A la uneActualité générale.Actualités

NÎMES : LA MAISON DE LA JUSTICE A ROUVERT DANS L’INQUIÉTUDE…

Photo © objectifgard.com / MA

Depuis la mi-décembre, la Maison de la Justice et du Droit (MJD) de Nîmes a fermé ses portes suite à une agression à l’arme blanche d’un agent d’accueil. Les fonctionnaires de la MJD avaient exercé leur droit de retrait, à la suite de ce drame, mais aussi après une série d’agressions et de destructions de véhicules dans le quartier de Valdegour.

Martine Haon, greffière et responsable de la MJD à fait la réouverture de l’établissement, jeudi 15 février. Mais, pour celle qui est en place depuis 1998, et qui a réclamé à maintes reprises sa délocalisation à la collectivité : « aujourd’hui, pas grand-chose n’a changé ». Ou si, l’agent d’accueil. En effet, la femme qui a été agressée à l’arme blanche dans la cage d’escalier qui permet d’accéder aux locaux de la MJD (pour ceux qui y travaillent) n’est jamais revenue. « Elle est atteinte psychologiquement. C’est elle qui avait porté plainte à la suite de « caillassages » de voitures dans le parking ». Celui-là même qu’utilise les fonctionnaires de la MJD, les habitants et les personnels du service d’assistance sociale, ou du centre socio-culturel.

La MJD accueille toujours « les gens du quartier de la Zup Nord et Sud, mais les intervenants extérieurs (avocats, conciliateurs, juristes, psychologues) refusent de reprendre leur permanence dans les locaux de la MJD ». Mme Haon, ne manque pas de souligner qu’il s’agit « de la MJD de Nîmes ». Elle ne concerne pas uniquement la vie du quartier, auquel elle ne manque pas de « rendre des services », au quotidien, mais elle s’adresse aussi à toutes les communes alentours inclues dans la communauté de communes de Nîmes Métropole : « on veut rester accessible à l’ensemble des Nîmois » dit-elle. « On a des gens de Poulx, de la Vaunage, même des alésiens parfois ». Elle nous rappelle que « l’objectif numéro un de la MJD, c’est de faire baisser les petites délinquances, mais sa deuxième grande mission, c’est « l’accès au droit ».

Photo © objectifgard.com / MA

Pour la responsable de la MJD de Nîmes qui semble usée par la situation, malgré sa bonne volonté évidente, « le problème, c’est que l’on se trouve dans une impasse, face à un parking, où régulièrement on brûle des voitures, quand on ne les caillasse pas. Comment voulez-vous que les gens viennent nous voir dans ces conditions ? », s’interroge celle qui échange, peu après, avec un jeune habitant du quartier, dont le frère s’est fait dérober sa voiture qu’il a retrouvé finalement plus loin la veille.

Un manque de présence policière

Martine Haon a aussi sa petite idée sur le problème de la délinquance qui empoisonne la vie du quartier, la plupart du temps « par des gamins qui s’amusent » [à leur façon] : « Depuis qu’il n’y a plus de police de proximité, il est difficile de retrouver la paix sociale ici ». Les gens ne se sentiraient plus en sécurité, comme nous le confirme une personne âgée, résidente. Ce qui inquiète aussi la greffière, c’est « la récupération politique ». « On en revient maintenant à cette police de proximité, essentielle, mais on change juste le nom ». Une police de proximité qui n’aurait jamais dû s’interrompre semble-t-il. Elle nous confirme que l’impact de cette police, présente quotidiennement, était réellement concret, encore en 1998. « Et il ne s’agissait pas de jouer au foot avec les jeunes du quartier » insiste-t-elle.

Lorsque l’on évoque le local de la police municipal, situé à quelques pas de la MJD, ainsi que la patrouille de police nationale qui vient de faire une visite dans ses locaux, elle ne manque pas de rappeler qu’elle « ne les voit jamais ».

Martine Haon ne demande pas à quitter le quartier, mais « une délocalisation au Parc Kenedy, ou sur le site du collège Diderot [non loin de là] comme suggéré par le département ». On apprendra que ce dernier projet ne se fera pas à courts termes, ce qui a le don d’inquiéter à la MJD.

Des missions essentielles

A noter que dans le cadre des missions de la MJD, des psychologues du CNDIFF (Centre National d’Information sur le Droit des Femmes et des Familles) organisaient jusque-là des rencontres autour de la question des violences faites aux femmes. Par ailleurs, on compte 500 à 600 « Rappels à la loi » par an prononcés par la MJD de Nîmes. Il s’agit d’accompagnement et de prévention, avant la sanction, pour des infractions de primo-délinquants mineurs ou majeurs. Un moyen aussi de désengorger les tribunaux. A titre d’exemple, récemment, à la MJD de Nîmes, on a fait un rappel à la loi à un pilote d’avion qui volait trop bas au-dessus du territoire de l’Uzège et de la Camargue.

Info Plus :

MJD Nîmes
19, rue Pythagore
30900 Nîmes
Accueil du public tous les jours de la semaine de 9h à 12 h et de 13h30 à 17h30.
Tél. : 04 66 23 73 90.

Etiquette

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité