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EE-LV : Pour le député C.Cavard, le Traité européen « ne sera pas appliqué ! »

Cette semaine, le Traité européen de discipline budgétaire est présenté à l'Assemblée nationale, en vue de sa ratification le 9 octobre. Ce pacte divise profondément la gauche : le Front de gauche et la majorité du parti EE-LV sont contre. Dans le Gard, Christophe Cavard est l'un des rares à prévoir de voter "oui". Le député vert du Gard voit avant tout ce Traité comme "un outil diplomatique (...) pour faire plaisir à l'Allemagne". 

LES RAISONS DU "OUI"

 

Objectif Gard : Le TSCG est, depuis hier, sur la table des députés… Qu'allez vous voter ? 

Christophe Cavard : Je fais partie des rares députés qui vont voter "oui", le 9 octobre. J'ai voté "non" au Traité de Maastricht en 1992. Mais, aujourd'hui, les conditions sont différentes. Nous sommes dans l'urgence, au bord de l'explosion économique de l'Espagne ou de la Grèce… Nous jouons l'avenir de l'Europe.

O.G : Vous avez déclaré que ce traité était "un outil diplomatique", et non "un outil économique". Mais le déficit des états signataires ne pourra plus dépasser les 0,5%, sous peine de sanctions. En cas de non respect, il faudra obligatoirement couper dans les dépenses, par exemple en cas de chômage, on sait que les recettes baissent. Cela pourra altérer certains de nos services publics. Les conséquences économiques semblent inévitables… 

C.C : Le traité est diplomatique, il fait plaisir à l'Allemagne qui en retour sera solidaire de la zone euro. Je ne pense pas qu'il y aura vraiment de sanctions. Il faut que plusieurs pays soient d'accord pour demander l'intervention de la Cour de justice européenne, susceptible d'infliger des amendes. Et une grande majorité des pays européens sont fragilisés… D'ailleurs, je vous rappelle qu'en 1992, le traité de Maastricht imposait déjà de ne pas dépasser les 3%. Cela n'a jamais été respecté !

De plus, nous avons voté un plan d'économies de 30 milliards dont 20 pour imposer les plus riches. L'argent rentrera dans les caisses de l'état et diminuera le déficit.

O.G : Mais certaines mesures, comme le gel du barème de l'impôt sur le revenu ou la refiscalisation des heures supplémentaires, vont toucher les classes moyennes… Ces dernières risquent de moins consommer et cela infléchira la croissance ?

C.C : Je fais avec vous le pari, qu'à la fin de l'année, les entreprises n'auront pas supprimé les heures supplémentaires ! Mais de toute façon, je vous l'ai dit, je pense que ce traité ne sera pas appliqué.

 

QUELLE TACTIQUE POLITIQUE ? 

 

O.G : Votre position, atypique aujourd'hui chez les verts, doit faire bonne impression auprès de la majorité socialiste ? Ça peut servir pour votre avenir politique, non? 

C.C : (Rires) Ah ! Détrompez-vous, c'est la position la moins confortable ! Je n'ai pas eu droit à de la gratitude de la part du PS, mais j'ai eu droit à des remontées violentes de la part du Front de gauche, qui ne comprend pas mon choix.

O.G : Et votre amie, la ministre Cécile Duflot qui est venue vous soutenir pour les législatives. Elle va voter "oui" à ce traité : est-ce qu'elle fait cela par conviction ou pour rester au gouvernement ?

C.C : Je ne veux pas m'exprimer à sa place… Elle a demandé aux députés de voter "oui". Mais je pense qu'elle veut surtout rester au gouvernement pour continuer à faire des choses, agir, en tant que ministre du logement.

 

EE-LV, UN PARTI EN CRISE ? 

 

O.G : Parlons un peu de votre parti : en conseil national, 70% ont voté contre le traité… A EE-LV, on peut, à la foi, être dans le gouvernement, le soutenir, mais aussi s'y opposer ! Il n'y aura pas une contradiction quelque part ?

C.C : C'est toute l’ambigüité… Et c'est une question de maturité politique. EE-LV a toujours été un parti d'opposition avec des convictions très fortes. Il faut apprendre  à faire des compromis, à apporter notre valeur ajoutée au parti majoritaire, sans pour autant tomber dans le rapport de force comme des enfants !

Photo © objectifgard.com / MA

O.G : Mais vous ne craignez pas une scission du parti ? De grandes figures d'EE-LV se sont mises en retrait pour créer " Europe et Ecologie (…) l'esprit de 2009". Et certains écologistes ont été déçu par les propos du gouvernement au sujet du nucléaire ou le gaz de schiste… Le traité pourrait être fatal à votre parti ! 

C.C : Non, je ne pense pas qu'il y ait des risques de divisions. Si on connait un peu l'histoire d'EE-LV, il y a déjà eu beaucoup de crises et nous sommes toujours là aujourd'hui. C'est à nous de travailler sur le compromis. Personne ne peut imposer ses idées tout seul…

 

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com


 

 

 

 

 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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