5 %. Vous n’avez pas prévu de casser la baraque !

Denis Lanoy : 5%, c’est la garantie d'avoir quatre élus. C’est un progrès : aujourd'hui, nous n’en avons que trois. Si on dit ça, c’est qu'aussi nous avons le sens du réel. Ce n'est pas la peine de faire de grandes annonces fracassantes pour rien. Notre objectif est d'avoir quatre euro-députés communistes. 

Le sens du réel… C'est-à-dire ? 

On ne va pas dire que l’on va faire 20% aux élections ! Depuis quelques temps, la force du système capitaliste est tellement forte, surtout avec l'élection d'Emmanuel Macron. Il a réussi à mettre en place une stratégie qui semble ne donner que deux alternatives politiques : le repli sur soi avec le nationalisme et le système capitaliste. Les idées que nous portons, nous avons du mal à les faire entendre. Je ne le nierai pas…

La France Insoumise et les gilets jaunes portent les mêmes messages que vous. Cependant, ils connaissent d'avantage de succès... 

Moi, je n’analyse pas ça comme ça. L’objectif est que l’on ait tous des élus. Dépasser le socle de 5% amène quatre élus au parlement européen. Nous, on a un adversaire déclaré : le système capitaliste. J’ose espérer que la grande majorité des gilets jaunes nous rejoigne dans ce combat. La France insoumise est aussi dans une mise en critique du système capitaliste. Enfin, j’ose l’espérer... 

Vous avez échoué dans l’union avec Génération.s. Pourquoi ?

Écoutez, ce sont des histoires d’union qui ne prennent pas. Il y a quelque chose que nous ne sommes pas arrivés à régler sur le fond : la remise en cause des traités.

Si la Gauche était unie, n'aurait-elle pas plus de chance d'avoir plus de députés ? 

Justement, c’est le piège. Si toutes ces listes font plus de 5%, on a plus d’élus que si nous étions unis…

Vous êtes crédités pour l'instant à 2,5% des intentions de vote... 

Oui, ce sont les résultats du dernier sondage. Mais c'est du pipo ! Quand on additionne les intentions de vote de toutes les listes, on arrive à 102,5%. 

Aujourd'hui, quelle vision avez-vous de l’Europe ?

Elle est ultra-libérale et anti-sociale. Elle met en compétition les gens avec les autres au nom de la libre concurrence non-faussée. Moi, je ne veux pas que l’on mette en concurrence les gens, les uns avec les autres. Ça créé de l’inégalité, ça favorise le repli sur soi et la haine de l’autre. On fait porter sur d’autres ouvriers la responsabilité du fait que l'on ne trouve plus de travail soi-même.

Quelle solution portez vous ?

Le droit social du pays hôte doit être la norme dans les contrats de travail. À qui profite le statut de travailleur détaché ? Au grand capital et pas aux ouvriers. Aux gens simples et ordinaires ! On souhaite aussi trouver un salaire minimum commun. C’est ce que l’on souhaite, comme une sécurité sociale.

Comment mettre en place cette mesure. Il existe de fortes disparités par exemple entre le Luxembourg (2 000€ brut) et Bulgarie (300€) ? 

Les députés européens y sont bien arrivés avec leurs indemnités ! Ce qui est valable pour eux, c’est valable pour tout le monde. Il nous faut empêcher l’évasion fiscale, estimée à 880 milliards d’euros en Europe, avant de le redistribuer socialement.

Enfin, on l'a dit : il y a beaucoup de listes de Gauche pour le scrutin. Qu'est-ce qui vous distingue des autres ? 

Le Parti communiste existe depuis très longtemps : on fête nos 100 ans en 2020 et on existe de façon constante. Nous n'avons jamais signé les traités européens. Jean-Luc Mélenchon a signé Maastricht. Il n'y a qu'en 2005, qu’il a commencé à s’y opposer.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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