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RÉGION : LA FERTILITÉ HUMAINE LIÉE À L’ENVIRONNEMENT ?

Depuis 25 ans, l’opinion publique et les scientifiques du même coup se préoccupent du rapport entre environnement et santé, ou entre environnement et biodiversité, considérant toutes les influences possibles de l’un vers l’autre, comme l’augmentation d’allergies, de cas de diabètes, mis en évidence par certaines études.

L’une des dernières en date, publiée le 21 février 2012 par l’Institut de veille sanitaire (Invs), dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), fait état des « Enjeux environnementaux pour la fertilité humaine ». En effet, des substances étrangères à l’organisme pourraient altérer les équilibres hormonaux (bisphénol A, les phtalates, le parabène, certains pesticides etc.).

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la question entre environnement et fertilité semble devoir nous préoccuper de plus en plus, la communauté scientifique et (peut-être avec) les décideurs politiques.

Les responsables de l’étude préviennent en préambule, que « au-delà des controverses », l’objectif est « d’apporter des informations qui permettent d’éclairer les choix réalisés dans les orientations de la surveillance et de la recherche - dont le soutien reste encore aujourd’hui circonstanciel et insuffisant compte tenu du besoin de connaissances nouvelles » […].

Parmi les constats de l’étude :

- La fréquence de l’infécondité involontaire après 12 mois sans contraception était estimée à 18% par l’ENP de 2003 (l’Enquête nationale périnatale).

- La qualité du sperme masculin est aussi un sujet de l’étude, qui a relevé des « différences régionales dans les caractéristiques du sperme », d’après les données de « huit centres français comme dans d’autres régions du monde ».

Image - BEH (Insv)

Ces données tendent à « suspecter un rôle de l’environnement pris dans son sens le plus large (exposition prénatale, post-natale, modes de vie, habitus…) sur la fonction de reproduction masculine. L’homme, de par son mode de vie, son activité professionnelle, son alimentation, est forcément soumis non pas à un mais à de nombreux facteurs de risque qui peuvent éventuellement être impliqués dans l’altération de la fonction de reproduction »relaie le BEH.

Un point est soulevé par l’étude, avec des différences régionales : l’augmentation de la fréquence des malformations congénitales de l’appareil urogénital masculin (les cryptorchidies et les hypospadias). L’étude suggère également le lien avec l’exposition à des perturbateurs endocriniens.

Sur ce point, sur la période 1998-2008, on compte 74.706 séjours en centre hospitalier, dont 98% en métropole, qui ont concerné une intervention chirurgicale pour cryptorchidie chez les garçons de moins de 7 ans, soit en moyenne 6 900 séjours hospitaliers par année d’intervention. Sept régions, dont le Languedoc-Roussillon, ont un taux d’interventions chirurgicales significativement plus élevé que le taux national (avec l’Auvergne, la Bretagne, la Champagne-Ardenne…)

Image - BEH (Insv)

Concernant l’intervention pour hypospadias, durant la période 1998-2008, on relève 32.888 séjours, dont 98% en métropole, pour des garçons de moins de 7 ans, soit en moyenne 3.000 séjours hospitaliers par an. Et le Languedoc-Roussillon se démarque encore une fois des autres régions, de même que l’Alsace, les régions Paca et Rhône-Alpes avec un taux d’interventions chirurgicales significativement plus élevé que la moyenne nationale.

Pire, l’étude relève que « Le Languedoc-Roussillon est la seule région à présenter une sur-incidence d’interventions chirurgicales pour chacune des deux malformations ».

A contrario, à propos du taux de patients opérés pour un cancer du testicule, entre 2004 et 2008, une grande disparité est encore relevée selon les régions. Et cette fois, les taux les plus bas sont relevés en Languedoc-Roussillon (-12 %) et en Île-de-France (-14 %).

Pour consulter l’ensemble du bulletin épidémiologique hebdomadaire du 21 février 2012, cliquer ici (site de l’Invs).

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