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GARD : UN IMPACT RELATIF DU FROID SUR LES FRUITS ET LÉGUMES

Photo © objectifgard.com / MA

Le froid a continué de sévir toute la semaine, et ce, depuis une dizaine de jours sur l’ensemble de la France. Pas moins de 52 départements, soit plus de la moitié du territoire restait sur vigilance orange « grand froid ». Le Gard est en vigilance « jaune », ce qui réclame une simple vigilance en cas d’activité de plein air.

On compte déjà 14 victimes humaines de cette période « glaciale », avec deux nouvelles victimes dans l’Hérault, comme on l'apprend ce samedi.

Sur un plan beaucoup moins dramatique, on peut se demander si ce qui « pousse », les légumes et les fruits que l’on achète, sont eux aussi impactés par cette vague de froid, Météo France relevant ce samedi 11 février au matin, des températures comprises entre -7 et -12 degrés en plaine (sur le plan national), sans oublier le rôle du vent aggravant la sensation de froid, ce qui n’est pas bénéfique non plus pour nos chers légumes.

C’est ce que l’on a compris, pour partie, en allant au contact des vendeurs de fruits et légumes et maraîchers des Halles du centre-ville de Nîmes. Pour Omar, des Quatre Saisons, « c’est surtout les salades qui ont disparu ». Pour l’un des produits locaux que vend Omar, cela représente proportionnellement « trois quarts de volume en moins » que ce qu’il propose d’habitude. Mais pour lui, le froid aurait un autre impact ou plutôt, au froid s’ajouterait le manque de pouvoir d’achat des Gardoises et Gardois : « ils n’ont plus d’argent. Ils ne sortent plus ».

Sommes-nous en période de véritable pénurie alimentaire ou en récession économique tout simplement ?

Photo © objectifgard.com / MA

En tout cas, Éric, qui tient l’étal du Soleil d’Or et qui vend globalement des produits qui viennent de l’étranger  ou hors du département (5 % de produits locaux en cette période), « les salades [produites ici], il y en a toujours autant. Mes producteurs disent qu’ils ont leurs frigos pleins ». Celui-ci, qui ne manque de rien apparemment, affirme qu’il vend « de tout en ce moment ». Côté « portefeuille » par contre, en moyenne : « cela représente, pour la semaine, l’équivalent de 3 euros de panier par client : un navet, deux carottes… » révèle-t-il, n’en déplaise à cette cliente qui précise que ses salades étaient vendues à 0,90 euros la semaine dernière, tandis qu’aujourd’hui, le prix affiché est de 1,20 euros, soit plus de 30 % d’augmentation.

À qui la faute si le budget des ménages a diminué… ? Tout le monde à sa propre réponse, mais Éric remarque que les Français partent volontiers en vacances, et qu’il a entendu un chiffre qu’il estime « révélateur » : un Français sur quatre partirait en vacances en cette période… Autant de gens qui consommeraient différemment donc, d’après ses observations. Par ailleurs, lorsque l’on évoque avec un des employés d’où proviennent les haricots verts, plats ou gourmands vendus 4,90 euros le kilo, nous apprenons qu’ils ont pas mal voyagé… Depuis le Maroc, ou le Sénégal pour la plupart. « Plus personne de veut faire de conditionnement de ce type de produits en France aujourd’hui » nous dit-on.

Photo © objectifgard.com / MA

La salade et les tomates, ces dernières n’étant pas de saison (mais cultivées sous serres), seraient tout de même les grandes victimes du froid. Martine Durand nous confirme qu’elle allait manquer de salades, et prédit une augmentation de ses tarifs. Dès dimanche, elle les vendra 50 % de plus, aux alentours de 1,20 euros l’unité, les poireaux subiront 15 à 20 % d’augmentation sur les étals de Mme Durand. Mais pour elle, « c’est un peu plus tard que l’on risque d’avoir de véritables problèmes de pénurie, notamment sur les artichauts, que l’on n’aura pas eu le temps de voir ». Heureusement, il reste les « stars » du moment. Lorsqu‘il fait froid, côté consommateurs, on achète plutôt que des salades, de quoi faire « des potages, du pot-au-feu, des clémentines, des oranges [qu’il s’agisse de produits locaux ou non], ce qui contient des vitamines », lance Martine.

Au Royaume de la Pomme-de-Terre (toujours dans les Halles), les vendeuses du propriétaire, qui se prénomme Sébastien, n’hésitent pas à dire, elles qui sont bien approvisionnées, « le froid, c’est bon pour nous ! Il y a plus de monde qui consomme de la soupe ».

Après ce petit tour dans le « monde des fruits et des légumes », on a du mal à savoir ce qui préoccupe le plus les commerçants du secteur et les maraîchers… La crise ou le gel ? Sans doute le gel du portefeuille…

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