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ALÈS avec 60.000 habitants, une chimère ?

60.000 habitants à Alès ? PhotoDR

Après le vote du budget primitif 2013 (voir ici) le conseil municipal marathon de ce lundi 18 mars devait aborder tard en soirée la validation de son Plan Local d'Urbanisation (PLU) destiné à remplacer le POS.  Dans un long prologue de présentation Marcel Gérente, 1er adjoint a rappelé les étapes de l'élaboration de cet imposant document (voir notre présentation) qui doit permettre avec le PADD (Projet d'aménagement et de développement durable) de gérer le développement de la ville pour les vingts années à venir. Tout débat sur le fonds s'avérant difficile dans une assemblée qui avait au demeurant participé aux différentes étapes de la rédaction du PLU, c'est donc sur la "vision future"  de la ville d'Alès que s'est orienté le débat politicien à partir de l'hypothèse avancée de 60.000  habitants à Alès dans vingt ans.

"Lorsque nous avons lancé ce PLU, il nous fallait prendre une hypothèse qui nous permettrait de comprendre quels seraient les besoins de nos concitoyens. Nous avons choisi l'hypothèse du nombre d'habitants. Il faut donc considérer ce chiffre de 60.000 comme un "marqueur"". Un chiffre qui a été violemment contesté par l'opposition qui le qualifie entre autre de "chimère"

"Evaluer la population en s'appuyant sur les chiffres de l'INSEE supposerait que l'attractivité de notre zone reste constante, or je ne le crois pas" explique Marcel Gérente. "et pour plusieurs raisons.  D'abord parce que notre région a bénéficié d'un important apport de population, ensuite parce qu'il y a moins de terrains à vendre et donc un reflux vers les zones de Piémont". L'élu d'Alès ajoute encore quelques chiffres à la démonstration en se référant à une période de 44 ans entre 1968 et 2012. "En 1968 la population alésienne était de 42800 contre 42100 aujourd'hui. Il y avait en 68, 15.000 logements de 70m2 contre 23.000 logements de 80m2 aujourd'hui soit 1 million de m2 habitables contre 1,8 aujourd'hui, si on se projette à 20 ans il faudrait construire 400.000 m2 de logements. Nous avons parlé de 8000 logements, nous ne nous sommes peut être pas trompés !

A propos de la rocade Est Marcel Gérente poursuit : Il y a eu deux erreurs dans le passé d'abord on a sous estimé la circulation (on ne peut élargir ou construire des murs anti bruit sans tomber sur es réseaux) ensuite on n'a pas imaginé le développement de la ville à l'Est ce qui fait qu'aujourd'hui la ville est coupé en deux ce qui est dramatique sur les plan de la sécurité et de l'environnement. Ce serait une erreur de voir trop petit comme cela a été le cas dans le passé."

"Oui mais projeter le chiffre de 60.0000 habitant ne nous dit pas quel type de population nous allons avoir et donc quel type d'habitat nous devons construire, c'est un grave lacune. Il n'y a pas non plus dans ce PLU de schéma pour les réseaux de transports collectifs, comment veut on alors repousser la voiture hors de centre ville" interroge Fabien Gabillon (PS) qui poursuit dans la même veine:  "Nous avons construit une moyenne de 320 logements par an entre 99 et 2009 or il y a 2240 logements vacants sur Alès ce qui représente sept ans de construction". Elisabeth Sapede prendra elle aussi la parole pour contester un PLU "qui fait le pari qu'Alès soit une ville dortoir de Nîmes ou de Montpellier sans imaginer des espaces nouveaux avec des liens transgénérationnels". Pour Benjamin Mathéaud (P.S), "le postulat de départ des 60.000 habitants à partir duquel vous avez choisi de construire votre argumentaire n'est qu'une "chimère", durant les 22 dernières années la population d'Alès n'a augmentée que de 0,95%. Avec ce PLU vous ouvrez la ville à l'urbanisation sans aucun prévisionnel ou aucune progressivité dans le temps. Cela entraînera des conséquences irréversibles en matière de cadre de vie. Et Jean-Michel Suau (PC) de surenchérir en s'adressant directement (et théâtralement) au maire Max Roustan : " 60.000 habitants voilà encore votre chimère qui est de changer la composition sociale de la ville en la donnant aux promoteurs...".  Marcel Gérente tentera de répondre par des explications techniques et notamment sur le rôle du PADD pour accompagner les évolutions au cours des années, mais le débat n'est décidément pas technique. Après une heure, Max Roustan revient à l'aide de son premier adjoint en posant la question de manière autrement : "On aurait pu le faire (le PLU ndlr) en restant à 25.000. On rase certain quartiers et on ne garde que les beaux ? Ce n'est pas moi qui ait de l'ambition pour la ville, c'est vous qui en manquez." On reparlera certainement d'Alès et de ses 60.000 habitants...

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

 

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