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ALÈS Le Fort Vauban enfin rendu à la population… petit tour en prison !

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Pour la première fois cet été, le public est invité à visiter l'intérieur du Fort Vauban, Photo DR/RM

Il aura fallu attendre que le Conseil Général cède l'an dernier la partie du bâtiment qui lui appartenait, et qui servait encore de prison jusqu'en en 1990 avant d'être abandonné, pour que la ville d'Alès puisse reprendre en main le destin de "son" Fort et l'ouvrir à la visite.

Pour l'instant, seule une partie à l'intérieur du Fort Vauban est visible, celle qui correspond justement aux cellules sur deux étages (les pigeons ayant pris possession 3ième depuis plus de vingt ans !). Le bâtiment qui est le théâtre d'un chantier d'insertion et de différents chantiers de restauration (voir nos articles) se visite d'ailleurs le casque sur la tête. Peu importe, les premiers visiteurs qui profitent d'un cycle de visites proposé par l'Office de Tourisme tous les mardis pendant l'été (04 66 52 32 15) ont conscience d'être les premiers à revenir dans ce lieu qui sera, petit à petit valorisé pour être rendu aux alésiens.

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Au rez de chaussée, deux nouvelles salles mises à jour près des écuries. Ph DR/RM

Si les extérieurs se visitent de longue date, on peut juste rappeler que le site du Fort Vauban est situé sur l'un des deux points hauts de la ville avec celui de l'Ermitage. A l'instar de la mosaïque trouvée à l'Ermitage on peut donc penser que des fouilles (toutefois quasi impossibles en milieu urbain) révéleraient sans doute quelques trésors cachés. Autre particularité, le Fort Vauban a été construit en toute urgence (seulement trois années) et a profité de la présence de deux châteaux sur place, déconstruits (pour récupérer les pierres) ou intégrés dans le bâtiment existant mélangeant les styles et les époques dans son architecture. Ainsi, on retrouvera par exemple, les larges escaliers du château ou encore des plafonds en caisson dans la partie prison. La double utilisation récente du bâtiment, d'un côté la prison, de l'autre l'aile du Gouverneur (puis par la suite les bâtiments municipaux) rend également la lecture historique compliquée. D'autant que la restauration des échauguettes les cachent pour l'instant à la vue.

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Au rez-de-chaussée, découverte des cellules individuelles. Ph DR/RM

Mais l'originalité de ces premières visites estivales est d'ouvrir le cœur du Fort au public, d'abord très rapidement, en passant par les écuries ou deux nouvelles salles ont pu être mises à jour (sans doute utilisée comme fosse sceptique pour l'une, la destination de l'autre n'étant pas encore connue), puis plus profondément en pénétrant dans l'aile nord du bâtiment utilisée comme prison. Au rez-de-chaussée, les visiteurs découvrent les petites cours de la prison avant d'entrer dans les cellules individuelles fermées par de lourdes portes de bois trouées d'un judas. Les chiffres 1,2,3 situés sur une roue sur la porte permettant de connaître le nombre des détenus qui y séjournent. "Des courtes peines anonymes" commente le guide Benjamin qui accompagne la visite ce mardi, "même si un certain "Papillon" devenu célèbre par la suite en s'évadant du bagne y a séjourné".

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Un petit tour au "mitard" pour ce jeune visiteur. Photo DR/RM

Dans le "mitard" (la cellule punitive), la banquette en dur subsiste encore devant les vestiges des latrines. A raison du 18 cellules environ par étage, la prison pouvait ainsi accueillir près de 150 pensionnaires. Pour l'instant les travaux visent surtout à sécuriser et isoler le bâtiment (eau et air) abandonné depuis vingt ans... et il est trop tôt pour parler de "mise en valeur". A l'étage, on retrouve, en plus des cellules, quelques pièces plus vastes, sans doutes administratives (ou salle d'interrogatoires lors de la dernière guerre ?) et une chapelle agrémentée de quelques couleurs masquées et d'un petit balcon intérieur. Pour l'instant la visite s'achève sur ce premier aperçu, une porte s'est entrouverte sur le passé proche et lointain de la forteresse, juste assez pour donner l'envie aux alésiens d'en voir et d'en savoir plus.

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Pour l'instant la visite s'achève au premier étage, ici la chapelle. Ph DR/RM

Raphaël MOTTE

raphael.motte@objectifgard.com

 

 

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