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MAURICE ANDRÉ : « LE PLUS GRAND VIRTUOSE DE CES 60 DERNIÈRES ANNÉES »

Un grand nom de la musique n’est plus depuis ce samedi 25 février, peu avant minuit. Il était alésien, et, d’après tous les observateurs, il a révolutionné la musique au sens large, mais surtout son instrument fétiche, la trompette. Il s’agissait de Maurice André.

Il s’est éteint à l’âge de 78 ans à l’hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), « auprès de sa famille, qui n'a pas souhaité préciser les causes de son décès », comme l’indique l’AFP.

Rappelons qu’il est né le 21 mai 1933 à Rochebelle, un quartier alésien, bien connu des anciens mineurs. En effet, le futur grand trompettiste a d’abord travaillé au fond des mines, tout en suivant les premières instructions de son père, un passionné de musique classique. C’est en 1951, alors âgé de 18 ans qu’il intègre le Conservatoire de Paris. S’en suit une immense carrière « reconnue internationalement », comme l’indique Bernard Carloséma, Chef d’Orchestre et compositeur qui a porté le projet de lancement de l’orchestre Alès Sinfonia (composé de 13 musiciens du grand Sud-Est).

La discographie de Maurice André comprend plus de 250 disques. On compte des dizaines de disques d'or et de platine de l’artiste, qui mêlent des répertoires très variés.

Bernard Carloséma, bouleversé en apprenant la nouvelle de la disparition de celui qui n’était autre que le « premier parrain d’Alès Sinfonia » (le second, Jean-Marc Luisaba, grand spécialiste de la musique pour piano de Chopin, complétant le duo), déclare que « l’on perd le plus grand virtuose que l’on ait connu depuis les soixante dernières années »[dans son corps de métier].

Photo © B. Carloséma

Le Chef d’orchestre, également trompettiste et compositeur de musique contemporaine, dont les œuvres ont été programmées par des festivals prestigieux en France et à l'Etranger (Berlin, Bordeaux, Boston, Dijon, Kiev, Madrid, Montréal, New York, Paris…) rend un hommage à l’artiste Cévenol, « à chaud » et avec émotion, alors que nous lui apprenons la nouvelle : « peu de musiciens ont eu cette aura de par le monde, qu’ils soient violonistes, pianistes ou autres ». Il évoque la disparition « d’un grand trompettiste qui a formé des dizaines d’élèves des quatre coins de la planète, au Conservatoire national supérieur de Paris notamment. Il a marqué l’Histoire de la musique instrumentale, et a su échangé avec des artistes divers dans le jazz par exemple ».

Usé, Maurice André avait donné ses derniers concerts en 2004, et demeurait à Urrugne, au Pays basque.

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Même Nicolas Sarkozy a rendu hommage, par voie de communiqué diffusé par l’Elysée ce dimanche, à : « ce fils de mineur cévenol, ayant lui-même travaillé à la mine, reste la preuve vivante que le travail et le talent peuvent tout. Il a su démontrer que la musique pouvait changer le destin d’un homme et enchanter la vie de millions d’autres ».

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